Webisode n°11(français) : Dialectique des concepts transmédia et web social

Un médium, des médias. Et non, McLuhan n’est pas du tout obsolète, bien au contraire ! Il n’est pas trop tard pour que les soi-disant experts se mettent à le revisiter (c’est d’ailleurs pratiquer au Canada http://www.marshallmcluhan.com/). La communication est une discipline récente du 20ème siècle, qui n’a pas du tout été approfondie et c’est maintenant qu’il faut le faire.

Communication interpersonnelle.

L’art de communiquer entre des individus… Or, cela s’applique à différentes échelles en ligne, “sur le web”, car cette interaction peut-être privée mais en ligne, publique et en ligne, ou publique et sur des réseaux très ouverts avec “étiquettes”, “tags”, et ses mots clés associés qui donnent à l’interaction une certaine puissance et direction, parfois souhaitée mais parfois non désirée. On peut donc être agréablement surpris ou très déçu, ou tout simplement user de stratégie pour mettre l’efficience des réseaux et de la communication au service de notre message. Si l’ensemble est cohérent et permet de pénétrer un univers qui possède une vraie narration que les internautes, ainsi que les personnes de notre vie réelle, découvrent au fur et à mesure tout en y contribuant en fonction de leur désir, alors on arrive à une communication transmédia qui n’a rien à voir avec le marketing et tout à voir avec le pouvoir de la communication et du bon usage de ses supports.

La présence en ligne.

Cette formule dialectique me semble plus appropriée car dans l’expression “présence en ligne” il y a toutes les échelles, communication interpersonnelle incluse, mais aussi interactions publiques, simplement posées là, “sur le web”, pour être alpaguées par n’importe qui et n’importe quand, puis laissées à l’abandon, ou reprises, voire commentées, et parfois remixées.

Le web social.

Cette formule que j’ai commencée à utiliser il y a deux ans, me semble toujours la plus appropriée, à mon sens personnel et professionnel, sans tenir compte des recherches académiques, mais en s’intéressant à la dimension R&D et la transdisciplinarité. Cette formule prend en compte l’aspect sociologique, sémantique, sémiotique, communicationnel, médiatique, technologique, etc.

Communication en ligne

Cette expression semble être la formule idéale du point de vue classique, francophone et transposable. Or elle me fait penser à la communication d’entreprise, “corporate”, pour son côté carré et dirigé. Communiquer en ligne peut être une interaction de “push” quand une entreprise pousse un produit vers les consommateurs, ou lorsqu’une classe dirigeante s’adresse à un groupe de façon paternaliste, ou encore dans le cadre de formulation de campagne BtoB, business to business, on reste donc dans un cadre professionnel et peu accessible au grand public.

Le web et les réseaux, une nouvelle “synchronie”

Et qu’on fasse la remarque de l’usage des guillemets me plait ! Car les guillemets ici dans les articles que je vous soumets, deviennent un outil de langage pour aider à la médiation de ma « communication en ligne », dans le « web social », avec une visée de « présence en ligne » et un soucis d’expression des savoirs partagés. Cette position sociale et numérique est très en phase avec un certain militantisme de la « culture ouverte », nouvelle démocratie participative encore balbutiante, qui s’évade et se restructure à chaque fois dans des actions ponctuelles en ligne, qui servent d’expérimentation à tout un chacun. Du coup, depuis que le web est accessible à tous, ou presque, des individus pratiquent une recherche appliquée fort utile à l’ensemble de la population, mais qui n’est pas encore reconnue par le milieu académique. Par contre nous savons déjà que cette pratique de R&DA, Recherche et Développement Appliqués, est fort utile à la nouvelle économie mondiale. Et ici j’emploie le terme mondial au lieu de global à bon escient.

Synchronie, synchronicité

Ce terme m’est venu tout simplement de discussions animées avec des acteurs, des comédiens, dans la veine de la pratique de Stanislavski que j’ai eu plaisir à étudier à Hunter College, City University of New York, en 1986, auprès du Professeur polonais d’art dramatique Bogdan Trukan, qui s’amusait à me parler français alors que j’étais là pour améliorer mon anglais. (La méthode de Stanislavski est mentionnée dans le travail récent sur l’intelligence sociale de D.Goleman).

L’idée de la synchronicité m’a poursuivie jusqu’au jour où j’ai lu le travail de Jean-François Vézina, psychologue et auteur canadien, qui m’a bien sur amenée à lire Jung. http://www.jfvezina.net/wp/. Comme Vézina, approcher la psychologie par le biais du cinéma fut une astuce qui m’a été bien utile ! Ces deux disciplines ensemble, cinéma et psychologie, m’ont extrêmement servies dans mon approche de la communication numérique. Imaginez y ajouter la discipline de la musique… J’ai vite retrouvé le terme synchronicité dans les échanges avec les pionniers du web, pour enfin avoir le plaisir de le lire dans le dernier livre de Daniel Goleman (Cultiver l’intelligence émotionnelle, Pocket, 2006, p 57), qui, heureusement rend un peu plus officiel les recherches en matières d’intelligence émotionnelle et intelligence relationnelle http://danielgoleman.info.

Intéressons-nous aux deux grandes disciplines parallèles et complémentaires :

1) la pratique des réseaux sociaux en ligne du point technologique, 2) celle du point de vue de la communication humaine, qui créent deux formes de synchronicité, l’une émanant des outils et de la programmation informatique, et l’autre émanant de l’expression et de la perception humaine.

Au sujet du terme “perception”, j’y tiens fort car c’est un terme que je tiens de la théorie de la communication qui me semble plus approprié que le terme “réception” utilisé par des chercheurs français concernant la réception des œuvres par le public. Ayant aussi étudié la médiation culturelle, je fais une différence entre réception et perception, comme je fais la différence entre la synchronie des codes informatiques et la synchronie d’une pensée humaine exprimée dans une conversation en réseau social en ligne.

N’ayez pas peur des mots !

Un des objectifs de cette dialectique est de s’amuser avec les mots pour défaire les peurs face à la pratique de la transdisciplinarité, incontournable, que nous n’avons pas voulu préparer alors que le grand Edgar Morin nous avait pourtant bien prévenus ! Ma démarche est une réaction aux bien trop nombreuses mauvaises pratiques pour lesquelles nous n’aurons jamais assez pour les analyser et expliquer. Mon analyse se base sur l’observation à très long terme, comme dans la recherche scientifique médicale, et sur des expérimentations concrètes, comme dans les laboratoires de recherche médicale. C’est ma R&DA. Je parle de discipline biopharmaceutique à bon escient car c’est un sujet que je dois développer, qui est d’actualité, incluant l’approche du transhumanisme et l’usage des outils technologiques dans la « biotech » et le développement de certains secteurs économiques de pointes.

Pour conclure avec la dialectique et la R&DA.

J’insiste sur le fait que les chercheurs du monde académique sont fort séparés du monde professionnel, et donc de la transmission des savoir-faire (et c’est sans compte sur les savoir-être), spécialement en France, et que les enseignants de nouvelles matières sont souvent, voire la plupart du temps, des chercheurs ou experts qui n’ont jamais mis les mains dans le cambouis. Quelques exceptions, que j’ai agréablement constatées, me confirment cette règle par leur rareté. Cela pose un autre problème de société. On savait que cela allait arriver, mais j’ai pu constaté que les règles officielles et officieuses du monde académique rendent le tout obscure et médiocre, amenant des savoirs mal documentés et non vérifiés auprès d’une population au chômage qui ne sait où trouver des labels de qualité pour une économie multiculturelle et mouvante.

Identifier les mauvaises pratiques est la seule solution actuelle en communication numérique, en web social et en création transmédia, pour analyser et créer des méthodologies et faire des préconisations. Analyser ses erreurs a toujours été la méthode de progrès pour l’être humain.

La labellisation par la qualité est sans doute la prochaine niche. Start-upers et politiciens, à vos marques !

Mes champions pour cet article : Edgar Morin – Brian Clark – Stuart Ewen

Follow

Get every new post delivered to your Inbox

Join other followers: