2011 Août (OWNI.fr)

(archives blog de KH 2011)

De Paris à Marseille à Paris en passant par tous les fuseaux horaires…

Dans mon dernier article je présente des pistes d’écriture de mon journal de bord de mon étude transmédiatique. Je suis une sorte de machine R&D indépendante qui s’est exposée par le biais d’Internet alors que je fonctionnais en sous-marin depuis trop longtemps. Je me suis exposée, j’ai pris mal. Je suis blindée. On dirait Mad Max. 

Pour avancer je dois « Parler des choses qui fâchent » comme je l’indiquait dans une liste non exhaustive de sujets où je mentionne « Argent, politique et relations humaines. » 

En effet je souhaite profiter de l’été (et donc de sa mauvaise météo) pour faire le retour des évènements que j’ai soit organisé, soit co-organisé, dont je fus l’animatrice, voire parfois la bonne à tout faire, celle qui avance l’argent de poche qui est d’ailleurs quasi jamais remboursé, ce qui est souvent le cas dans des évènements indépendants et très petit budget (« very low cost »). A ce jour, aucune de mes actions ne m’ont rapporté de l’argent. Ce qui me tient debout financièrement c’est mon travail avec ce que j’appelle maintenant des « médias traditionnels ». 

J’ai restitué ma résidence d’artiste du mois de décembre 2010 où j’ai créé le premier « TRANSMEDIA STORM», avec l’aide de Pierre Côté de Montréal, qui a donné lieu à des sentiments mitigés, y compris chez moi (non, chez moi cela a donné lieu à une énorme colère). Malgré le fait que certaines choses ne se soient pas du tout passées comme prévu, le résultat a été productif pour tout un tas de personnes et dans plusieurs pays. 

On a vu éclore des blogs, des groupes, des articles, et des reportages au sujet de la thématique « transmédia ». Ce but est donc atteint. 

A la suite de cette aventure à risque (il faut préciser que je me suis faite voler tout mon matériel informatique et vidéo que j’avais laissé sur place…), et décevante sous certains aspects, notamment au sujet de la compréhension du mot transmédia par les français et le peu d’efforts faits pour lire les ressources documentaires en anglais ; j’ai souhaité répondre à une attente concrète observée dans les fils de discussion sur les réseaux sociaux. 

J’ai donc lancé l’idée du BARCAMP INDEPENDANT, finalement appelé TRANSMEDIACAMP, ce qui veut dire : non sponsorisé par un FAI ! En fait, l’expression Barcamp indépendant est un pléonasme mal placé ! ….

EDITORIAL DE QUOI ? 

C’est donc dans la partie « Owni.fr » que je publie la partie neutre et qui va présenter quelques actions qui ont été menées à l’occasion du TRANSMEDIACAMP à Marseille au mois de Mai dernier en compagnie d’une équipe de transmédiateurs de toutes les horizons. 

-> Retour du TRANSMEDIACAMP sur Owni.fr 

Cependant, dans la rubrique « Argent, politique et relations humaines », sujet du jour, je réfléchis à la manière dont je vais éditorialiser mon expérience transmédia à la fois professionnelle et personnelle. 

S’il m’est souvent arrivé de consulter des soi-disant experts en réseaux sociaux, en « communication digitale » (numérique ?), ou autre praticien qui lance son activité autour du marketing, de la presse et de l’Internet, je me suis à chaque fois retrouvée le bec dans l’eau. Mais pour la bonne cause ! L’expérience professionnelle et le regard médiatique et créatif de la personne consultée me montrait à quel point il est important de se faire confiance à soi-même et de ne pas se laisser ni impressionner, ni manipuler par qui que ce soit ! Ce n’est pas la technique qui doit prévaloir. Oops, cela me rappelle que dans le monde du coaching, tout le monde est coach, et dans la création tout le monde est un auteur… 

Il est temps de passer et penser (et panser) aux choses sérieuses et inventer les nouveaux métiers qui naissent de la convergence des médias. 

J’ai fais le tour de la question, cherché, évalué, testé, rencontré, lu, traduis, questionné, interviewé, filmé, édité, écouté, observé et commenté… Et j’y ai mis des moyens. Le tout sans un sponsor, sans une université. Je l’ai fait par conviction, par goût pour ma propre politique culturelle et pour développer des projets expérimentaux, ce qui d’ailleurs est mon dada depuis ces fameuses années cannoises (là, oui, un livre de mémoires !).

Il me semble avoir accumulé autant d’expériences riches de polyvalence et d’éclectisme dans les domaines des média, de la culture et du cinéma, car votre humble serviteure (auteure, avec un e) fut embarquée à bord d’une discrète carrière poussée par mes petits bras dans les méandres de la société civile cosmopolite ! Depuis le temps que je cherche à écrire ma vie qui serait titrée ainsi : « Interminable du spectacle ! »  20 ans en tant qu’intermittente du spectacle. Ado je projetais des films en 35mm à la Maison des Jeunes de Cannes et au 21ème siècle j’ai assumé ma reconversion en prenant la peine de tout re-apprendre et vérifié. Oh si, oui je suis retournée à la fac et j’ai fais ma validation des acquis, mais quoi, ce qui compte c’est le cran qu’il faut pour dire que je suis vraiment « TRANSMEDIA READY» ! 

J’ai fais ma convergence individuelle. A la manière de Jung, mon individuation, et au niveau de la société, mes contributions, aussi. J’ai assumé. Et c’est sans doute pour çà que les uns et les autres sont plus ou moins reconnaissants du partage que j’ai souhaité faire et de la mise en œuvre de travaux collaboratifs. C’est l’effet miroir que l’on utilise en psycho. Il ne s’agit plus de projection sur un écran, mais de projection tout court. 

Une erreur de casting peut-être profitable à l’histoire. 

J’ai été naïve, c’est typique et j’en raconterai des pires au sujet des créations d’entreprises des années 90 dans le « show biz »… Mais voilà, je fais signe à ceux qui, plus jeune sans doute, ne font pas l’effort de vérifier et qui viennent avec leur dents rayer mon parquet : attention, j’ai bien protégé, finalement, vous savez quoi ? C’est le comble, en fait d’expertise, je l’ai, mais je ne savais pas qu’elle avait de la valeur. Les cordonniers sont les plus mal chaussés. Et ce sont justement les valeurs humaines que je cherche à faire avancer, et pas la branlette du web 2.0 ou des innovations de ceci et de cela, et quand on creuse, on voit tous les défauts. Il ne faut passer une couche de vernis, il faut nettoyer, désinfecter, recoudre et reprogrammer, tout est là pour que çà marche. Pour çà je suis prête car les valeurs passent avant tout, ce n’est pas la technique qui prône, c’est notre HISTOIRE et nos VALEURS. 

 Etre prêts ce n’est pas avoir son K-Bis ou le dernier ou premier site web, ou son énième follower, ou savoir reprendre et rediriger, être prêts c’est cette polyvalente transformation qui fait que l’on sait optimiser ce que les autres ont avant tout avec grâce et gratitude et toujours, toujours, avec du travail et du talent ! L’un ne peut aller sans l’autre. 

La valeur de la valeur, c’est ce qui fait craindre et gagner en même temps, c’est la valeur du marketing 3.0 et de la prochaine étape dans la construction des méthodologies de travail dans le monde global et convergé.  

Et donc ce TRANSMEDIACAMP ? 

Voici les coulisses : 

Je tiens à remercier une personne tout particulièrement pour sa fidélité et son intégrité : @Marsattac, aka EMMANUEL BETHOUX, qui a fait un travail extraordinaire de veille, de restitution et de service pour la communauté sur la thématique transmédia afin de faire des ponts entre les praticiens et chercheurs indépendants et toute la panoplie de ressources en ligne. 

Je tiens à remercier FERNANDO CARRION pour m’avoir « choppée » sur le net et avoir su me faire travailler de la façon la plus productive possible en donnant des moyens, une opportunité et surtout de la confiance et un accompagnement. Il a produit et animé le 1er TRANSMEDIA LIVING LAB Madrid 2011. Fernando est un vrai producteur/curateur ;-)

Merci à HENRY JENKINS, CHRISTY DENA, ANITA ONDINE, ROBERT PRATTEN, SCOTT WALKER et ALISON NORRINGTON, pour faire les signaux qu’il faut. 

Merci à CYNTHIA JABAR pour m’avoir aidée à lancer le « Jeu des 7 familles transmédia » qui a une longue vie devant lui.  Merci à tous ceux qui ont su apporter un soutien à des moments particuliers de questionnement, vous êtes nombreux et actifs. 

Tip of the day (conseil du jour) 

 Soyez PRO-actifs, avec le mot PRO devant, cela sera encore plus PROductif, vous en avez les capacités. 

Faites aussi en sorte de respecter vos valeurs humaines de façon intrinsèque, c’est ce qui va permettre d’aller vers l’excellence de façon à ce que les PROjets soient en phase avec vous et votre audience (si vous souhaitez en avoir une).