Webisode n°4 byKH : Collision des média (un médium, des média, sans “s”)

Confirmation du Network of Networks

From Transmedia Next 2 Transmedia Ready 2 Transmedia Networks

Appearances byKH

L’hivers 2010-2011 aura vu former le réseau de réseaux tel que présagé dans ma boule de cristal. On essaie de sortir du placard les créateurs qui étaient assommés par des actions et des messages d’un monde commercial, voire industriel, dictant aux artistes ce que le mot transmedia veut dire. Il est temps aussi de ressortir les bons vieux artistes numériques qui ont toujours fait preuve de perspicacité, en plus de leur talent, tout en rappelant la différence entre un hacker qui fait tourner un 33 tours dans un pseudo squat et un ingénieur qui créé une œuvre de grand format.

Nous sommes dans la “Collision des media”. Une libre interprétation du titre du livre de Henry Jenkins “Convergence Culture: Where Old and New Media Collide”

Nous sommes donc entrés dans l’ère de la convergence des métiers et des cultures, au-delà de la convergence des media. On peut même prendre en compte une convergence humaine. Naissent des méthodes de travail et de création qui devront concilier production créative et nouvelles industries, plutôt que nouvelles technologies. Nous allons devenir “transmedia ready”. Nous voyons éclore un nouveau marché qui sera conduit par des acteurs qui doivent adopter la “Fair Attitude”.

Il convient donc d’avoir des acteurs d’expérience avec des compétences validées et variées. L’heure de la polyvalence sonne enfin. Quand on parle d’expérience dans le domaine des créations transmedia, il y a plusieurs interprétations possibles. Déjà, l’expérience concerne ce que l’utilisateur vit et peut apprécier d’une oeuvre transmedia, qu’il soit passif ou actif, voire participatif. Et considérons l’expérience en terme de longétivité et légitimité dans un ou plusieurs secteurs professionnels qui consolide des compétences en terme de savoir-faire mais aussi en terme de crédibilité. Une certaine forme d’éthique est nécessaire pour s’engager dans l’élaboration d’œuvres transmedia. Il va falloir faire attention à l’image véhiculée sur Internet, aux vécu derrière la surface digitale, au “community management”, au marketing, à la qualité et originalité du contenu, à son intégrité, et peut-être s’inspirer de ce qu’on appelle dans le droit dans media le Fair Use et de pratiquer des méthodes de travail qui soient des Fair attitudes.

Comment le code de bonnes pratiques professionnelles de la création transmedia va t-il se mettre en place ? Faut-il toujours se baser sur les exemples de l’industrie du jeu vidéo ? Quels sont les acteurs qui peuvent l’animer en surfant sur l’ensemble des réseaux plutôt que de rester concentrés sur un seul. D’où l’idée du réseau de réseaux dans la pratique transmedia. Et d’où la nécessité de créer des pratiques, méthodologies et des métiers qui vont permettre de pouvoir assumer l’ensemble des tâches pour produire et diffuser des oeuvres transmedia originales.

Mac winking byKH

Le besoin de co-création

Nous voyons poindre les genres mais sans des méthodologies de travail, une éthique marketing et une réflexion tangible sur l’utilisation des termes et la légitimité des revendications, il y aura de la casse, normal. Il est toujours temps de recadrer quand les plus pressés s’égarent dans les égocentrismes que nous avons connu dans le show biz (et là, je ne fais même pas allusion à la communication politique !). Il va y avoir des frictions, incompréhensions, attentes, frustrations, déceptions, et bien sur des “success stories” que chacun voudra partager. Il va y avoir une écrémage symptomatique qui nous amènera à retrouver les mots clé majeurs : QUALITE et INTEGRITE.

Exemple de success-stories :

Pandemic

Collapsus

Conspiracy for Good

Septembre 2010

Le concept “transmedia ready” se déclare alors que le virus était planté profondément dans un passé pluridisciplinaire. L’équipe du workshop Transmedia Next où je mijote s’appelle “Orange”, comme quoi on annonce la couleur ! Savez-vous que France Telecom a déposé des marques avec le mot “transmedia” un peu partout dans le monde ? A ce stade je ne sais toujours pas si certains ont lu dans mes pensées ou s’ils adoptent une stratégie pour s’accrocher aux wagons. En tout cas c’est là que je ressors mon bon vieux carnet d’adresses déposée à la CNIL depuis les années 90. Et merci à Facebook que je n’apprécie pas particulièrement mais qui a le mérite de nous rassembler quand on avait perdu nos traces dans les mondes analogiques.

Octobre 2010

On retrouve des énergies transmedia au sein des groupes de travail de l’Open Video Conference à New York organisée par Open Video Alliance avec Mozilla et la Fondation Ford. Fondation qui vient de lancer un programme transmedia avec le Tribeca Film Institute qui lui annonce aussi la couleur avec la reprise du terme “transmedia activism”. Progressivement les acteurs des media dits libres, avec les spécialistes de l’Internet et des logiciels libres (open source) nous rejoignent dans la danse communautaire autour de la thématique transmedia et des rencontres transcontinentales. Ces acteurs, dont le Center for Social Media de Washington DC, sont non seulement des créateurs de la culture “hacker”, mais aussi et surtout, des professeurs d’université, des chercheurs, des avocats, des journalistes, des auteurs, des producteurs, en plus que d’être des spécialistes du développement web. Il n’y avait quasiment pas de français lors de l’Open Video Conference alors que c’est bien l’endroit pour parler de la liberté de la presse, de la préservation des cultures à travers les langues, et de l’émergence de la création transmedia.

Décembre 2010

On invente un orage transmédiatique (brainstorm). Le réseau de réseaux se dévoile. Merci au WorkbookProject et à Lance Weiler, à Robert Pratten et aux fidèles de #transmedia. S’il n’y avait pas une action sur Twitter, il n’y aurait pas eu cette tentative de mise en abîme du transmedia. Cet orage sympathique engendre la création de pages web qui recensent les évènements et les liens (Scott Walker), fait des petites vagues dans les discussions en ligne, des échos dans des réseaux alternatifs. Les praticiens se retrouvent lors de rencontres informelles mais concrètes, en ligne et IRL.

Janvier 2011

Un Meetup transmedia de New York, avec notamment Mike Monello de CampFire, réunit un excellent groupe de praticiens dans lequel on aperçoit Jeff Gomez (Starlight Runner Entertainment) grâce à la petite caméra de Mike Knowlton (Murmurco) qui animait le chat du stream video afin que ceux qui se trouvent dans des villes et pays éloignés puissent suivre les présentations et participer aux présentations. Les retombées sont dispersées mais cet exemple motive les autres groupes. Il va de soit que les niveaux de compréhension sont divers, hétérogènes. C’est peut-être ce “gap” entre la culture et les industries, l’écart entre la compréhension, l’appropriation par les acteurs culturels et les postulats des acteurs de la technologie, voire de l’industrie. La formule magique “bridge the gap” revient comme un écho, elle est mentionnée ici et là dans les blogs de la famille #transmedia, c’est donc bien de çà dont il s’agit ? Dans les bonnes pratiques, il faut commencer par resserrer les écarts, fédérer les professions, apprendre à travailler ensemble.

KH’s friend at work

Que des “premières fois”

Simon Pulman, souvent cité comme le meilleur blog de la famille transmedia avec Transmythology, et qui fait aussi quelques records statistiques de Word Press, est bien sûr engagé chez Starligh Runner Entertainment. Quant à Ivanovitch, aka Ivan Askwith, de Big Space Ship, il déménage en Californie pour rejoindre le studio de George Lucas. Pendant ce temps, Henry Jenkins prenait ses marques à Hollywood. Comment concilier la veine MIT, “free culture”, “participatory culture”, voir “culture hacker” (section de Lance Weiler dans Filmmaker magazine) et Hollywood ? La conférence Hollywood 2 d’Avril 2011 est annoncée. Le “Public Hearing” de la Commission européenne sur le futur du Programme Media est annoncé aussi, et on aura rigolé en remplaçant le #transmedia par #futuremedia, ce qui semblait fort logique. Idem avec l’annonce de StoryWorld à San Francisco, qui sera conduite par Alison Norrington. Juste avant, Douglas Rushkoff aura fait son “Contact Summit” en Octobre à New York. Dans la même foulée on vu arriver l’Espace Infusion de Montréal qui dédie son appel à projets à des créations transmedia et invite nos amis de “Prison Valley“.

Février 2011

Digital Storytelling en Norvège réfléchit à la transition vers le transmedia (tiens, je l’utilise comme nom commun maintenant, mais sans T majuscule…). Je leur donne une liste de références et je joue déjà avec un outil pédagogique qui vise à faire émerger chez chacun ses propres notions du concept. Fernando Carrion annonce le premier workshop à Madrid (Transmedia Living Lab avec Camon en Mai 2011) et nous confirmons la venue de Lance Weiler comme intervenant principal.

KH’s brain (source ignored)

Le réseau discute dans un ordre symptomatique :

1) Twitter

2) Facebook (+ messages privés)

3) Emails

4) Skype

5) “Conference call”, “Meetups”, rendez-vous dans les lobbies des hotels. (Bon, allez, parfois on se loupe, mais il y a toujours quelqu’un pour nous tenir au courant en repassant par la case Twitter).

On sait, on le sait fort, que le contenu a plus de valeur que le contenant.

Mots clés : esprit, ouvert, transparent, généreux, cohérent, culturel, “fair”, intègre, cosmopolite, respectueux, cultivé, curieux, DIY, et : humble. Sinon la stratégie marketing ne va pas passer par la force qui est avec tous les créateurs de talents.

Et bientôt sur nos blogs :

La 2ème de #idoc avec Gérald Holubowicz avec qui j’espère engager une vraie discussion sur ce que c’est que d’être “transmedia ready”.

Le programme de Madrid avec Fernando Carrion, Lance Weiler et d’autres.

Des surprises, des invités, des blogs, et des évènements.

Network :

Pour ceux qui vont à SXSW plusieurs transmedia Meetups sont prévus, voir @scott_walker

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