WEBISODE N°5 byKH: TransmediaCamp : explications

Le TransmediaCamp a lieu les 7 et 8 Mai 2011 à Marseille

Une œuvre transmedia est une œuvre pluridisciplinaire et multi-plateformes. S’il y a plusieurs disciplines, il y a donc plusieurs expertises. C’est donc le moment de la collaboration et des nouvelles méthodologies de travail. Nous expérimentons.

TransmediaCamp WIKI

” Transmedia is the art of conveying messages themes or storylines to mass audiences through the artful and well planned use of multiple media-platforms ” Jeff Gomez

” Transmedia storytelling as storytelling across multiple forms of media with each element making distinctive contributions to a fan’s understanding of the story world “ Henry Jenkins

On pense que le terme transmedia est facile à comprendre à première vue, mais il est plus subtil, et c’est avec la technique du DIY (Do It Yourself) que la maïeutique de Platon prend toute son ampleur avec des passionnés qui ont chacun leurs vues et leurs expériences à mêler.

Je m’y colle : “A concept, an adjective, a complex notion that is understood viscerally by each individual within a community of associated professionals or practitioners in the field of transmedia creation

2 jours de “Camp” pour rebondir sur le fait que certains pensent savoir de quoi ils parlent en terme de “transmedia” et que d’autres prévoient déjà l’utilisation des fonds publics pour des techniques et des créations que personne ne maîtrise que ce soit en production ou en diffusion. 2 jours pour remettre les pendules à l’heure.

© 2011 Gerald Holubowicz - gholubowicz.com

Créer une expérience transmedia sans communauté équivaut à projeter un film sans écran : il ne repose sur rien, personne ne peut le voir, sauf le projectionniste (KH).

Mes credo et mes postulats

1 – Ce n’est pas parce que vous utilisez plusieurs plateformes de diffusion d’un même sujet et récit narratif que vous être un créateur ou usager transmedia… Encore faut-il que le contenu, le sujet, le récit, l’intrigue ou le message, soit réellement modifié par le dispositif transmedia qui a été préalablement mis en place et qui peut continuer d’évoluer.

2 – Une production transmedia est forcément aussi en ligne ce qui implique une dimension globale dans le sens international, donc au moins deux langues de travail ! Si le but est d’avoir de l’audience, et bien donc il faut bien parler à son audience ! Et quand bien même une création transmedia doit utiliser deux langues de travail au moins, cela n’enlève rien au respect de la culture et de la langue locale. Justement ! Si une œuvre utilise la langue locale et qu’elle donne en plus la possibilité d’augmenter son audience vers le global, on met alors en valeur la culture locale (attraction du territoire en valeur ajoutée).

3 – Le mot transmedia utilisé en tant qu’adjectif dans votre propre vocabulaire vous permet une meilleure approche conceptuelle. Il faut réfléchir en terme de création et non pas de “transmedia” en tant qu’objet ou sujet, car personne ne sait l’expliquer, et, plus exactement, ne sont pas nombreux ceux qui se donnent le peine de lire les références académiques qui pour le moment ne sont disponibles et valables qu’en langue anglaise. Encore un petit effort, on y est presque.

4 – Si la narration, ou le récit, est la base de tout, cela demeure dans la production transmedia de façon encore plus ancrée. La préparation est donc la phase la plus importante de la création et elle inclus la prise en compte de la communauté (voire DES communautés). Créer une expérience transmedia sans communauté équivaut à projeter un film sans écran, il ne repose sur rien et personne ne peut le voir sauf le projectionniste.

5 – Vient enfin le grand retour de la qualité ! Il y a tellement de contenus et de personnes qui croient pouvoir tout faire avec les outils qui sont à notre disposition, que la masse de contenus et leurs créateurs ont formé un grand embouteillage de contenus et que seule la qualité d’un contenu fera la différence (c’est à dire les usagers, l’audience, les communautés).

6 – Il y a un business model ad-hoc pour chaque création transmedia.

Quand bien même certaines thèses vont sortir en langue française avec et autour du mot “transmedia”, leurs auteurs n’ont pas l’expérience professionnelle assise sur des productions de contenus avec suffisamment d’années de recul pour assimiler et retranscrire l’ensemble des composants de ce concept. On se retrouve donc dans une situation typique : chacun voit midi à sa porte. Pour avoir une vue plus complète de ce concept il faut intégrer les schémas de réflexion académiques aussi bien que les pratiques professionnelles. Par exemple aller de Henry Jenkins à Jeff Gomez et vice versa, en situant bien des pionniers tels que Lance Weiler et en respectant le travail de certains créateurs qui expérimentent depuis les années 90.

Marseille vue par Gerald Holubowicz - gholubowicz.com

La naissance du TransmediaCamp 2011 à Marseille

Le Framework (structure)

Ce que nous appelons un “Framework” nous permet d’avoir d’avoir une structure de base d’ateliers par thématique afin de nous assurer que les dimensions fondamentales qui sont intégrées dans une expérience ou une création transmedia soient bien présentes pendant les 2 jours du TransmediaCamp.

Certains d’entre nous garderont une vue d’ensemble sur la programmation afin d’aider les participants à s’approprier le(s) concept(s) ou notion(s) “transmedia” et chercher plus loin que leur première impression.

On donne alors des indices, des conseils pour aider à se poser les bonnes questions, car le concept transmedia doit être approché et assimilé avec ses propres tripes. Le but étant que chacun puisse explorer et s’approprier le concept transmedia en sortant des idées reçues ou toutes faites, en allant plus vers la narration exponentielle ou “un récit combinatoire” comme dirait Ulrich Fischer qui d’ailleurs sera avec nous pour mettre en œuvre un projet “Walk the edit“.

La première version d’un Framework a été postée dans un Google Group fermé dans lequel tout le monde peut venir en faisant une demande auprès d’un des administrateurs du groupe. Je considère que les membres de ce groupe sont des co-organisateurs (sauf que comme d’hab. je me tape tout le boulot LOL).

En simultané des échanges bilingues dans les groupes en ligne, j’ai des conversations téléphoniques, des rencontres sur Skype et dans la vraie vie, avec des participants aux pratiques professionnelles complémentaires.

Les sessions de travail

Il me semble utile de préconiser des bases de travail pour s’assurer que la notion peut être explorée dans toute sa complexité : Les sessions, ou mini ateliers, sont encadrés de 2 personnes référentes qui travaillent en complémentarité. Ceux qui n’animent pas une thématique liée à la création transmedia devraient choisir de participer à des ateliers ou sessions qui ne sont pas leur champ d’expertise dans le but de “cross-fertiliser” (et trans-fertiliser ?).

On utilise les 2 langues, anglais et français, afin de respecter l’usage des participants qui viennent de loin et qui nous suivent en ligne. Notre communauté est “en ligne” ! C’est d’ailleurs une des multiples raisons qui m’ont poussée à organiser ce TransmediaCamp ! Aussi, par principe de prospective, une 2ème langue est préconisée, selon les crédo exposés ici.

Une petite “com” en phase avec ses valeurs, vaut mieux qu’une grande “com” en porte à faux.

Tout a commencé quand j’ai décidé de “me” mettre sur le web. Jusque là cachée, après avoir quitté volontairement le “milieu du cinéma”, dans des productions de commande et des travaux de bibliothèques. En Août 2010 je n’avais pas encore ce blog Owni, mais celui-là : “At this point, how to you cross to trans? (media)”. Que je traduirais comme çà : “De multi à trans, où crossons-nous ?”

Je me suis donc questionnée sur une définition, comme tout le monde, mais peut importe, puisque le but est d’avoir chacun sa propre définition si toutefois, à mon sens, on intègre un vrai travail de lecture et de recherche, sinon à quoi bon, on ne répète que ce que dit le voisin ? De là j’ai partagé mes idées et mes questionnements avec toute la communauté, et je fais souvent réviser mes phrases :

Transmedia could be :

  • Option 1 : “A project can be defined as taking a transmedia approach, when both STORYTELLING and  EXPERIENCE are interwoven. Transmedia properties are those which tell different parts of the story across multiple  devices on multiple platforms. A true transmedia experience would enlist the participation of a community”
  • Option 2 : “Transmedia involves a community and happens when STORYTELLING and EXPERIENCE come together in a single production or creation designed for multiple devices, formats or platforms. What intrigues you more? Transmedia STORYtelling or Transmedia EXPErience?”

Il s’en est passé des choses pour Transmedia Ready entre décembre 2010 et Mai 2011 !

Lors du premier Meetup Transmedia Ready j’ai posté une question sous forme de vote : ARE YOU MORE STORYTELLING OR EXPERIENCE ? Peu de réponses mais peu importe puisque par contre le nombre de personnes qui publient avec le “tag” transmedia croît chaque jour. Avant de savoir si nous sommes “story” ou “expérience”, ou encore les deux en même temps, il faut déjà prendre le temps de bien comprendre comment le tout forme un tout.

Le projet de Barcamp s’est positionné avec plusieurs volontés et dans le cadre de notre groupe de réfléxion :

  • Passer à l’action au lieu de réfléchir en ligne et en 140 caractères.
  • Faire une opération indépendante de tout fournisseur d’accès à Internet et à toute école purement technologique
  • Miser sur l’aspect création, art et narration
  • Se rencontrer dans la vraie vie !

Nous avons écrit cette phrase : “Réunir des compétences complémentaires sur le thème des expériences et des narrations transmedia”

Comme dirait mon collègue et collaborateur Paul Burke, qui me fait “penser et rire” : “il faut enseigner aux gens à questionner leurs réalités”, et, “il faut rester humain avec le travail de chacun”.

Quelques extraits des phrases clés que je publie dans le Wiki :

- Le terme “transmedia” est mal connu et parfois mal utilisé ou interprété. Nous avons cependant une grande demande en création transmedia et de connaissances à partager et à expérimenter dans ce domaine. Il a donc été mis en place une équipe de réflexion et de travail sur cette thématique de par une volonté commune, et indépendante, de faire avancer la réflexion et de passer à une action concrète. Les personnes impliquées ont toutes un savoir-faire complémentaire. Nous sommes dans un phase de création pluridisciplinaire.

- Comment comprendre les concepts et traverser le mythe transmedia en restant en accord avec ses valeurs ?

- Activisme transmedia versus mainstream, quels enjeux culturels ?

Short history of the TransmediaCamp project

2010. En Septembre je participe au premier workshop immersif Transmedia Next avec Lance Weiler, Anita Ondine et Inga von Staden. Dans mon groupe de travail je crée le concept Transmedia Ready et de là j’avance dans un brainstorming international mélangeant les professions et les expertises. En Octobre je suis à Open Video Conference où Lance Weiler (Pandemic) et Tommy Pallota (Collapsus) interviennent sur la création transmedia. De nombreux ateliers et conférences ont lieu pendant 3 jours avec des experts, des praticiens et des créateurs de tous les pays (dont Ulrich Fischer, by the way, avec son Walking the Edit). Dés Novembre je commence à recevoir des contacts de tous les pays, j’échanges avec les praticiens qui cherchent à partager et discuter. En Décembre je suis en résidence d’artiste à Paris où je prépare un outil pédagogique qui vise à s’approprier les notions de la création transmedia (production en cours, surprise ici le mois prochain!), et je crée le premier Transmedia Storm avec Pierre Côté de Montréal, où des experts et praticiens du monde entier se parlent pendant 2 heures, où nous échangeons en ligne de façon transmédiatique (voir Webisodes précédents).

A la suite, la page française “transmedia” de Wikipedia naît et réussi à vivre grâce à notre travail collaboratif (merci Last Prod, TransmediaLab et Hervé Cailloux)

Depuis Transmedia Ready grandit (@TransmediaReady) et Transmedia Next a eu lieu 2 autres fois. Les discussions évoluent, les langues de travail sont prises en compte, on se rencontre dans la vraie vie, on observe les sujets, les thématiques, les projets, les formations, les études de cas, les évolutions de modèles économiques.

Le 16 février 2011 a lieu un Meetup Transmedia Ready chez Next Coworking qui est une réunion de préparation du Barcamp avec nos collègues en ligne, via Skype, où plusieurs villes et plusieurs pays sont représentés. Nous posons là des bases de travail car la notion et le concept transmedia demande quelques moyens et quelques références pour aider à sa compréhension.

A ce jour nous avons un Wiki que j’ai du lancer avec acharnement et pour lequel des jours entiers de travail ont été nécessaires à mes petits doigts de clavier (je déteste la techno).

Le 1er Avril 2011 nous passons un accord avec nos deux partenaires marseillais de la région PACA (je vous rassure notre budget est le plus petit possible, tout est produit en “participation” et avec 1000 euros) :

  • et PRIMI, le Pôle Régional de l’Image, du Multimédia et de l’internet qui explore de nouveaux modèles de création, d’innovation et de modèles économiques orientés transmédia, également partenaire de la TRANSMEDIA INTERNATIONAL MASTERCLASS, 3 jours de formation au Palais du Pharo de Marseille du 10 au 13 Mai, à laquelle sera présente une experte que nous aimons beaucoup : Christy Dena.

MERCI à :

Gérald Holubowicz @o2creation pour les visuels

Claire Walsh @GuerillaKitchen

Alexis Niki @AlexisNiki

@Prospexity www.prospexity.net

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