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La Méthode c’est nous. Nous sommes la méthode (2022)

Dans la série « webisode » et « side stories » je propose la dé-concentration.

Après avoir fait le tour des archives, en tant que « données collectées », et le tour des auteurs, en tant que références scientifiques, je fais une over-dose de contenus à lire, non lus, car chaque jour, ils augmentent. Classés, en classement, en ordonnancement, en panne de catégorie parfois, car, non, il n’y a pas de classification pour la somme des données accumulées, dans ma recherche. Celle que j’avais préparée en année zéro n’est plus d’actualité, mais par contre la transformation indique les grandes thématiques : design, management de projet, professionalisation, arts, politiques publiques des industries culturelles, innovation en entreprises, communication et marketing des organisations, … Il va falloir « jouer sa peau » (« Skin in the game », TALEB, via DENA) c’est à dire prendre le risque de ne pas tout classer et en perdre au passage des transferts. Mais, avec la croustillante annecdote ci-dessous illustrée par la photo des 6 tomes de La Méthode d’Edgar MORIN, j’ai franchis une étape : « Milestone ». L’échaffaudage, dont parle souvent Tara BRABAZON, s’est terminé, il me reste à grimper.

Morin : La Méthode Pix @KHenthusiasm

Side Story :

 » Je sors du CNAM, je rends la clé, nos noms sont sur le tableau de la loge, comme d’habitude je marche sur les boulevards. Je m’arrête chez le bouquiniste, je vais dans la section essais, je chine, je passe piocher dans « anglais », je vérifie tous les prix. Je jette un oeil sur les étagères, au cas où, mais en général, là-haut c’est plus cher. Tiens, Morin. Tiens un autre Morin. Et tiens, La Méthode, 6 tomes, bien rangés, avec un élastique pour les tenir ensemble, cher. Je me dis que l’on vient juste d’en parler et que ce n’est pas nécessaire, ne pouvant pas partir sans Morin, j’en prends un autre, à la caisse le jeune homme : « si vous voulez, je vous enlève 10 euros dessus », il vise l’étagère et rajoute : « J’ai vu comment vous vous êtes arrêtée dessus ! ». J’ai reposé le Morin solitaire et j’ai pris le Morin total, avec son élastique, le transmédiateur… celui/celle qui tient tout. »

L’ensemble des données ne fait pas ma recherche. Ma pensée ne fait pas ma recherche. L’ethnographie que je compose maintenant ne fait pas ma recherche. Les transformations, les erreurs, les confusions, les moments clés, les résolutions, les surprises, les séminaires, les anglophones, les français, les « jeunes chercheurs », les « séniors », les « prof. », les fonctionnaires de l’état, les indépendants, les chefs d’entreprises, les femmes en réseau, les doctorants, les Youtubers, les Podcasters, et j’allais rajouté : les entrepreneurs. 

Différencions les entrepreneurs dont le verbe « entreprendre » montre une volonté d’activité, alors que la mention « chef d’entreprise » montre le côté surveillance dans un dispositif foucaldien du travail humain… L’Animal Laborans de Hannah ARENDT. L’Homo Faber, de Arendt aussi, serait plus du côté de l’entrepreneur qui crée. Tout cela entre dans plus de 30 ans de réflexion. Quand on débute, à 16 ou 18 ans dans le monde du travail, on ne sait pas ce qu’on veut. Je n’ai jamais imaginé que j’allais poursuivre des études à plus de 50 ans. Pourtant, avec le recul je ressens la fibre que j’avais ressentie dans mon premier « amphi ». C’était à New York, à Hunter College, dans Manhattan, pour un cours de Stuart EWEN. Il habitait, et habite toujours de l’autre côté de Hunter College, traversant Central Park depuis le East Side vers le West Side, où je résidais à l’époque. J’avais eu des cours en France, à Charles V, Paris, le Marais, devenu le CRI, en anglais, et à Jussieu, en « Communication ». Mais pas d’amphi. Des petites salles poisseuses et des prof fatigués. Mais il fallait que je parle anglais pour « partir ». Chose faite, j’ai pris le flash de « Human Communication » ! Mais comment était-il possible de pouvoir étudier la communication humaine ? Cette perspective m’a littéralement habitée. Elle ne m’a jamais quittée. Alors il me semble logique que si j’étudie pour une thèse plus de 30 ans après cette expérience, même si je change de pays, de langue, de désir, et de besoins, l’échaffaudage que j’ai constuit se soit monté sur un fondement en « communication humaine ». Or, il n’y a pas de discipline, ni même de cours universitaire, qui porte cette appellation en français. Tant pis, tant mieux. C’est ma Méthode à moi. Je fais ma méthode, je suis ma méthode. La méthode qui fait ma thèse est la mienne, elle n’est pas interchangeable. Je ne peux pas vous la donner, je peux vous la lire à voix haute, je peux vous la présenter, mais elle n’est pas répliquable. De la théorie ancrée, je suis passée à l’éthnométhodologie, mais je me rends compte que je suis passée par la recherche-action, voire la recherche-création. Il y a d’ailleurs un caractère tellement ethnographique, et auto-ethnographique, que j’ai même amusé la gallerie avec ma proposition de « PhD by Therapy ». Car, oui, c’est une thérapie scientifico-professionnelle longitudinale… (sourire). Mon syndrome de l’imposteur m’a bien aidée à rallonger la construction de la méthode, de l’échaffaudage, pour pouvoir aller porter, en haut d’un édifice, une nouvelle :  

Le/la transmédiateur.e est une fonction de l’invisible qui met en cohérence l’activité humaine dans un design transmédiatique.

Les écarts de route, les retards, les déviations, n’ont fait que préparer une chirurgie à coeur ouvert : « Ablation du syndrome de l’imposteur chez une doctorante de plus de 50 ans sans antécédents scientifiques ». Autorisée à quitter l’hopital. Je suis libre, je vais pouvoir, écrire.

Side Story : Edgar Morin.

Edgar. Je vous connais. La dernière fois que je vous ai vu, c’était à Mouans-Sartoux pour le festival du livre. Je vous croise bien sur, comme une évidence, dans les sentiers autour de la salle, pleine. Je pars car il n’y a plus de place. Et je tombe sur vous. « Je suis Karine, je vous ai rencontré avec le Collegium International ». Le mot était dit. Nous avons une pensée émue pour Stéphane Hessel. La jeune femme qui vous accompagne est surprise mais souriante, cependant je ne veux pas empêcher le mouvement et vous mettre en retard. Je file : « On vous suit sur Twitter, les jeunes vous suivent sur Twitter, continuez à Twitter, tous les jours, c’est très important ! ».

Le mot est dit. Il sourit, il est content, il est surpris, il ne peut en placer une, je suis déjà partie. Edgar, je suis émue. Je vous ai admiré. Je vous ai servis du whisky. Et tous les jours, vous Twittez. Est-ce vous ? Votre ami, Stéphane Hessel, m’a récité du Rimbaud. Vous, vous récitiez la Terre, et c’est bien normal si c’est avec vous que je suis entrée dans le 21ème siècle. Par contre, je n’ai pas su, jusque maintenant, que votre méthode allait pouvoir devenir un cadre théorique à investir. J’ai mis des années pour le comprendre. Pardon, chez Edgar, pardon d’avoir tarder à être et donner à voir. Car grâce à vous je sais que l’on peut « savoir voir » et « voir le savoir ». Maintenant je voudrais donner à voir un savoir construit, avec ma méthode, tout en m’accrochant, pour survivre, à la votre.

REF.

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i08017748/edgar-morin-a-propos-de-son-livre-pour-sortir-du-vingtieme-siecle

Transmédia : « sans le savoir » ou prémédité ?  

Texte de 2020 dans la préfiguration de la thèse en cours d’écriture en 2022. Se doit donc d’être considéré comme élément intermédiaire d’un travail continu non achevé.

Proposition de ma thèse : Le transmédiateur, optimisateur de la communication des organisations.

Si le dispositif transmédia est parfois utilisé par des institutions culturelles, c’est avec une très modeste implémentation et peu de résultats en terme d’audience. Au sein des entreprises françaises (ETI, startups, et grand groupe international) qui pratiquent une communication transmédiatique spontanément « sans le savoir », c’est à dire sans stratégie ni préméditation, les créateurs de contenus sont aussi ceux qui gèrent leur distribution, ou les dirigeants doivent faire appel à des prestataires. On attend donc des professionnels une palette très large de compétences techniques et narratives. Nous sommes loin d’une optimisation des actions de communication et des budgets.

C’est pourquoi une politique de stratégie transmédia associée à un management de projet adhocratique favoriserait la transmédiation : ceci mérite d’être vérifié.

La communication des organisations, interne ou externe, informationnelle ou promotionnelle, est un axe majeur pour observer le phénomène transmédia en tant que technique communicationnelle. Qui est le référent pour ces transferts d’information et y a t-il médiation ? Une combinaison de supports et canaux (média), de points de contact et de flux informationnels peuvent-ils s’auto-organiser ?

Le « transmédiateur », avec ses attributs et ses limites, peut-il faire l’objet d’une professionnalisation et serait-il le point de convergence des compétences mobilisées ? Il est opportun de voir comment cristalliser ou non une pratique du futur qui est le présent et vice versa (le présent est le futur).

Le sujet « transmédiateur » doit posséder une très bonne connaissance de la typologie des métiers engagés pour garantir la faisabilité et interagir avec chaque co-designer. Or, le métier de producteur des industries créatives tel que perçu encore actuellement, n’engage pas la stratégie de communication des partenaires. Alors que le transmédiateur devrait pouvoir agir en tant que conseil au même titre qu’une agence. L’optimisation des ressources n’est pas aboutie à ce stade de la répartition des tâches de coordination, notamment du fait que c’est généralement le département marketing de l’organisation qui à la charge de la rentabilité des opérations.

Nous observons la totalité du système de « conception-production-distribution » (soit la chaine traditionnelle de production des industries créatives) mais aussi ses acteurs et leurs passerelles. Le concept transmédia n’étant pas réservé à une élite créative, il concerne la totalité des professions du fait de l’omniprésence de la communication. Des limites se posent : nous ne traitons ni de littératie numérique et nous ne nous cantonnons pas au domaine du divertissement.

Si 2 phénomènes contradictoires produisent un 3ème, c’est ce qu’il ressort de la polémique autour de deux grands courants de pensée dès 2010. D’une part le discours académique avec Henry JENKINS lorsqu’il était Directeur du Comparative Media Studies Program du MIT, avant de lancer le programme « Hollywoord 2.0 » sur la « West coast » (où il a déménagé pour occuper le poste de Professeur doyen à USC); et d’autre part, le discours « East coast » de l’industrie cinématographique des gros studios, avec Jeff GOMEZ et la Production Guild of America de New York, pour annoncer, en 2011, que le métier de « Transmedia Producer » pouvait être intégré au générique des productions. Le 3ème phénomène sorti de ce point dans l’histoire du concept transmédia est un activisme des praticiens et artistes, dont nous faisons partie.

#AntiTransmedia and #OccupyTransmedia

Une réthorique, ouverte et internationale, en ligne, a fait émerger une campagne informelle « #antitransmedia » dirigée par l’outsider Brian CLARK (praticien, théoricien des média, journaliste new yorkais), suivi par ses fans du monde du gaming, du monde académique ou du cinéma, et spécialement du du design de jeux en réalité alternée (#ARG). Cela a permis de rappeler que le terme transmédia est utilisé avant tout en 1991 par Marsha KINDER, grâce à l’intervention de Stephen DINEHART. Notons que tout ceci est documenté par nos soins mais qu’à l’époque (années 2010) nous ne savions pas que nous allions en tirer parti dans le cadre d’une recherche scientifique.

C’est en 2011 qu’Henry JENKINS publie dans le magazine Fast Company dédié à l’innovation, un article plébiscité au sujet des « 7 mythes du transmédia ». Le mythe n°2  précise que les premières expérimentations en création transmédia furent financées par des budgets dédiés au marketing et il répond positivement à l’idée que le transmédia est une stratégie promotionnelle. En octobre 2020, revenant sur l’histoire du medium télévision, il cite McLuhan alors que Tara BRABAZON nous dit que le slogan de McLuhan (« The medium is the message ») n’est pas correct. Aussi la polémique du concept transmédia s’est assagie depuis le décès de Brian CLARK en 2013 et les intérêts industriels se sont repositionnés sur la réalité virtuelle et augmentée. Et c’est sans compter le piège du métavers où tous s’engoiffrent maintenant, nous laissant la cours de récréation du côté du transmédia. Simultanément, les chercheurs ont laissé la place aux hispanophones plus actifs sur le thème transmédia.

Polyvalence/Expertise : un compromis historique

Bien que le métier de « producteur transmédia », ou de « community manager », de « project manager », « coach agile », ou même « facilitateur », se soient développés au point de faire émerger des formations dédiées dont certaines sont soit disant « certifiantes », aucun de ces métiers ne semble répondre à la constellation des fonctions opérées par un transmédiateur.

Le compromis polyvalence/expertise  des co-designers est rendu complexe du fait qu’il se place dans un système mouvant influencé par le déterminisme technologique ambiant. Les industries créatives ont réussi à institutionnaliser des termes sans pour autant créer un métier dédié à cette pratique créative protéiforme. En France, dans les années 2010, France Telecom (Orange, pour le Transmedia Lab) avait déposé à l’INPI la marque « transmédia »; la région PACA a commandé une étude pour un projet d’école transmédia, et Sciences Po Grenoble a imposé un « Master Transmédia » qui n’a pas tenu bon (où j’ai enseigné, peu mais assez bien pour en comprendre les défauts). Nous verrons que l’approche est biaisée de part les différences de point de vue et les intérêts économiques de chacun.

Transmédialité en lieu et place de transmédia

En 2010, je crée la page Wikipédia « transmédia » (avec Cyril Slucky rencontré lors de mon atelier « TransmediaCamp » de 2011). Plus tard, la page sera renommée « Transmédialité ». Mais qu’en est-il de la transmédialité pour des organisations qui ne sont pas intrinsèquement des producteurs du secteur du divertissement ? Le secteur du tourisme, les collectivités ou tout simplement les « marques » sont d’ores et déjà équipées de dispositifs multiplateformes sans y intégrer de nouvelles méthodologies de travail ni d’expertise transversale de médiation (trans-médiation).

Oeuvre versus campagne, systémique versus systèmes

Ma recherche porte sur la médiation à l’endroit du croisement  des disciplines et spécialités complémentaires lors du design et de la production transmédia. D’autant plus que le concept même de transmédia interpelle très directement le sujet de la trans-disciplinarité. Les mobilisations théoriques sont donc variées, mais l’approche systémique et cybernétique restent primordiales (BATESON). La phénoménologie aussi évoquée dans l’oeuvre de ARENDT qui m’a aidée au début du design de recherche (2019), est mobilisée dans le sens où nous observons la mise en scène de la chose plutôt que la chose elle-même. La triade de ARENDT cadre le Travail dans son prisme épistémologique distinguant le sujet, « Action » des designers, et ses objets : oeuvre  et/ou campagne transmédiatique.

3 niveaux systémiques sont pris en compte :

    • L’expérience ou dispositif transmédia en tant qu’artefact correspondant au point de vue de l’audience;
    • La fabrication du dispositif avec le point de vue des designers;
    • L’organisation pour, et avec, laquelle l’expérience et le dispositif sont conçus, avec le point de vue des parties prenantes.

La préparation au projet de recherche (thèse en cours d’écriture) a révélé une forte résonance avec les références au design qui introduit les bases de la fabrication de l’oeuvre ou artefact : architecture, créativité, innovation, prototypage, esthétique, collaboration.

Se pose alors la question de savoir si le concept transmédia suis le même chemin que le design du point de vue historique… D’autant plus que le design est force de proposition de solutions adaptées à l’environnement global (Problem Solving), utilisant ses techniques propres comme le « design thinking », ce qui reviendrait à pouvoir proposer une solution aux organisations, c’est à dire une préméditation de stratégie transmédia. Dans son article sur une théorie interdisciplinaire du design, Manuel ZACKLAD introduit le design symbolique en l’associant à « une dimension transmédiatique », ceci corrobore, selon moi, ma proposition de nouvelle typologie transmédia avec un « transmédia symbolique » en design.

Dans ma démarche, il y a alternance entre les théories de la communication, notamment les relations entre les co-designers et la création de contenus culturels pour une audience, et les théories de la communication des organisations. L’information est entendue comme contenu immatériel dont la vertu est « l’irruption dans le réel » selon l’expression d’Edgar MORIN (Pour Sortir du XXème Siècle, p.42) pour trancher avec le « contenu » qui fait référence aux informations véhiculées par l’artefact lui-même. La partie narration (storytelling) est mise en second plan dans le but d’axer la recherche sur les rôles de chacun dans la co-création. Car le dispositif implique que deviennent co-designers des personnes de différentes professions. Sont consultées les sciences de gestion pour le management de projet et l’innovation. Les théories de l’agence, des parties prenantes, la psychologie sociale, la science de la conception, la sociologie des professions et de l’art, sont plus ou moins mobilisées (Y. PESQUEUX et P. de ROZARIO). Les techniques de l’innovation sont propices à des expérimentations transmédia, et nous l’avons réalisé dans des contextes divers pour tester une méthodologie issue du « jeu des 7 familles transmédia », mais sans l’enjeu de la stratégie de communication de l’organisation en tant que telle. C’est ce que nous faisont maintenant.

La transdisciplinarité au sein même du dispositif transmédia peut être gérée par mobilisation de catégories, ou genres, déjà identifiées dans un but de classification. Le rôle de transmédiateur peut être étudié au regard de ces catégories également, mais ce n’est pas l’objet de recheche à ce stade ci. Une mise en ordre de données est réalisée sous forme de tableaux permettant la comparaison. J’ai remarqué que les dispositifs transmédia ont des points communs dans leur structure et il conviendra de les présenter. Cela permet de vérifier une liste de professions concernées.

Nous pourrons comparer des données au sujet de la distribution, diffusion ou dissémination de contenus, selon s’il y a une stratégie transmédia préalable, ceci dans une autre étape de recherche. Et en attendant voici des exemples d’indicateurs : comparaison de la performance en terme de créativité; valorisation des savoir-faire; étude du vocabulaire utilisé pour la cohésion du projet; choix des outils numériques; intégration de l’audience et modes d’interaction; nombre de vues de contenus réalisés et leur modèle économique; nombre d’acteurs impliqués; … Se pose alors la question des bonnes pratiques, sujet passionnant devant aussi faire l’objet d’une recherche.

Il y a eu participation d’une communauté internationale d’experts praticiens et chercheurs répertoriée, notamment les personnes qui ont contribué à une dialectique du concept transmédia, ou qui ont expérimenté le « jeu de cartes des 7 familles transmédia » (soit 100 experts ou artistes), ainsi que les professionnels rencontrés lors de conférences (Europe, USA, Canada, Brésil). La communauté est enrichie de 2 associations que j’ai fondée, dont ue dissoute, et celle du Brésil, Era Transmidia, dont je suis membre honorifique. Pendant 5 ans j’ai organisé des rencontres mensuelles professionnelles formelles et informelles, ouvertes au public, et ceci produit un corpus de cas. Des enregistrements audio, captures d’écran, notes et photos ont été réalisés. Une centaine d’études de cas sont sélectionnées avec leur contact direct auprès des auteurs ou producteurs dans plusieurs pays.

Le jeu des « 7 familles transmédia » que j’ai créé en décembre 2010,  fonctionne comme un « idéal type » (WEBER) en tant que méthodologie de création. Il a été distribué à 100 experts avec son questionnaire en 2011. Une preuve de concept a été réalisée en 2014 avec l’IRI Centre Pompidou. C’est un outil pédago-ludique qui met en scène 7 dimensions interdépendantes qui s’entrecroisent dans la fabrication d’une oeuvre ou campagne transmédia. Il est évolutif, faisant appel à l’intelligence collective, composé de 42 cartes correspondant à 42 rôles coopérant dans la création du dispositif transmédia. Il sert de support de facilitation, accompagne la mise en place d’ateliers de co-design, participe à l’analyse post facto d’un dispositif.

En terme de résultats, grâce au basculement depuis la méthodologie de la théorie ancrée vers l’éthnométhodologie, un nouveau schéma méthodologique avec des préconisations pour une stratégie intégrative et participative, numérique, voire analogique, dans un but d’optimisation des ressources, s’adresse aux organisations de tous les secteurs, pas seulement celles du secteur culturel. Le transmédiateur devra agir dans un système participatif et où son rôle de médiation est aussi facilitation, négociation et supervision de projet complexe. Il pourra sans doute optimiser non seulement les budgets mais aussi la durabilité des dispositifs et artefacts ainsi que la relation avec leurs audiences.

Transmedia Alliance 10 years later

Transmedia was trendy 10 years ago. Now it’s a field of research. Tomorrow it can be taken to another level.

10 years ago during SXSW 2013 we launched a small nonprofit called Transmedia Alliance, formerly Transmedia Europe (based in France with 21 co-founders from 14 countries.

VOTE for Karine’s conference at SXSW 2023 to celebrate the success of the transmedia concept: SXSW Story versus History 2013-2023

Panelpicker.sxsw.com 2023 Vote 

(community voting ends August the 21st, 2022)

Nowadays what is the status of the international community and its representation or activity? But more importantly, what’s going on with the transmedia concept as a discipline? After joining a research lab in academia in France in 2020, Karine, founder of the Transmedia Alliance, explains the side stories, her experiments, and the status of her current research.

A step in the past to better explore the future and propose ideas for professional practices of today and tomorrow.  

Takeaways

  1. What is the status of the transmedia concept in 2023? Karine will take the risk to answer from her perspective with a back story and a vision.
  2. What will be the status of the transmedia concept in 2050? Even when the term transmedia is not very much in use the concept remains solid.
  3. How to use our assets as a community of transmedia practitionners and advocates? Some tracks, based on more than 10 years of observation.

Karine has been an indie pioneer working from the backstages of an innovative movement (transmedia) that she contributed to building. Because her values have more importance than money, she decided to trust the fluidity of time. She is ready to show the progression of her statements formed in 2010, backed up by scientific work, still in progress, to contribute to the future of the creative industries.

2013: http://fr.slideshare.net/KHwork/press-release-transmedia-meetup-sxsw2013

PhD Diaries and Understanding Formulas (2021)

Instead of writing a list of accomplished or unaccomplished tasks, desired or undesired tasks, in an e-mail, to share with a someone who can understand my I call my « cognitive mess », I blog. Tasks related to my Ph.D. research, precisely the act of constructing the Ph.D. itself (started in 2020).

English is my second language and I love it. It gives much more freedom than French. The French language is for me the same as the people of France, which I am part of, closed and unable to adapt to the bigger picture of the world. Incoherent when it shows an openness that is a fashion instead of an act of real freedom or creativity.

For instance, it has been years of prevision with climate change affecting directly the land of France, and « we » still have permitted the building of non-adapted structures (buildings) on properties where the owners make more money but the earth gets more fragile. Death, losses in general, are usually the rewards. I witnessed this when I lived on the French Riviera with the land sliding under the pressure of water (rains) and destroying houses, roads, and cars, and frightening people.

Constructivism versus Phenomenology.

So, English. This advantage I gain over the years of studying linked me to a wide range of personalities around the world. Some of them are members of what we call today my « community ». I also build it. Construct is also a good word since, according to my « community », it seems that epistemologically I belong to constructivism. It took me 2 years to understand the realms of epistemology. it is more than the study of science.s. For me, it is a way of learning as well, or I should say a way of developing the self of knowledge. ;-) Ah, here I am with the academic vocabulary. I am not impressed with the sciences or academia, anymore, I am just disappointed. Yes, it is difficult to understand, but the amount of work one puts into the learning experience, the study, to become a Ph.D., or we should say to gain a Ph.D., is not only related to sciences in general but to the self-development and the self-growth. I do not mean that one needs to do that to self-grow, not at all. We grow with everything. 

When I first encountered the idea of phenomenology, it was in a bar of the Lower East Side (NYC) with my friend, media theorist, activist, free mind, and creative transmedia peer, Brian CLARK (1968-2015, RIP). He very much knew the ideas behind my serious game entitled « The 7 Transmedia Families », and he became a sort of mentor as I was trying to find out if I was legitimate in the community of pioneers, media theorists, consultants for media agencies, and brands. Most of all I was trying to verify if doing a Ph.D. was a good idea. I did not want to be a filmmaker anymore because the industry was changing and I was able to not only anticipate the changes in the global revolution, but also the new possibilities for people with professional experience. Brian mentions phenomenology when I addressed the idea of a Ph.D. I had no way of understanding, until now. So, what is it about « understanding »? When I understand « it » there is the Eureka moment where I can do the links between the 3 pillars of science or research that I did not know before, I had to study, ok? One needs to study, it is not enough to read blogs ;-).

« Tara Brabazon’s Three Pillars »: Epistemology. Ontology. Methodology. (Humor here for this title)

Epistemology. Ontology. Methodology. Oh My God. When Brian took me to Phenomenology I did not know back then that he was considering writing a book about transmedia design that he called interactive design. I found out later when his father let me looked at his data and because he was talking about it to some friends. I was discussing this strange situation with my long-time collaborator Emmanuel BETHOUX. Emmanuel said that Brian gave me a gift. Now I understand. The gift of linking ideas. I was linking ideas before very intuitively and automatically. With the comprehension of the 3 Pillars (Ontology, Epistemology, and Methodology) I make these links in a more conscient way, it is deliberate and it constructs my own pillars for my research.

When I first heard the word ontology about my work it was the « unknown » and I crystallized the term for the future which is Now the present. It was in 2014, I think, from a friend who is a researcher, during a meeting about my project on the 50th anniversary of the Woodstock Festival. I did a documentary film on the 25th anniversary of Woodstock back in 1994. I wanted to adapt the +25 years to the realities of the web and the communities that have been emerging since then. I wanted to use this project as the field of study for my research. I failed. I can explain why, but this is not the time or place, it will be in another post and in the ebook that will complement and augment the dissertation (hopefully). So, I had no idea that someone could make an ontology of transmedia creation, transmedia concept, etc. Now that I understand this idea, here is my position. No, let’s not do that. It is not useful to the community, neither to the study of the transmedia concept. I want to do things that are useful.

There is a credo from Tara BRABAZON: « A contribution to knowledge » when she reminds us about what is a Ph.D. We could add that when we enroll in research it is powerful to propose a contribution to societies. Tara would agree and that is what she does. There is also a statement in the learning process in academia that one should contribute to the society, singular, but I prefer to say it with the plural: societies.

Where do I stand?

My ontology is becoming a transmedia concept series with lots of branches for it, several definitions, categories, propositions for the creators, for the organizations, including for agencies, brands, corporations. My focus in an the role of the Transmediator. There is an ontological way of looking at the transmedia concept and I am working on it since 2010.

My contribution is that I want to propose a new profession.

It seems simple when it is resumed, or summarized I should say. When it will be resumed, maybe in 5 or more years, it will only be based on a lifetime, tons of discussions and meetings, experimentations, readings, and failures. But I think that what it takes an individual to accomplish something for the societies takes a lifetime. Therefore my research methodology (not to be confused with the transmedia methodology I proposed in 2011), cannot be just a chapter in a dissertation, or academic references, or negotiation with my supervisors, even less with questionnaires and interviews! The methodology I create now, in 2021, is based on a lifetime (56 this year). But I will not be able to expose it all as it will be condensed in order to fit the requirements of academia.

My epistemology is taking into account my ontology. Ah, God, this is just unbelievable that I can say that and that I absolutely understand my own saying! The problem is: does my interlocutor understands me? If I have to explain to a jury why my ontological approach is congruent to my epistemological choices for my methodology…. Hum…

I still have 2 years, maybe more, in the making (2021)

Basically, of course, my supervisor, Professor Sophie PENE, was right during our very first (very very first) conversation. I am in the constructivism epistemological space. I can feel it now according to my previous actions, my artifacts, my readings. I can still refer to phenomenology but in an explanatory way for the ontology of transmedia (hum, hum, again). This means that phenomenology can be used in my research as a tool. When I will be describing the areas of transmedia creation that will be the ontology possible at the time, or the present, of the history of the transmedia concept. By the way, there is no « History » of transmedia, even less when it is written by 2 French individuals who have never been in the active online conversations about it we started in 2010. 

If you need to read stuff on transmedia, read in English, in Spanish, but French is not the most significant language in this branch of research. Sorry guys. It makes me things about the « French Theory ». There is this conventional collective idea that French is fashionable…, disruptive, brilliant, it is not. Some people have been that brilliant, but not because they were French. I am still learning about that. And I will be reading in French because I am writing in French, and I do not understand Spanish well. But in general, the best way to cope with the overdose of fake information, written data published, and cultural rumors as for the « French Theory« , is to make your own intuitive and constructive choices, based on experience.

REF.

En Français : Emmanuel BETHOUX, 2014, « Transmédiateur, un nouveau rôle pour l’Enseignant : Un expérience de terrain » (Upblisher), https://amzn.to/2tlrDbH

Naissance d’un concept, le retour (2021)

Je reprends le titre d’un article de Philosophie Magazine en classant mes archives : « Naissance d’une notion« .

Mon habitude. Je découpe, je photocopie, je scan (« to scan », un seul « n » en anglais…), je télécharge, j’indexe, j’indexe des bases de données elle-mêmes, j’en suis arrivée à prendre des photos de pages pour leur pertinence sur les réseaux sociaux tellement je prends des notes avec tous les moyens possibles ! Mais mon habitude principale c’est de rajouter des mots clés au feutre de couleur sur les formats papier ou dans les annotations numériques. Mots clés souvent sous forme de hashtags avec le « # » devant pour bien souligner l’importance de mon choix spontané. Ces mots clés me permettent ensuite non seulement de classer mais d’organiser ma pensée par grands chapitres, des sections, et des sous chapitres, des sous sections ou thématiques. Je fais cela depuis 1990… La notion de hashtag m’est apparue en 2009. Twitter en né est 2006.

A partir de là je réinitialise mon cerveau, qui est donc mon disque dur physiologique. Et pendant qu’il se rallume à l’éclairage des mots clés choisis, je me rappelle que l’ordinateur a été conçu à l’image du cerveau et des fonctions cognitives humaines, ce qui me conforte dans mon expérience des trop nombreuses corrélations entre le fonctionnement de l’ordinateur et la créativité. Allez, je vais encore faire confiance à mon intuition…

Sur l’idée de la « naissance d’une notion », c’est bien de la notion de transmédia dont il s’agit donc, depuis 2010 exactement. Je l’ai qualifiée de concept en discutant avec mes paires, mes collègues, mes alter-ego, et ensuite je l’ai requalifiée d’adjectif afin de palier au problème soulevé par France Telecom, via leur nom de fond de commerce : Orange, qui a déposé la marque « transmedia » à l’INPI. Oui, ils l’ont fait. Il parait qu’ils ont aussi déposé le mot « open » à l’INPI, donc il y a toujours pire !

Donc naissance de la notion de l’adjectif transmédia pour mon disque dur et, au prisme des Media Studies, c’est bien avant 2010 et j’ai du pour cela aller voir un ancien professeur de mon temps universitaire à New York en 1986 ! Professor Stuart EWEN m’a confortée dans ma démarche et à bien compris mon approche du concept transmédia. Je pouvais sans crainte reprendre mon combat pour non seulement libérer le terme des griffes des profiteurs spécialisés en marketing ou en égocentrisme, mais pour aussi fabriquer quelque chose de concret avec, une sorte d’artefact qui replacerait le terme transmédia dans son essence conceptuelle, c’est à dire en tant qu’idée, notion, et non en tant que format de production de contenu, d’une part, et non plus en tant que méthodologie narrative : « transmedia storytelling ». J’aurais donc à traiter de cette notion transmédiatique en tant qu’objet conceptuel à étudier et à utiliser comme outil de création d’une…. thèse ! L’artefact sera donc une thèse. En 2010 j’ai réalisé une expérimentation unique et magique dont on traitera dans le chapitre sur l’historique du concept transmédia (le « Transmedia Live Storm » fut une conférence internationale en ligne que j’ai co-produite et animée dans le cadre d’une résidence d’artiste à Paris, elle donna lieu à la création de la page transmédia sur wikipédia en français).

Si le vocable transmédia amène tant de polysémie et de polémique, que dire des hashtags « culture » et « qualité » notés sur l’article de Philosophie Magazine de 2013 ? Il faudra bien que je passe par là pour expliquer ce dont je parle et pourquoi dans le cadre de la thèse. QUALITE : c’est l’idée de label, et le retour de la qualité à tout prix au regard du bousillage des contenus, des produits, des services, par la société de consommation. Et CULTURE, une sorte de grande thématique qui sert à caractériser des actions collaboratives, dans mon approche du co-design et du co-design transmédia en particulier. La culture comme une fonction identitaire à la fois individuelle et communautaire.

Catherine Portevin écrit dans Philosophie Magazine : « Il est possible qu’un nouveau visage de la culture mondiale émerge de toutes ces sortes d’ego-surfing« , car c’est de cette notion là, ego-surfing, dont elle parle au sujet de la naissance d’une notion. Professeur Stuart EWEN adorerait ce terme lui qui m’a enseigné la notion de sub-culture, de media et de communication humaine (Human Communication). La réflexion autour de la notion d’ego-surfing a amené des auteurs et des chercheurs à produire des textes traitant des données numériques et de leur computation par les machines. On peut comprendre l’enjeu à la fois philosophique et mathématique du sujet. Il y est fait référence au livre de Jean-Paul DELAHAYE et Nicolas GAUVRIT, « Culturomics. Le numérique et la culture« . je suis donc ravie, grand sourire, du rapprochement de l’idée de l’égo et du numérique, cela sert ma cause. « … C’est la définition même de la culture qui peut s’en trouver transformée. » Car, en effet, avec et dans la computation numérique de l’égo humain, sous prétexte de notoriété, Catherine Portevin nous dit qu’à la reconnaissance on préfère maintenant la notoriété quantitative. Je prends donc « reconnaissance » en tant que critère de qualité. A méditer donc.

REF.

  • Philosophie Magazine, Catherine PORTEVIN, p.74, n°70, juin 2013
  • Culturomics. Le numérique et la culture (Odile Jacob ,2013) de Paul Delahaye (professeur à l’université de Lille, chercheur, LIFL) et Nicolas Gauvrit (maître de conférences à l’université d’Artois).
  • https://www.arts-et-metiers.net/musee/culturomics-le-numerique-et-la-culture
  • Prof. Stuart EWEN : https://en.wikipedia.org/wiki/Stuart_Ewen
  • Image domaine public, 16th century School of Hieronymus Bosch, Holland, 1474‚  The Conjurer, Oil on panel, Bequest of Oliver O. and Marianne Ostier, New York, to the America-Israel Cultural Foundation.

2.0.2.1. Transmédiation expérimentale

L’excellent programme de la 14ème édition des Entretiens du Nouveau Monde Industriel des 22 et 23 décembre 2020 –
https://enmi-conf.org/wp/enmi20, fil #ENMI20 sur Twitter, organisée par l’IRI (avec la chaire « Éthique, technologie et transhumanismes » de l’Université Catholique de Lille), avait comme thématique : « Prendre soin de l’informatique et des générations ». 1ère édition qui suit le décès du philosophe et fondateur BERNARD STIEGLER.

Vincent PUIG, directeur et co-fondateur de l’IRI, prend la parole et rappelle les thèmes chers à Stiegler : l’informatique théorique et les générations. Il pourrait être de notre responsabilité de lier les thèmes informatique et générations, notamment depuis 2008 avec un texte de STIEGLER, « Prendre soin de la jeunesse et des générations » (2016, dernier chapitre) et pour lui rendre hommage : « la meilleure manière est de travailler ».

C’est aussi la première fois, comme beaucoup de séminaires et réunions de 2020, que tout se passe « online » et dans cette expérience interactive #ENMI20, je peux m’interroger sur le caractère transmédiatique de celle-ci et l’émergence du rôle de « transmédiateur ». Une réponse me semble se dessiner dans l’univers (famille Storyworld) avec des archives de l’édition de 2014 – https://enmi-conf.org/wp/enmi14/session-3 – nommé « Traces, rétentions, raisons : organologie et pharmacologie des études digitales », de et avec Bernard STIEGLER, vient dans la méta discussion (serait-ce des « contenus générés par les utilisateurs », UGC – User Generated Content) où Vincent Puig nous rappelle le « bloc magique » dans la version de Freud – https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-1101171830 – « Machine d’écriture, une métaphore du fonctionnement de l’appareil psychique comme texte », cité par un intervenant, et j’en prends bonne note pour illustrer les différents supports analogiques qui peuvent entrer dans une création transmédia (la famille Multiplateformes).

Dans #ENMI20, je remarque la qualité de médiation des savoirs de la part de Vincent Puig et de son équipe; la qualité des interventions et des intervenants; la qualité des discours et de la rhétorique.

Je note que la forme prend plus d’importance encore en ligne que sur site (en local, dans la vie réelle) car les défauts de la prise de parole en public sont grossis quand on travaille « online », tout comme, du coup, les qualités vont être également grossies. Un bon moyen donc de se rattraper quand on débute avec les expériences « full online », typiques de la nouvelle ère #Covid19, c’est de focaliser sur quelques bonne pratiques de facilitation en ligne pour amenuiser les choses qui nous échappent. On se doit de faire des efforts quand on intervient en ligne. Et, c’est assez logique, les caractéristiques individuelles dans la vie réelle sont aussi grossies en ligne. Parler vite devient trop rapide, lire devient ennuyant, dire devient un art majeur…

Je retrouve des noms, des signes, des idées et même des lieux puisque online veut dire global. La référence à des lieux que j’aime m’intéresse spécialement, c’est la re-connexion au réel par le biais de la géo-localisation off-line. La vie analogique serait alors celle retranscrite sur des matériaux non numérique, et la vie réelle serait devenue hybride, entre le non numérique et un virtuel puisant dans nos souvenirs… Je n’ose imaginer la complexité de cette réflexion tellement il y a des travaux sur ces sujets. Si je dois me positionner dans ma thèse je devrait me recaller à chaque étape de celle-ci, me recadrer, pour ne pas rester hybride et afin de passer en mode réel ou analogique en trans-formant le déterminisme numérique en outil controllé plutôt que de le subir comme une contrainte.

Et je remplace « technologique » par « numérique » et je zappe « digital » de « digit », numéro.

J’avais repéré Mathieu TRICLOT il y a quelques années sur Twitter du fait de son travail sur la philosophie des jeux vidéo, il fait partie de mes favoris de ces journées avec des découvertes juteuses dont le formidable Yuk HUI : http://digitalmilieu.net/about-yh/, ainsi que Peter SWENDY, notamment au sujet de la performativité et avec « Vers une écologie des images », un vidéo-colloque ponctuant le démontage de l’exposition « Le Supermarché des images » dont il est commissaire (http://lemagazine.jeudepaume.org/2020/11/colloque-ecologie-images/)

Mathieu Triclot fait le lien avec la CYBERNETIQUE, pont épistémologique entre mes « familles » et BATESON est cité plusieurs fois, ces pistes me ravissent. Et la conclusion appuie le sujet du DESIGN avec une personne que je suis aussi depuis quelques années, Anthony MASURE qui intervient sur ce sujet et bien sur a bien préparé son intervention avec des slides ouvertes ici : http://www.anthonymasure.com/conferences/2020-12-automatisation-design-enmi.

Tout un fil de meta discussion s’est tissé à propos de la cybernétique, je note une micro phrase du chat : « Il y a énormément d’analogies à faire avec les écosystème », qui, dans cette simplicité souligne la complexité du sujet. Je parie que 2021 sera, en plus de la Nouvelle Renaissance à son plein, le support dialectique pour la phase 2 du concept transmédia et la cybernétique de l’ère tout numérique. Et j’en appelle à mon amie Geneviève BOUCHE, futurologue cybernéticienne (qui était venue à une expérience réalisée avec l’IRI dans le cadre de leur projet de recherche NEXTLEAP en 2017), elle vient de terminer son nouvel ouvrage qui n’est pas encore publié mais dont vous trouvez des informations via son fil Linkedin. Ces ramifications intellectuelles et individuelles me font penser aux ramifications qui se tissent dans l’expérience transmédia. Ce sont les affinités de chacun qui nourrissent l’univers narratif global (Storyworld). Finalement, le jeu des « 7 familles transmédia » est présent dans cette expérience, de façon endogène et exogène, j’en tire une leçon. Pour la famille Multiplateformes, que je voudrais renommer « Supports ou Channels » pour canaux en français, il y a en principal et en direct Live :

1> La plateforme ZOOM contrôlée par une personne en « régie » qui peut activer et désactiver nos micros, on peut actionner notre main virutelle pour et interagir dans le chat (qui s’écrit chat et non tchat !). C’est de notre choix de montrer sa propre image en vidéo ou non, et c’est bien de le rappeler, comme le fait Vincent. Est-il un transmédiateur ?

2> Le POLEMIC TWEET, un outil open source dessiné et produit par l’IRI (famille Design) est un site interactif en tant qu’outil d’annotation et d’enregistrement des interventions, une ressource idéale qui me semble ne pas être assez utilisée et que j’ai eu l’occasion de tester plusieurs fois. Le Polemic Tweet indexe et archive : surlignage avec bouton important
pour reformuler un propos de l’intervenant, bouton « Trouble » pour mettre en marge, bouton « vert » pour des commentaires libres, bref des outils de contributions, sans doute de « trans-individuation » pour Bernard Stiegler, dixit Vincent.

C’est l’équipe de Vincent Puig qui m’a donné l’occasion de réaliser une preuve de concept du jeu des 7 familles transmédia en 2014 : https://polemictweet.com/fens2014-transmediamix. C’est aussi là que j’ai écouté Louise MERZEAU utiliser le terme transmédia. Et, des années plus tard, je rejoins son laboratoire en tant que doctorante débutante avec humilité car je me sens de plus en plus petite face à l’immensité du savoir et des contraintes méthodologiques. Les synchronies accumulées depuis 2010 sont juste insoutenables pour mon équilibre créatif, il faut beaucoup de recul pour accepter de prendre du recul… La vue synthétique ne peut s’acquérir en cherchant, il faut espérer que les synthèses arrivent dans un ravissement créatif propre au créateurs (le flow comme diraient les vrais coachs…), et ceci est sans doute la même chose pour le chercheur.

C’est Alexandre MONNIN qui m’a fait connaître l’IRI et c’est Nicolas SAURET qui m’a accompagnée pendant l’expérience de 2014. En 2020, j’ai retrouvé ces noms dans mes tribulations en ligne, Nicolas à soutenu sa thèse au DICEN et j’ai observé un séminaire sur le design co-organisé par Alexandre que j’ai souvent rencontré avec plaisir.

Les travaux de Bernard STIEGLER m’avaient été introduits par des réalisateurs de films vers 2002, mais je n’avais pas saisi l’importance de ce mouvement. Je me disais bien qu’il manquait un renouveau en philosophie mais je n’étais pas, et ne suis toujours pas, calée en philosophie pour assumer mon avis dans une assemblée si qualifiée, voire prestigieuse. Il aura fallu donc une quinzaine d’années pour affiner cette pensée que j’affine encore… En 2011 je voulais discuter d’une Nouvelle Renaissance avec les copains des fils Twitter, mais c’est en 2019 que j’ai totalement assumé cette idée que nous étions déjà entrés dans la #NewRenaissance. Et c’est Sébastien MASSART qui, en tant qu’intervenant, prononce le mot : Renaissance. L’émergence d’une nouvelle génération de philosophes me rassure sur ce point. Non, il n’y aura pas, plus, de déterminisme numérique, çà suffit. Je ne dirai plus déterminisme technologique mais bien numérique, et non digital. Sans compter l’absurdité du tout « propriétaire » au regard de « l’open source », encore un sujet qui influence sur la façon dont les contenus sont distribués dans des contenants pour leur disséminiation, au regard de la chaîne de création transmédia par exemple.

Il me restera de ces 2 journées exceptionnelles une liste de termes et concepts que je souhaite utiliser. Par exemple l’idée de la « finalité ouverte » me revoit immédiatement au concept transmédia : la création transmédia n’est pas finie, par essence elle ne peut pas l’être, et je devrais le démontrer. Il me reste des pistes de réflexion ardues, des lectures à approfondir et des indications d’auteurs déjà cités dans mes échanges avec des praticiens transmédia, des chercheurs et des intellectuels, SIMONDON et DERRIDA en particulier. Sur le Cycle de l’image de Simondon : https://enmi-conf.org/wp/enmi14/session-2/.

Il me plait de savoir que la phénoménologie dont m’avait parlé mon ami et mentor décédé trop jeune BRIAN CLARK, est abordée par les citations qui renvoient à HUSSERL. Ce qui fait le lien avec Hannah ARENDT qui n’est pas assez présente dans cette discussion mais dont les termes  TRAVAIL et OEUVRE, représentatifs de la triade de ARENDT dans « Condition de l’homme moderne », 1958, sont bien des clés d’entrée dans mon univers de débutante (famille Storyworld) trans-formé à l’épreuve d’un travail d’apprentissage du métier de chercheur…

La triade : la vita activa désigne 3 activités humaines, Travail (Animal Laborans), Oeuvre (Homo Faber) et Action. « L’action, la seule activité qui mette directement en rapport les hommes« , Hannah Arendt.

Il me reste un profond sentiment de respect humaniste, un espoir de voir ce respect se propager et le soulagement de savoir que des chercheurs et philosophes, jeunes et moins jeunes, travaillent à l’éducation (et je voudrais dire à l’apprentissage) des générations présentes et futures. Il faut aider ces mouvements en contribuant, il faut les mettre en lien, « médier », et non pas médiatiser vulgairement comme on le fait d’habitude et de plus en plus, afin de re-médier, dans le sens du remède, et avec l’idée de la médiation bienveillante. Faut-il « trans-médier » ? …

Dans le chat #ENMI20 je remarque l’idée qu’il faudrait lancer un « médiation new deal » ou « relation new deal » pour contrer le « screen new deal »… une méditation pour 2021. Je retiens, également rappelé par Vincent PUIG, le surréalisme selon Joan BODON qui fait un lien avec mon approche de par une écriture automatique où « le sens émerge indépendamment de la syntaxe, et dans un processus de constitution de sens sur le moment. Dans cet exercice d’écriture automatique, incalculable précisément, il n’y a pas de sens a priori ».

Est-ce une « synchronie » que de voir décéder en 2020 plusieurs personnalités exemplaires sans que cela soit forcément lié à #Covid19 ? Je dis oui car mon objectif est de favoriser l’esprit critique et l’exigence de vigilance vis à vis des récits sur le thème d’un certain virus pour lequel les média du monde entier ont créé de la peur avec l’aide des gouvernements.

Disparition de STIEGLER : https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/08/07/le-philosophe-bernard-stiegler-est-mort-a-l-age-de-68-ans

Merci à Emmanuel BETHOUX et à tous les collaborateurs des 7 familles depuis 10 ans.

Merci au Professeur Yvon PESQUEUX qui m’a heureusement bassiné avec Hannah Arendt.

Merci aux Professeurs Sophie PENE et Manuel ZACKLAD qui prennent le risque de m’accueillir.

2011-2020, Field Notes A Posteriori

Nous sommes en 2011. Henry Jenkins nous recadre avec son approche qu’il a développée depuis le  MIT jusqu’à Hollywood en rejoignant l’Université of Southern California. Il est a l’origine du mouvement appelé Transmedia Hollywood qui réunit des théoriciens et des praticiens de tous bords et pas seulement américains bien que uniquement anglophones (toutefois en 2022 j’y ai retrouvée une chercheuse que j’avais croisée en séminaire pendant le confinement). De plus en plus de professionnels, tant des créatifs indépendants que des entreprises de production et distribution de produits culturels, ou encore des fabricant de services technologiques et des journalistes, sont à l’écoute d’une passionnante discussion en ligne sur des réseaux sociaux, blogs, supports de presse, puis très vite lors d’évènements dédiés (séminaires, congrès, conférences, ateliers, festivals).

NB : Un corpus de ma recherche est composé des archives que j’ai rassemblées pendant ces longues et globales conversations en ligne et lors des évènements entre 2010 et 2015. 

Jenkins rappelle que la Producer’s Guild of America annonçait en 2011 le titre professionnel de « Producteur transmédia » ce qui établierait ce rôle comme métier à part entière. En effet, d’autres pays s’inspirent des déclarations de syndicats professionnels américains particulièrement dans les industries du divertissements 

Jenkins poursuit frontalement avec « la plupart ne savent pas de quoi ils parlent… » (But many using the term don’t really understand what they are saying » ). Grâce à une liste de 7 mythes au sujet du terme transmédia, il nous rappelle que le « transmedia storytelling » est une stratégie puisqu’il utilise ce terme dans son mythe n°1 et n°2 aussi, en précisant que cette stratégie est « promotionnelle » (mythe n°2) et qu’elle rassemble plus qu’une seule plateforme médiatique (« media platform »). 

Pour lui, dans une stratégie transmédia les éléments d’un récit sont dispersés sur un ensemble de plateformes qui chacune contribuent à un « tout ». On pourra se questionner de savoir si ces plateformes sont numériques. C’est ce que les praticiens vont appelé, dès 2009, une « expérience transmédia ». Jenkins s’explique en précisant que les premières expériences transmédia (on devrait d’ailleurs choisir le terme « expérimentations » pour la traduction exacte de « experiment » qu’il utilise) ont été financées par des campagnes marketing. 

On pourra affiner dans les détails les termes et les différences de compréhension en fonction des métiers exercés dans la production de telles expériences et dans l’élaboration de telles stratégies. Ce qui m’intéresse ici est exactement le choix de la stratégie même si Jenkins insiste sur le fait qu’elle est possible par une impulsion créative nécessaire. Est-ce que pour lui l’expérience transmédia n’existe qu’avec des conditions ? C’est une piste importante à explorer en comparant des études de cas par différents prismes et en expérimentant dans des conditions où l’inspiration créative n’est pas le socle de la production transmédia (comme par exemple avec les cas dit non natifs).

Avec l’arrivée de l’expression « transmedia activism » dans la conversation internationale, nous arrivons vite à un débat grandiose avec une série de monologues, dialogues et conversations au sujet de terme transmédia en tant que projet culturel, oeuvre, campagne, technique de production et distribution, bref, le terme est valorisé, puis dévalorisé, adoré et rejeté, pour finalement être repris par des chercheurs en Europe et en Amérique du Sud pour prendre ses marques dans le monde académique. 

Dans la période 2010 à 2015, plusieurs anecdotes font le tour du monde (mais aussi des ouvrages et des études de cas) et, au fur à mesure des travaux des praticiens, des enseignants, étudiants et chercheurs, le terme transmédia perd ses auxiliaires « storytelling » et « expérience ». Il perd aussi de son panache et l’intérêt des mêmes professionnels se reporte sur des sujets plus technologiques qui font surface : réalité virtuelle, réalité augmentée. Les festivals et les métiers de la culture choississent le terme « immersion ». 

C’est le livre de Frank Rose, en 2011, qui tranche avec son titre explicite, The Art of Immersion, qui sera repris par les enseignants et les praticiens (sans grâce à mon intervention pour en faire la promotion particulière en France). Mais c’est Nuno Bernardo  et Andréa Philipps qui sont les premiers à publiés des ouvrages proposant des méthodes de travail et des conseils pour la création transmédia (comme pour Robert Pratten et Gary Hayes, et la thèse de Chrity Dena en 2009). Brian CLARK, journaliste et activiste spécialisé en théorie des média,  leader dans cette conversation et aujourd’hui décédé, viendra s’amuser autour du terme transmédia en tant que débat et repère d’activistes des « média studies », pour le mettre à l’honneur avec un article sur Facebook qui sera commenté par plusieurs centaines de spécialistes. Des influenceurs (dont je suis) des industries du divertissement sont parties prenantes de cette conversation, ou du moins l’observent et la commentent, y compris Henry Jenkins. Très peu de chercheurs en font partie. 

Un corpus de mon projet de thèse est dédié à cette conversation, aux archives que j’ai accumulées pendant cette période et à mes expérimentations sur ce sujet. Citons-en une. Fin 2010 je conduis une conférence en ligne avec un activiste créatif canadien, réalisateur de télévision et concepteur transmédia, Pierre Côté, ce sur plusieurs fuseaux horaires pendant une résidence d’artiste de la ville de Paris (La Générale). C’est mon  évènement artistique sur l’obsolescence technologique que je transforme en futurologie. J’y invite un ensemble des contributeurs afin de déclencher une conversation en ligne sur le terme « transmédia » et je demande à des professionnels de métiers différents et complémentaires d’y participer. Donc une préparation ad-hoc, des invités préparés et des des inconnus en mode ouvert. Typique de l’innovation ouverte. Mais sans budget. Tout le monde répond favorablement, tout le monde se sent concerné et en 2010 il y a de très rares outils pour converser en ligne en mode « live » avec un fil Twitter associé. Je leur pose la question suivante :

Transmedia : Storytelling or Experience?

Le sous-entendu est presque évident : le deux ! Narration et expérience sont des conditions pour une création transmédia. 

Forte de cette expérience internationale, je créé le jeu des 7 familles transmédia (sous licence Creative Commons) qui se veut un outil pédagogique et de design thinking. Il est envoyé à 100 praticiens et chercheurs du monde entier avec un questionnaire en ligne et une simple description en anglais sur un document partagé en format Google.

Après le lancement du jeu des 7 familles transmédia à Madrid en 2011, où le terme de transmédiateur est choisi d’un commun accord avec les co-organisateurs des ateliers, nous sommes au début d’une série d’ateliers, de conférences et de masterclasses, qui vont contribuer à attiser le débat et ramener le sujet dans un champ plus culturel, voire socio-cultuel. C’est en 2014 que je donne le coup d’envoi du Transmedia MIX avec l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou, pour tenter une ultime expérience… 

Ce travail de praticienne indépendante étant documenté en grande partie, fait l’objet d’un corpus, d’un corpora, dans ma recherche commencée en 2020 (et préparée en 2019). Ce corpus sera comparé aux théories de la communication, confrontés aux idées des humanités numériques, et il sera traité de façon à en ressortir des données utilisables dans l’analyse du discours de la communauté « partie prenante », dans l’organisation de l’analyse des études de cas, et exploité sur un nouveau terrain à titre de comparaison.