Webisode n°1 byKH (Transmedia Next 2010)

Welcome to the wonderland of «trans»

On transcende tout, même les médias. Le préfixe trans en anglais correspond aussi à «beyond» et donc pourquoi ne pas aller au-delà des médias ? C’est donc une interprétation personnelle sous forme de webisodes que je commence avec vous sur le thème du transmedia. (Et c’est là que la prof de français du lycée d’à côté pète les plombs. La prof d’anglais aussi. Dans une expérience transmedia on peut imaginer que leurs élèves seraient des personnages secondaires et pourraient décliner l’histoire principale de toutes les manières possibles).

Post it : “Who is Henry Jenkins?”

#1 : Transmedia Next, kezako?

Sémantiquement ((Etude de la manière dont les différents systèmes de signes permettent aux individus et aux collectivités de communiquer)), sémiotiquement ((Théorie des signes, de la manière dont ils fonctionnent, de leur sens. Souce www.mediadico.com/dictionnaire)) nous avons engendré un monde cosmopolite avec les réseaux sociaux et les habitudes de langage qui s’en dégagent. On jargonne sur la toile qui nous rassemble avec les mots et la perception que chacun voudra y mettre (dommage pour l’orthographe). Le mot transmedia est sorti avant même que le concept de cross-media ne soit bien interprété par un nombre suffisant d’utilisateurs.

Le transmedia prend forme avec une implication fluide, ludique, proactive, intuitive et participative de l’utilisateur, bien qu’il puisse aussi choisir de se situer aussi en tant que simple spectateur. C’est une interactivité conviviale, et par forcément compétitive, qui utilisent les média internet, téléphone, livre, film, jeu, bande dessinée, ou tout autre médium que l’on pourrait imaginé entrer dans l’arène créative et dans l’environnement de l’utilisateur. McLuhan n’avait pas prévu le coup : le message est-ce toujours le médium ? Par exemple, une lettre à la poste ? Pourquoi pas; une visite d’un bâtiment urbain ou rural et un jeu interactif avec GPS ? Oui. Tout est possible dans l’univers transmédiatique.

L’un pourra transiter sur la passerelle cross-media qui relie des formats entre eux en rejouant le même sujet sur un support différent. C’est la même histoire adaptée, le même scénario, généralement linéaire dans un format différent qui peut, ou non, intégrer de l’interactivité. L’autre ira directement dans le transmedia, généralement appelé « expérience » (de l’usage en anglais : « a transmedia experience ») où tous les modèles, concepts et créations sont possibles à inventer.

The tream of secret agents : transmedia ready !

« Transmedia n’est pas une entrée du dictionnaire »

Storytelling, I.F. (interactive fiction), fan-fiction (contenus générés par les fans d’une œuvre qui la réinterprètent de leur propre manière), méthodologie d’écriture, « triggers », que l’on pourraient traduire par déclencheurs, outils d’écriture propre au jeu vidéo, création de contenus, agrégation de contenus, utilisation des contenus fabriqués par les utilisateurs (UGC, User-generated Content), optimisation des réseaux sociaux et micro-blogging, medium alternatif issu du jeu vidéo (ARG, Alternate Reality Games) et même RFID (Radio Frequency Identification Devices) sous la forme d’un objet que les utilisateurs utilisent dans leur expérience transmedia. Et tout autre installation ou évènement participatif qui entre dans l’écriture scénaristique. Et, justement l’écriture, elle transcende l’art du scénario en 3 actes et les méthodes traditionnelles à la Syd Field. Jusqu’à maintenant on devait détourner la structure en 3 actes pour faire du Tarantino, maintenant on incorpore les méta-data dans le scénario lui-même.

L’histoire, c’est tout

Il n’est pas nécessaire d’avoir un contenu audiovisuel pour faire du transmedia, il faut une histoire et une stratégie. Il ne suffit pas d’avoir une histoire et une stratégie pour être un pionnier dans le transmedia, il faut avoir un message à faire passer et de vraies communautés avec lesquelles on peut optimiser une création. C’est là que le concept du «creative commons» va pouvoir agir en faveur des utilisateurs, mais aussi en faveur des créateurs, avec l’émergence d’œuvres collaboratives autour d’une thématique
stratégique, d’une histoire fictive ou d’un sujet de société.

Attention donc à la récupération du phénomène par la publicité, ils sont à cran et à crocs. La pub peut se glisser partout et surtout dans un modèle alternatif qui cherche une ou plusieurs voies économiquement viables. Des écoles sont donc en train de naître. On perçoit déjà une école classique, voire conservatrice, et une école culturelle, cosmopolite, voire activiste. A cette heure on peut imaginer que ces tendances se rejoignent et que tout finisse bien dans le meilleur des mondes transmedia. Une marque peut financer un développement de concept, d’écriture, d’applications et de plateformes pour accueillir les milliers, voire les millions d’utilisateurs qui vont participer ou faire les curieux non participatifs mais bien présents en
tant qu’internautes ou spectateurs.

La communauté, c’est tout

Même si cette brèche va créer un modèle original de relation entre les consommateurs et les annonceurs, il n’en reste pas moins que d’autres modèles économiques sortent de la terre virtuelle pour rendre encore plus puissantes les communautés du web. Les nouveaux modèles économiques créés par les producteurs et les réalisateurs de films sont en phase avec l’émergence du transmedia.

Une question revient souvent lors de l’atelier londonien Transmedia Next organisé par Seize the media et animé par Lance Weiler, Anita Ondine, Inga von Staden et David Beard : quelle application transmedia au film documentaire ? Et les réponses jaillissent chez les participants, professionnels cosmopolites des média digitaux, du cinéma, du jeu vidéo et de l’internet. Les sujets et objets documentaires sont d’autant plus pertinents sous la forme d’une expérience transmedia qui explore et amplifie le poids (le pouvoir ?) des communautés, reste en harmonie avec les sujets de société, sert les ONG, gouvernements et institutions comme elle sert la démocratie. Le modèle documentaire du transmedia appelle à participation et peut donner confiance aux utilisateurs en laissant le champ libre à tout créateur et praticien.

Anita Ondine – Inga von Staden – Lance Weiler – David Beard

On entre dans l’ère du trans-documentaire

Au delà du documentaire interactif ((3wdoc.com/fr/category/webdocumentaire/)) ((Prisonvalley.arte.tv)) qui vient tout juste de faire surface avec talent et brio, on arrive déjà à l’idée que le transmedia va dépasser la fiction pour devenir réalité, sur le modèle du cinéma quand celui-ci est devenu cinéma-vérité. Alors, comment fait-on ? Prenez d’abord une bonne poignée de personnes créatives et mettez-les ensemble dans un « brainstorming digital ». Rajoutez quelques énigmes, photos, sms, twittez, secouez, goûtez, ressentez. Il n’y aura pas de contenus transmedia sans un travail collaboratif et innovant. C’est ce que Lance Weiler appellerait la beauté du transmedia.

Enjoy – RE-Sources :: The WorkBook Project  – filmmakermagazine/culture-hacker -  Seize The Media -  Jeff Gomez -  Henry Jenkins -  France : www.transmedialab.org -  Italie : trancemedia.eu -  UK : powertothepixel

all pix by KH & Tom Evans

Anita Ondine and Lance Weiler

Le départ de cette histoire :

www.khgoblog.com/article-how-do-you-cross-to-trans-media

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