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Naissance d’un concept, le retour (2021)

Je reprends le titre d’un article de Philosophie Magazine en classant mes archives : « Naissance d’une notion« .

Mon habitude. Je découpe, je photocopie, je scan (« to scan », un seul « n » en anglais…), je télécharge, j’indexe, j’indexe des bases de données elle-mêmes, j’en suis arrivée à prendre des photos de pages pour leur pertinence sur les réseaux sociaux tellement je prends des notes avec tous les moyens possibles ! Mais mon habitude principale c’est de rajouter des mots clés au feutre de couleur sur les formats papier ou dans les annotations numériques. Mots clés souvent sous forme de hashtags avec le « # » devant pour bien souligner l’importance de mon choix spontané. Ces mots clés me permettent ensuite non seulement de classer mais d’organiser ma pensée par grands chapitres, des sections, et des sous chapitres, des sous sections ou thématiques. Je fais cela depuis 1990… La notion de hashtag m’est apparue en 2009. Twitter en né est 2006.

A partir de là je réinitialise mon cerveau, qui est donc mon disque dur physiologique. Et pendant qu’il se rallume à l’éclairage des mots clés choisis, je me rappelle que l’ordinateur a été conçu à l’image du cerveau et des fonctions cognitives humaines, ce qui me conforte dans mon expérience des trop nombreuses corrélations entre le fonctionnement de l’ordinateur et la créativité. Allez, je vais encore faire confiance à mon intuition…

Sur l’idée de la « naissance d’une notion », c’est bien de la notion de transmédia dont il s’agit donc, depuis 2010 exactement. Je l’ai qualifiée de concept en discutant avec mes paires, mes collègues, mes alter-ego, et ensuite je l’ai requalifiée d’adjectif afin de palier au problème soulevé par France Telecom, via leur nom de fond de commerce : Orange, qui a déposé la marque « transmedia » à l’INPI. Oui, ils l’ont fait. Il parait qu’ils ont aussi déposé le mot « open » à l’INPI, donc il y a toujours pire !

Donc naissance de la notion de l’adjectif transmédia pour mon disque dur et, au prisme des Media Studies, c’est bien avant 2010 et j’ai du pour cela aller voir un ancien professeur de mon temps universitaire à New York en 1986 ! Professor Stuart EWEN m’a confortée dans ma démarche et à bien compris mon approche du concept transmédia. Je pouvais sans crainte reprendre mon combat pour non seulement libérer le terme des griffes des profiteurs spécialisés en marketing ou en égocentrisme, mais pour aussi fabriquer quelque chose de concret avec, une sorte d’artefact qui replacerait le terme transmédia dans son essence conceptuelle, c’est à dire en tant qu’idée, notion, et non en tant que format de production de contenu, d’une part, et non plus en tant que méthodologie narrative : « transmedia storytelling ». J’aurais donc à traiter de cette notion transmédiatique en tant qu’objet conceptuel à étudier et à utiliser comme outil de création d’une…. thèse ! L’artefact sera donc une thèse. En 2010 j’ai réalisé une expérimentation unique et magique dont on traitera dans le chapitre sur l’historique du concept transmédia (le « Transmedia Live Storm » fut une conférence internationale en ligne que j’ai co-produite et animée dans le cadre d’une résidence d’artiste à Paris, elle donna lieu à la création de la page transmédia sur wikipédia en français).

Si le vocable transmédia amène tant de polysémie et de polémique, que dire des hashtags « culture » et « qualité » notés sur l’article de Philosophie Magazine de 2013 ? Il faudra bien que je passe par là pour expliquer ce dont je parle et pourquoi dans le cadre de la thèse. QUALITE : c’est l’idée de label, et le retour de la qualité à tout prix au regard du bousillage des contenus, des produits, des services, par la société de consommation. Et CULTURE, une sorte de grande thématique qui sert à caractériser des actions collaboratives, dans mon approche du co-design et du co-design transmédia en particulier. La culture comme une fonction identitaire à la fois individuelle et communautaire.

Catherine Portevin écrit dans Philosophie Magazine : « Il est possible qu’un nouveau visage de la culture mondiale émerge de toutes ces sortes d’ego-surfing« , car c’est de cette notion là, ego-surfing, dont elle parle au sujet de la naissance d’une notion. Professeur Stuart EWEN adorerait ce terme lui qui m’a enseigné la notion de sub-culture, de media et de communication humaine (Human Communication). La réflexion autour de la notion d’ego-surfing a amené des auteurs et des chercheurs à produire des textes traitant des données numériques et de leur computation par les machines. On peut comprendre l’enjeu à la fois philosophique et mathématique du sujet. Il y est fait référence au livre de Jean-Paul DELAHAYE et Nicolas GAUVRIT, « Culturomics. Le numérique et la culture« . je suis donc ravie, grand sourire, du rapprochement de l’idée de l’égo et du numérique, cela sert ma cause. « … C’est la définition même de la culture qui peut s’en trouver transformée. » Car, en effet, avec et dans la computation numérique de l’égo humain, sous prétexte de notoriété, Catherine Portevin nous dit qu’à la reconnaissance on préfère maintenant la notoriété quantitative. Je prends donc « reconnaissance » en tant que critère de qualité. A méditer donc.

REF.

  • Philosophie Magazine, Catherine PORTEVIN, p.74, n°70, juin 2013
  • Culturomics. Le numérique et la culture (Odile Jacob ,2013) de Paul Delahaye (professeur à l’université de Lille, chercheur, LIFL) et Nicolas Gauvrit (maître de conférences à l’université d’Artois).
  • https://www.arts-et-metiers.net/musee/culturomics-le-numerique-et-la-culture
  • Prof. Stuart EWEN : https://en.wikipedia.org/wiki/Stuart_Ewen
  • Image domaine public, 16th century School of Hieronymus Bosch, Holland, 1474‚  The Conjurer, Oil on panel, Bequest of Oliver O. and Marianne Ostier, New York, to the America-Israel Cultural Foundation.

2.0.2.1. Transmédiation expérimentale

L’excellent programme de la 14ème édition des Entretiens du Nouveau Monde Industriel des 22 et 23 décembre 2020 –
https://enmi-conf.org/wp/enmi20, fil #ENMI20 sur Twitter, organisée par l’IRI (avec la chaire « Éthique, technologie et transhumanismes » de l’Université Catholique de Lille), avait comme thématique : « Prendre soin de l’informatique et des générations ». 1ère édition qui suit le décès du philosophe et fondateur BERNARD STIEGLER.

Vincent PUIG, directeur et co-fondateur de l’IRI, prend la parole et rappelle les thèmes chers à Stiegler : l’informatique théorique et les générations. Il pourrait être de notre responsabilité de lier les thèmes informatique et générations, notamment depuis 2008 avec un texte de STIEGLER, « Prendre soin de la jeunesse et des générations » (2016, dernier chapitre) et pour lui rendre hommage : « la meilleure manière est de travailler ».

C’est aussi la première fois, comme beaucoup de séminaires et réunions de 2020, que tout se passe « online » et dans cette expérience interactive #ENMI20, je peux m’interroger sur le caractère transmédiatique de celle-ci et l’émergence du rôle de « transmédiateur ». Une réponse me semble se dessiner dans l’univers (famille Storyworld) avec des archives de l’édition de 2014 – https://enmi-conf.org/wp/enmi14/session-3 – nommé « Traces, rétentions, raisons : organologie et pharmacologie des études digitales », de et avec Bernard STIEGLER, vient dans la méta discussion (serait-ce des « contenus générés par les utilisateurs », UGC – User Generated Content) où Vincent Puig nous rappelle le « bloc magique » dans la version de Freud – https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-1101171830 – « Machine d’écriture, une métaphore du fonctionnement de l’appareil psychique comme texte », cité par un intervenant, et j’en prends bonne note pour illustrer les différents supports analogiques qui peuvent entrer dans une création transmédia (la famille Multiplateformes).

Dans #ENMI20, je remarque la qualité de médiation des savoirs de la part de Vincent Puig et de son équipe; la qualité des interventions et des intervenants; la qualité des discours et de la rhétorique.

Je note que la forme prend plus d’importance encore en ligne que sur site (en local, dans la vie réelle) car les défauts de la prise de parole en public sont grossis quand on travaille « online », tout comme, du coup, les qualités vont être également grossies. Un bon moyen donc de se rattraper quand on débute avec les expériences « full online », typiques de la nouvelle ère #Covid19, c’est de focaliser sur quelques bonne pratiques de facilitation en ligne pour amenuiser les choses qui nous échappent. On se doit de faire des efforts quand on intervient en ligne. Et, c’est assez logique, les caractéristiques individuelles dans la vie réelle sont aussi grossies en ligne. Parler vite devient trop rapide, lire devient ennuyant, dire devient un art majeur…

Je retrouve des noms, des signes, des idées et même des lieux puisque online veut dire global. La référence à des lieux que j’aime m’intéresse spécialement, c’est la re-connexion au réel par le biais de la géo-localisation off-line. La vie analogique serait alors celle retranscrite sur des matériaux non numérique, et la vie réelle serait devenue hybride, entre le non numérique et un virtuel puisant dans nos souvenirs… Je n’ose imaginer la complexité de cette réflexion tellement il y a des travaux sur ces sujets. Si je dois me positionner dans ma thèse je devrait me recaller à chaque étape de celle-ci, me recadrer, pour ne pas rester hybride et afin de passer en mode réel ou analogique en trans-formant le déterminisme numérique en outil controllé plutôt que de le subir comme une contrainte.

Et je remplace « technologique » par « numérique » et je zappe « digital » de « digit », numéro.

J’avais repéré Mathieu TRICLOT il y a quelques années sur Twitter du fait de son travail sur la philosophie des jeux vidéo, il fait partie de mes favoris de ces journées avec des découvertes juteuses dont le formidable Yuk HUI : http://digitalmilieu.net/about-yh/, ainsi que Peter SWENDY, notamment au sujet de la performativité et avec « Vers une écologie des images », un vidéo-colloque ponctuant le démontage de l’exposition « Le Supermarché des images » dont il est commissaire (http://lemagazine.jeudepaume.org/2020/11/colloque-ecologie-images/)

Mathieu Triclot fait le lien avec la CYBERNETIQUE, pont épistémologique entre mes « familles » et BATESON est cité plusieurs fois, ces pistes me ravissent. Et la conclusion appuie le sujet du DESIGN avec une personne que je suis aussi depuis quelques années, Anthony MASURE qui intervient sur ce sujet et bien sur a bien préparé son intervention avec des slides ouvertes ici : http://www.anthonymasure.com/conferences/2020-12-automatisation-design-enmi.

Tout un fil de meta discussion s’est tissé à propos de la cybernétique, je note une micro phrase du chat : « Il y a énormément d’analogies à faire avec les écosystème », qui, dans cette simplicité souligne la complexité du sujet. Je parie que 2021 sera, en plus de la Nouvelle Renaissance à son plein, le support dialectique pour la phase 2 du concept transmédia et la cybernétique de l’ère tout numérique. Et j’en appelle à mon amie Geneviève BOUCHE, futurologue cybernéticienne (qui était venue à une expérience réalisée avec l’IRI dans le cadre de leur projet de recherche NEXTLEAP en 2017), elle vient de terminer son nouvel ouvrage qui n’est pas encore publié mais dont vous trouvez des informations via son fil Linkedin. Ces ramifications intellectuelles et individuelles me font penser aux ramifications qui se tissent dans l’expérience transmédia. Ce sont les affinités de chacun qui nourrissent l’univers narratif global (Storyworld). Finalement, le jeu des « 7 familles transmédia » est présent dans cette expérience, de façon endogène et exogène, j’en tire une leçon. Pour la famille Multiplateformes, que je voudrais renommer « Supports ou Channels » pour canaux en français, il y a en principal et en direct Live :

1> La plateforme ZOOM contrôlée par une personne en « régie » qui peut activer et désactiver nos micros, on peut actionner notre main virutelle pour et interagir dans le chat (qui s’écrit chat et non tchat !). C’est de notre choix de montrer sa propre image en vidéo ou non, et c’est bien de le rappeler, comme le fait Vincent. Est-il un transmédiateur ?

2> Le POLEMIC TWEET, un outil open source dessiné et produit par l’IRI (famille Design) est un site interactif en tant qu’outil d’annotation et d’enregistrement des interventions, une ressource idéale qui me semble ne pas être assez utilisée et que j’ai eu l’occasion de tester plusieurs fois. Le Polemic Tweet indexe et archive : surlignage avec bouton important
pour reformuler un propos de l’intervenant, bouton « Trouble » pour mettre en marge, bouton « vert » pour des commentaires libres, bref des outils de contributions, sans doute de « trans-individuation » pour Bernard Stiegler, dixit Vincent.

C’est l’équipe de Vincent Puig qui m’a donné l’occasion de réaliser une preuve de concept du jeu des 7 familles transmédia en 2014 : https://polemictweet.com/fens2014-transmediamix. C’est aussi là que j’ai écouté Louise MERZEAU utiliser le terme transmédia. Et, des années plus tard, je rejoins son laboratoire en tant que doctorante débutante avec humilité car je me sens de plus en plus petite face à l’immensité du savoir et des contraintes méthodologiques. Les synchronies accumulées depuis 2010 sont juste insoutenables pour mon équilibre créatif, il faut beaucoup de recul pour accepter de prendre du recul… La vue synthétique ne peut s’acquérir en cherchant, il faut espérer que les synthèses arrivent dans un ravissement créatif propre au créateurs (le flow comme diraient les vrais coachs…), et ceci est sans doute la même chose pour le chercheur.

C’est Alexandre MONNIN qui m’a fait connaître l’IRI et c’est Nicolas SAURET qui m’a accompagnée pendant l’expérience de 2014. En 2020, j’ai retrouvé ces noms dans mes tribulations en ligne, Nicolas à soutenu sa thèse au DICEN et j’ai observé un séminaire sur le design co-organisé par Alexandre que j’ai souvent rencontré avec plaisir.

Les travaux de Bernard STIEGLER m’avaient été introduits par des réalisateurs de films vers 2002, mais je n’avais pas saisi l’importance de ce mouvement. Je me disais bien qu’il manquait un renouveau en philosophie mais je n’étais pas, et ne suis toujours pas, calée en philosophie pour assumer mon avis dans une assemblée si qualifiée, voire prestigieuse. Il aura fallu donc une quinzaine d’années pour affiner cette pensée que j’affine encore… En 2011 je voulais discuter d’une Nouvelle Renaissance avec les copains des fils Twitter, mais c’est en 2019 que j’ai totalement assumé cette idée que nous étions déjà entrés dans la #NewRenaissance. Et c’est Sébastien MASSART qui, en tant qu’intervenant, prononce le mot : Renaissance. L’émergence d’une nouvelle génération de philosophes me rassure sur ce point. Non, il n’y aura pas, plus, de déterminisme numérique, çà suffit. Je ne dirai plus déterminisme technologique mais bien numérique, et non digital. Sans compter l’absurdité du tout « propriétaire » au regard de « l’open source », encore un sujet qui influence sur la façon dont les contenus sont distribués dans des contenants pour leur disséminiation, au regard de la chaîne de création transmédia par exemple.

Il me restera de ces 2 journées exceptionnelles une liste de termes et concepts que je souhaite utiliser. Par exemple l’idée de la « finalité ouverte » me revoit immédiatement au concept transmédia : la création transmédia n’est pas finie, par essence elle ne peut pas l’être, et je devrais le démontrer. Il me reste des pistes de réflexion ardues, des lectures à approfondir et des indications d’auteurs déjà cités dans mes échanges avec des praticiens transmédia, des chercheurs et des intellectuels, SIMONDON et DERRIDA en particulier. Sur le Cycle de l’image de Simondon : https://enmi-conf.org/wp/enmi14/session-2/.

Il me plait de savoir que la phénoménologie dont m’avait parlé mon ami et mentor décédé trop jeune BRIAN CLARK, est abordée par les citations qui renvoient à HUSSERL. Ce qui fait le lien avec Hannah ARENDT qui n’est pas assez présente dans cette discussion mais dont les termes  TRAVAIL et OEUVRE, représentatifs de la triade de ARENDT dans « Condition de l’homme moderne », 1958, sont bien des clés d’entrée dans mon univers de débutante (famille Storyworld) trans-formé à l’épreuve d’un travail d’apprentissage du métier de chercheur…

La triade : la vita activa désigne 3 activités humaines, Travail (Animal Laborans), Oeuvre (Homo Faber) et Action. « L’action, la seule activité qui mette directement en rapport les hommes« , Hannah Arendt.

Il me reste un profond sentiment de respect humaniste, un espoir de voir ce respect se propager et le soulagement de savoir que des chercheurs et philosophes, jeunes et moins jeunes, travaillent à l’éducation (et je voudrais dire à l’apprentissage) des générations présentes et futures. Il faut aider ces mouvements en contribuant, il faut les mettre en lien, « médier », et non pas médiatiser vulgairement comme on le fait d’habitude et de plus en plus, afin de re-médier, dans le sens du remède, et avec l’idée de la médiation bienveillante. Faut-il « trans-médier » ? …

Dans le chat #ENMI20 je remarque l’idée qu’il faudrait lancer un « médiation new deal » ou « relation new deal » pour contrer le « screen new deal »… une méditation pour 2021. Je retiens, également rappelé par Vincent PUIG, le surréalisme selon Joan BODON qui fait un lien avec mon approche de par une écriture automatique où « le sens émerge indépendamment de la syntaxe, et dans un processus de constitution de sens sur le moment. Dans cet exercice d’écriture automatique, incalculable précisément, il n’y a pas de sens a priori ».

Est-ce une « synchronie » que de voir décéder en 2020 plusieurs personnalités exemplaires sans que cela soit forcément lié à #Covid19 ? Je dis oui car mon objectif est de favoriser l’esprit critique et l’exigence de vigilance vis à vis des récits sur le thème d’un certain virus pour lequel les média du monde entier ont créé de la peur avec l’aide des gouvernements.

Disparition de STIEGLER : https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/08/07/le-philosophe-bernard-stiegler-est-mort-a-l-age-de-68-ans

Merci à Emmanuel BETHOUX et à tous les collaborateurs des 7 familles depuis 10 ans.

Merci au Professeur Yvon PESQUEUX qui m’a heureusement bassiné avec Hannah Arendt.

Merci aux Professeurs Sophie PENE et Manuel ZACKLAD qui prennent le risque de m’accueillir.

2011-2020, Field Notes A Posteriori

Nous sommes en 2011. Henry Jenkins nous recadre avec son approche qu’il a développée depuis le  MIT jusqu’à Hollywood en rejoignant l’Université of Southern California. Il est a l’origine du mouvement appelé Transmedia Hollywood qui réunit des théoriciens et des praticiens de tous bords et pas seulement américains bien que uniquement anglophones (toutefois en 2022 j’y ai retrouvée une chercheuse que j’avais croisée en séminaire pendant le confinement). De plus en plus de professionnels, tant des créatifs indépendants que des entreprises de production et distribution de produits culturels, ou encore des fabricant de services technologiques et des journalistes, sont à l’écoute d’une passionnante discussion en ligne sur des réseaux sociaux, blogs, supports de presse, puis très vite lors d’évènements dédiés (séminaires, congrès, conférences, ateliers, festivals).

NB : Un corpus de ma recherche est composé des archives que j’ai rassemblées pendant ces longues et globales conversations en ligne et lors des évènements entre 2010 et 2015. 

Jenkins rappelle que la Producer’s Guild of America annonçait en 2011 le titre professionnel de « Producteur transmédia » ce qui établierait ce rôle comme métier à part entière. En effet, d’autres pays s’inspirent des déclarations de syndicats professionnels américains particulièrement dans les industries du divertissements 

Jenkins poursuit frontalement avec « la plupart ne savent pas de quoi ils parlent… » (But many using the term don’t really understand what they are saying » ). Grâce à une liste de 7 mythes au sujet du terme transmédia, il nous rappelle que le « transmedia storytelling » est une stratégie puisqu’il utilise ce terme dans son mythe n°1 et n°2 aussi, en précisant que cette stratégie est « promotionnelle » (mythe n°2) et qu’elle rassemble plus qu’une seule plateforme médiatique (« media platform »). 

Pour lui, dans une stratégie transmédia les éléments d’un récit sont dispersés sur un ensemble de plateformes qui chacune contribuent à un « tout ». On pourra se questionner de savoir si ces plateformes sont numériques. C’est ce que les praticiens vont appelé, dès 2009, une « expérience transmédia ». Jenkins s’explique en précisant que les premières expériences transmédia (on devrait d’ailleurs choisir le terme « expérimentations » pour la traduction exacte de « experiment » qu’il utilise) ont été financées par des campagnes marketing. 

On pourra affiner dans les détails les termes et les différences de compréhension en fonction des métiers exercés dans la production de telles expériences et dans l’élaboration de telles stratégies. Ce qui m’intéresse ici est exactement le choix de la stratégie même si Jenkins insiste sur le fait qu’elle est possible par une impulsion créative nécessaire. Est-ce que pour lui l’expérience transmédia n’existe qu’avec des conditions ? C’est une piste importante à explorer en comparant des études de cas par différents prismes et en expérimentant dans des conditions où l’inspiration créative n’est pas le socle de la production transmédia (comme par exemple avec les cas dit non natifs).

Avec l’arrivée de l’expression « transmedia activism » dans la conversation internationale, nous arrivons vite à un débat grandiose avec une série de monologues, dialogues et conversations au sujet de terme transmédia en tant que projet culturel, oeuvre, campagne, technique de production et distribution, bref, le terme est valorisé, puis dévalorisé, adoré et rejeté, pour finalement être repris par des chercheurs en Europe et en Amérique du Sud pour prendre ses marques dans le monde académique. 

Dans la période 2010 à 2015, plusieurs anecdotes font le tour du monde (mais aussi des ouvrages et des études de cas) et, au fur à mesure des travaux des praticiens, des enseignants, étudiants et chercheurs, le terme transmédia perd ses auxiliaires « storytelling » et « expérience ». Il perd aussi de son panache et l’intérêt des mêmes professionnels se reporte sur des sujets plus technologiques qui font surface : réalité virtuelle, réalité augmentée. Les festivals et les métiers de la culture choississent le terme « immersion ». 

C’est le livre de Frank Rose, en 2011, qui tranche avec son titre explicite, The Art of Immersion, qui sera repris par les enseignants et les praticiens (sans grâce à mon intervention pour en faire la promotion particulière en France). Mais c’est Nuno Bernardo  et Andréa Philipps qui sont les premiers à publiés des ouvrages proposant des méthodes de travail et des conseils pour la création transmédia (comme pour Robert Pratten et Gary Hayes, et la thèse de Chrity Dena en 2009). Brian CLARK, journaliste et activiste spécialisé en théorie des média,  leader dans cette conversation et aujourd’hui décédé, viendra s’amuser autour du terme transmédia en tant que débat et repère d’activistes des « média studies », pour le mettre à l’honneur avec un article sur Facebook qui sera commenté par plusieurs centaines de spécialistes. Des influenceurs (dont je suis) des industries du divertissement sont parties prenantes de cette conversation, ou du moins l’observent et la commentent, y compris Henry Jenkins. Très peu de chercheurs en font partie. 

Un corpus de mon projet de thèse est dédié à cette conversation, aux archives que j’ai accumulées pendant cette période et à mes expérimentations sur ce sujet. Citons-en une. Fin 2010 je conduis une conférence en ligne avec un activiste créatif canadien, réalisateur de télévision et concepteur transmédia, Pierre Côté, ce sur plusieurs fuseaux horaires pendant une résidence d’artiste de la ville de Paris (La Générale). C’est mon  évènement artistique sur l’obsolescence technologique que je transforme en futurologie. J’y invite un ensemble des contributeurs afin de déclencher une conversation en ligne sur le terme « transmédia » et je demande à des professionnels de métiers différents et complémentaires d’y participer. Donc une préparation ad-hoc, des invités préparés et des des inconnus en mode ouvert. Typique de l’innovation ouverte. Mais sans budget. Tout le monde répond favorablement, tout le monde se sent concerné et en 2010 il y a de très rares outils pour converser en ligne en mode « live » avec un fil Twitter associé. Je leur pose la question suivante :

Transmedia : Storytelling or Experience?

Le sous-entendu est presque évident : le deux ! Narration et expérience sont des conditions pour une création transmédia. 

Forte de cette expérience internationale, je créé le jeu des 7 familles transmédia (sous licence Creative Commons) qui se veut un outil pédagogique et de design thinking. Il est envoyé à 100 praticiens et chercheurs du monde entier avec un questionnaire en ligne et une simple description en anglais sur un document partagé en format Google.

Après le lancement du jeu des 7 familles transmédia à Madrid en 2011, où le terme de transmédiateur est choisi d’un commun accord avec les co-organisateurs des ateliers, nous sommes au début d’une série d’ateliers, de conférences et de masterclasses, qui vont contribuer à attiser le débat et ramener le sujet dans un champ plus culturel, voire socio-cultuel. C’est en 2014 que je donne le coup d’envoi du Transmedia MIX avec l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou, pour tenter une ultime expérience… 

Ce travail de praticienne indépendante étant documenté en grande partie, fait l’objet d’un corpus, d’un corpora, dans ma recherche commencée en 2020 (et préparée en 2019). Ce corpus sera comparé aux théories de la communication, confrontés aux idées des humanités numériques, et il sera traité de façon à en ressortir des données utilisables dans l’analyse du discours de la communauté « partie prenante », dans l’organisation de l’analyse des études de cas, et exploité sur un nouveau terrain à titre de comparaison.

Webisode #2015. Back & Side Stories

Back and side stories.

For a new beginning this is also a new post for the blogs, as well as a new way to blog and keep the #transmedia #Fairies and #Alchimists aware of my back story. Let’s list some news in a #FastThinking way for the #SlowRev I care for since a decade. Today is the Harvest moon and a Supermoon with effects on « endings » and « beginnings » of our personal stories.

Some professionals from the web industry will tell you that you need to separate the topics, write short articles, use numbers and lists, a strong image, among other common advices that are supposed to influence SEO. I was myself advising to separate the « personal » (#perso) from the professional (#pro) on social networks and blogs. No. Change happens here too.

In my case I have been stuck in writing for sometimes (maybe 2 years) because I could not be sure of blogging publicly about my « transmedia diaries« , some personal side stories in the transmedia hoods, backstage stories of my R&D with #Transmedia Ready (a non profit, at this point, based in France, a Think & Do Tank since 2010). So called « experts » would say that the personal stories should be kept aside. That is very paradoxal with the blogging discipline of writing. Blogging is based of self expression. So let’s go back to the fundamentals and blog on personal stuff. And to be even more transmedia ready, trans-disciplinary, and disruptive, let’s mix the personal and the professional. That would be the right editorial line up for me and a way to explore its limits. Really, when I created the game of the « 7 Transmedia Families » (link), I was totally in that « mix ». Later, I created the « Transmedia Mix » (link), but that one is another side story…

I’m not a real geek. 

When my new web site was being built on the Go Daddy server it was handle by a French geek whom was supposed to be a WordPress expert. The idea was to use an open source tool and create a sustainable blogging parteform for Transmedia Ready, where we could use both French and English without switching the whole site from either one language. Hououou! Too complicated! Not in the rules of the geek man and not in the rules of the web agency either. After spending 800 Euros, I had to kick the man out of my storyworld because he was making things worse, without guilt. After that I had a series of commercial issues with Go Daddy, related to their marketing strategy that have direct bad effects. A mess, a nightmare, had closed by a « giving it all up » final option. Lately, in the location I was exploring for my new digital and real life, #SophiaAntipolis, in the South of France, I met the right #WordPress experts and slowly rebuild some confidence in the technology, the CMS, the servers, and the geeks.

It does influence our #Creativity to actually manage the #Digital parts. Now, about the words, the terms… How much freedom do we really have in the connected universe, the « WEB 5.0 »?

Around year 2007 I was told that I had too many values. What? How can someone have to many values? That is when I started to leave the political movement I was involved with, and join what I call the « friendly hacking » movement. I also gained in confidence as I found myself to be the oldest in every groups I was visiting or being part of. I had to take responsibility for my age, my « too many » values, my lack of knowledge in coding and my vision: my personal storyworld.

Now my tags are:

#FastThinking . My brain and I live together in good terms most of the time but in this relationship there is no place for many individuals, therefore I train myself to rethink, not-think, re-phrase, slow down, etc. Since one of the element I use in my methodology for coaching creative projects and people is #Maieutics, I apply it to my self too. If I am too fast in my thinking, I ask myself about the present moment and recall the reasons why I am here. I do not speak if I am surrounded with people whom do not know my storyworld, I prefer to shut up and progress in a subtil way. Fast thinkers come my way in synchronicity, in real life and on the social networks, we find each other, we merge, we converge, we co-create, that is what I had planned on Twitter with the hashtag #HumanConvergence (that was in 2011). That is part of the New Renaissance, a global movement that takes us to the present and the future in a Slow Revolution that is not only necessary but that makes it possible to actually rebuild the societies. Part of this movement is the new alternative social and political mouvements and organisations. This creates what I called « Transient groups ». 

We already know that #art if the core expression of #politics. 

– « But you cannot use the term transient, it does not exist!« .

Smile. Everything I cannot do because it is not part of the common vocabulary, common online behaviour, common work habits, common relationships maintenance, I decided I will do it even more.

#SlowRev is about the slow revolution related to the « New Renaissance » mouvement that is happening in the world since 2007, maybe from before. I take 2007 for the side story when President Sarkozy asked Nobel Price in Economics, Joseph Stiglitz, to spread is work and ideas on a new way to measure the progress of the societies. I worked on a digital programme just about that topic and that transformed my life, both « perso and pro » life. The New Renaissance mouvement is fundamentally socio-cultural, it incarnates with the digital art, but more interestingly with the « Participatory Culture », which may be the same thing then what is called « Open Culture »? I believe that the new form of art now is the « Participatory Art ». That is why I want to create in the #Web5.0 and manage my own #Glossary.

The « Present Shock » reality is here. I refer to the book by Douglas Rushkoff, whom handed his book to me in the bloggers’ room in Austin, Texas, when I was attended the South by South West Festival in 2013. We met in synchronicity and I only thank him now, because, time does not count in the New Renaissance, only counts sustainability and progress.

  • #WEB5.0
  • #transmedia
  • #Fairies & #Alchimists
  • #FreeWords
  • #ParticipatoryArt
  • #NewRenaissance
  • #OpenCulture

Social Web and Transmedia Concepts Dialectics (2012)

One medium, several media, and no! McLuhan is not at all obsolete, it is quite the contrary! It is not too late for the so-called experts to revisit it (this is a practice in Canada). Communications (plural) is a recent discipline of the 20th century that has not been deepened and this should be done now. 

(Cet article existe en français)

Interpersonal communication.

The art of communicating between individuals … However, this applies to different scales online, « on the web », because this interaction may be private but online; or public and online; or public and very open with tags and its associated keywords that give the interaction a certain its power and direction, sometimes desired but sometimes unwanted. We can therefore be pleasantly surprised or disappointed, or we can use strategy to « web-social-network » with efficiency, and communicate our message. If the set of communications is consistent and can penetrate a universe that has a real story, online and in real life, to discover progressively while contributing according to our desire, then we arrive at a transmedia communication that has nothing to do with marketing and everything to do with the power of communication and the proper use of its multiple tools.

Online presence.

This dialectic formula seems more appropriate, with the phrase « online présence » there are all scales including interpersonal communication as well as marketing and public interactions, just being there « on the web » to be caught by any of us at any time, then abandoned, listed, commented and sometimes remixed.

The social web.

The formula that I started using two years ago (* 2011) still seems to be the most appropriate for my personal and professional opinion, regardless of academic research. By focusing on R&D and transdisciplinary, this formula takes into account the sociological aspects, semantics, semiotics, communications, media, technology, etc.

Online communication.

This expression seems to be the ideal formula for a classical point of view, but it reminds me of corporate communications and led to its square side. Online communication interaction can be a « push » when a company markets a product to consumers, or when a « ruling class » addresses a group in a paternalistic manner, or under the formulation of a BtoB campaign – business to business – it remains too professional and not very accessible to the general public.

Web and networks, a new « synchrony »

Yes, I use a lot of quotation marks! In the articles I am submitting to you readers, it helps to manage our language and mediate the online communication I am reaching out to you on the social web! With a target for online presence, and concern for self-expression and shared knowledge. This social and digital positioning is very much in line with current activism, and participatory democracy in its infancy. It spreads and restructures each time with entry points on online actions, which are used for experimentation in the “open culture”. Since the web is now more accessible to all, the practice of individuals is useful and applies to the entire population. we already know that my practice of « AR&D » , Applied Research and Development (?), is very useful to the new global economy. And here I use the term “international” instead of “global” on purpose and specifically to refer to international cooperation.

Synchrony, synchronicity

This term came to me with lively discussions with actors (comedians, « acteurs de théâtre ») in the vein of the practice of Stanislawsky which I enjoyed studying at Hunter College, City University of New York in 1986, with polish Professor Bogdan Trukan, who was amusingly speaking French while I was there to improve my English. The idea of synchronicity has pursued me until I read the work of Jean-François Vézina, Canadian psychologist and author, and this of course led me to read Jung. Vézina is approaching psychology with the artistic discipline of cinema, and this is a useful tip I have been using a lot! These two disciplines together, film and psychology, have served me extremely in my approach to digital communication. Imagine adding the discipline of music … I quickly found the term synchronicity with the web pioneers to finally have the pleasure of reading the last book by Daniel Goleman which fortunately makes it a little more formal for the discipline of emotional intelligence and social intelligence. I am interested in those two parallel and complementary disciplines: the practice of online social networks in terms of technology,

and that of the point of view of human communications,

creating two forms of synchronicity, one from computer programming and the other from human expression and perception.

Regarding the term perception, I stand strong with it because it is a term I got from the theory of communications which seems more appropriate than the term « reception » used by French researchers for the reception of artistic works by the public. Having also studied cultural mediation, I make a difference between perception and reception as I distinguish between the synchrony of computer codes and the synchrony of human thoughts expressed in an online conversation and social networks.

Do not be afraid of vocabulary!

The purpose of this dialectic is to have fun with words to defeat the fears about the practice of transdisciplinarity, an inescapable (unavoidable) practice. We did not take for granted the warnings from the great Edgar Morin… My approach is a reaction to the far too many bad practices, especially in France, for which we will never have enough time to explain and analyze. My analysis is based on very long-term observations, as in medical research, and practical experiments, such as in medical research laboratories. This is my « AR&D » in my Think&Do Tank. I talk about the pharmaceutical discipline on purpose because this topic will be developed and it is very much a current trendy topic in innovation. It includes the approach of transhumanism and the use of technological tools in biotech, and the development of certain (“de pointe”) economic sectors (this is written in 2011…).

To conclude with dialectics and « AR&D »…

Academic researchers are very separated from the business world, especially in France. People are teaching new disciplines with no materials and references, most of the time researchers have not been having a career or a professional role, and do not put their hands in the dirt (I have happily found some exceptions confirming this rule with its rarety). This addresses another societal issue. We knew this would happen but I have found that the formal and informal rules of academia make this obscure and poor, bringing poorly documented work and unverified knowledge to an unemployed population who do not know where to find labels of quality.

Analyzing bad practices is the only current solution in transmedia communication and the social web, to analyze and create methodologies and make recommendations. Analyzing one’s mistakes has always been the way of progress for human beings.

Labeling the quality is probably the next niche. Startuppers and politicians, on your marks!

My champions for this article: Edgar Morin – Brian Clark – Stuart Ewen

Dialectique des concepts transmedia et web social (2012)

Dans mes « TRANSMEDIA DIARIES » je livre détails personnels, anecdotes, ragots et avis très personnels, je déploie mes archives et ma mémoire visuelle et auditive travaillée grâce au médium cinéma en tant que praticienne.

(This post exists in English)

Un médium, des médias, et non !, McLuhan n’est pas du tout obsolète, bien au contraire ! Il n’est pas trop tard pour que les soi-disant experts se mettent à le revisiter (c’est d’ailleurs pratiquer au Canada. La communication est une discipline récente du 20ème siècle, qui n’a pas du tout été approfondie et c’est maintenant qu’il faut le faire. 

Communication interpersonnelle.

L’art de communiquer entre des individus… Or, cela s’applique à différentes échelles en ligne, « sur le web », car cette interaction peut-être privée mais en ligne, publique et en ligne, ou publique et sur des réseaux très ouverts avec « étiquettes », « tags », et ses mots clés associés qui donnent à l’interaction une certaine puissance et direction, parfois souhaitée mais parfois non désirée. On peut donc être agréablement surpris ou très déçu, ou tout simplement user de stratégie pour mettre l’efficience des réseaux et de la communication au service de notre message. Si l’ensemble est cohérent et permet de pénétrer un univers qui possède un vraie narration que les internautes, ainsi que les personnes de la notre vie réelle, découvrent au fur et à mesure tout en y contribuant en fonction de leur désir, alors on arrive à une communication transmédia qui n’a rien à voir avec le marketing et tout à voir avec le pouvoir de la communication et du bon usage de ses supports. 

La présence en ligne.

Cette formule dialectique me semble plus appropriée car dans l’expression « présence en ligne » il y a toutes les échelles, communication interpersonnelle incluse, mais aussi interactions publiques, simplement posées là, « sur le web », pour être alpaguées par n’importe qui et n’importe quand, puis laissées à l’abandon, ou reprises, voire commentées, et parfois remixées.

Le web social.

Cette formule que j’ai commencée à utiliser il y a deux ans, me semble toujours la plus appropriée, à mon sens personnel et professionnel, sans tenir compte des recherches académiques, mais en s’intéressant à la dimension R&D et la transdisciplinarité. Cette formule prend en compte l’aspect sociologique, sémantique, sémiotique, communicationnel, médiatique, technologique, etc.

Communication en ligne.

Cette expression semble être la formule idéale du point de vue classique, francophone et transposable. Or elle me fait penser à la communication d’entreprise, « corporate », pour son côté carré et dirigé. Communiquer en ligne peut être une interaction de « push » quand une entreprise pousse un produit vers les consommateurs, ou lorsqu’une classe dirigeante s’adresse à un groupe de façon paternaliste, ou encore dans le cadre de formulation de campagne BtoB, business to business, on reste donc dans un cadre professionnel et peu accessible au grand public. 

Le web et les réseaux, une nouvelle « synchronie ».

Et qu’on fasse la remarque de l’usage des guillemets me plait ! Car les guillemets ici dans les articles que je vous soumets, deviennent un outil de langage pour aider à la médiation de ma « communication en ligne », dans le « web social », avec une visée de « présence en ligne » et un soucis d’expression des savoirs partagés. Cette position sociale et numérique est très en phase avec un certain militantisme de la « culture ouverte », nouvelle démocratie participative encore balbutiante, qui s’évade et se restructure à chaque fois dans des actions ponctuelles en ligne, qui servent d’expérimentation à tout un chacun. Du coup, depuis que le web est accessible à tous, ou presque, des individus pratiquent une recherche appliquée fort utile à l’ensemble de la population, mais qui n’est pas encore reconnue par le milieu académique. Par contre nous savons déjà que cette pratique de R&DA, Recherche et Développement Appliqués, est fort utile à la nouvelle économie mondiale. Et ici j’emploie le terme mondial au lieu de global à bon escient.

Synchronie, synchronicité

Ce terme m’est venu tout simplement de discussions animées avec des acteurs, des comédiens, dans la veine de la pratique de Stanislavski que j’ai eu plaisir à étudier à Hunter College, City University of New York, en 1986, auprès du Professeur polonais d’art dramatique Bogdan Trukan, qui s’amusait à me parler français alors que j’étais là pour améliorer mon anglais. La méthode de Stanislavski est mentionnée dans le travail récent sur l’intelligence ce émotionnelle de Daniel Goleman.

L’idée de la synchronicité m’a poursuivie toute ma vie durant jusqu’au jour où j’ai lu le travail de Jean-François Vézina, psychologue et auteur canadien, qui m’a bien sur amenée à lire Jung . Comme Vézina, approcher la psychologie par le biais du cinéma fut une astuce qui m’a été bien utile ! Ces deux disciplines ensemble, cinéma et psychologie, m’ont extrêmement servies dans mon approche de la communication numérique. Imaginez y ajouter la discipline de la musique… J’ai vite retrouvé le terme synchronicité dans les échanges avec les pionniers du web, pour enfin avoir le plaisir de le lire dans le dernier livre de Daniel Goleman (Cultiver l’intelligence émotionnelle, Pocket, 2006, p 57), qui, heureusement rend un peu plus officiel les recherches en matières d’intelligence émotionnelle et intelligence relationnelle.

Intéressons-nous aux deux grandes disciplines parallèles et complémentaires :

la pratique des réseaux sociaux en ligne du point technologique,

et celle du point de vue de la communication humaine,

qui créent deux formes de synchronicité, l’une émanant des outils et de la programmation informatique, et l’autre émanant de l’expression et de la perception humaine.

Au sujet du terme « perception », j’y tiens fort car c’est un terme que je tiens de la théorie de la communication qui me semble plus approprié que le terme « réception » utilisé par des chercheurs français concernant la réception des œuvres par le public. Ayant aussi étudié la médiation culturelle, je fais une différence entre réception et perception, comme je fais la différence entre la synchronie des codes informatiques et la synchronie d’une pensée humaine exprimée dans une conversation en réseau social en ligne.

N’ayez pas peur des mots !

Un des objectifs de cette dialectique est de s’amuser avec les mots pour défaire les peurs face à la pratique de la transdisciplinarité, incontournable, que nous n’avons pas voulu préparer alors que le grand Edgar Morin nous avait pourtant bien prévenus ! Ma démarche est une réaction aux bien trop nombreuses mauvaises pratiques pour lesquelles nous n’aurons jamais assez pour les analyser et expliquer. Mon analyse se base sur l’observation à très long terme, comme dans la recherche scientifique médicale, et sur des expérimentations concrètes, comme dans les laboratoires de recherche médicale. C’est ma R&DA. Je parle de discipline biopharmaceutique à bon escient car c’est un sujet que je dois développer, qui est d’actualité, incluant l’approche du transhumanisme et l’usage des outils technologiques dans la « biotech » et le développement de certains secteurs économiques de pointes.

Pour conclure avec la dialectique et la R&DA.

J’insiste sur le fait que les chercheurs du monde académique sont fort séparés du monde professionnel, et donc de la transmission des savoir-faire (et c’est sans compte sur les savoir-être), spécialement en France, et que les enseignants de nouvelles matières sont souvent, voire la plupart du temps, des chercheurs ou experts qui n’ont jamais mis les mains dans le cambouis. Quelques exceptions, que j’ai agréablement constatées, me confirment cette règle par leur rareté (note). Cela pose un autre problème de société. On savait que cela allait arriver, mais j’ai pu constaté que les règles officielles et officieuses du monde académique rendent le tout obscure et médiocre, amenant des savoirs mal documentés et non vérifiés auprès d’une population au chômage qui ne sait où trouver des labels de qualité pour une économie multiculturelle et mouvante.

Identifier les mauvaises pratiques est la seule solution actuelle en communication numérique, en web social et en création transmédia, pour analyser et créer des méthodologies et faire des préconisations. Analyser ses erreurs a toujours été la méthode de progrès pour l’être humain.

La labelisation par la qualité est sans doute la prochaine niche. Startupers et politiciens, à vos marques !

Mes champions pour cet article : Edgar Morin – Brian Clark – Stuart Ewen

2011, OWNI.fr. Un journal qui n’a pas de bord

Origine de cette discussion. 1987, City University of New York, 68th Street, dans un amphi : “The medium is the message” (McLuhan), blablabla… I’m sitting at the back of the theater, amazed by the beautiful large room full of silent cosmopolitan students. It looks like we all have been required to take the « English As a Second Language » course. Oops, j’ai écris en anglais, c’est sorti comme çà du cerveau gauche… 

Je suis à bord du Web et je navigue en me laissant guider par les forces de la nature humaine. 

Revendiquer McLuhan, et maintenant Henry Jenkins, et donc Pierre Levy, bien que toujours fan d’Edgar Morin. Ceci devra donc être explicité, mais déjà nous pouvons voir un pont, le lien entre les années 60 et le 21ème siècle. 

Voici donc la suite de mes postulats inspiré par la recherche expérimentale et libre, indépendante donc, au sujet de la création “transmédia”. 

Publier librement. 

Bien que je pourrais continuer mon « Transmedia Diaries » sur Owni.fr, ce qui me donnerait somme toute plus de visibilité, j’ai choisis de le faire d’une manière introspective, directe et  franche, toujours expérimentale, et m’éloignant du journalisme je risque de gaver les internautes avec des propos égocentrés. Je « post » donc chez moi. Ce qui est pratique avec les média sociaux et la multiplicité des supports, c’est que je peux prévenir tous mes « followers » que je poste chez moi ! Mais bien sur, je réserve quelques surprises pour les éditeurs qui m’invitent à poster. Ici aussi nous aurons donc les chapitres qui vont bien, l’un dédié à la création, l’autre à l’égocentrisme, et je vous en passe des vertes et des pas mûres dans le futur sommaire (on se lâche, bloguer c’est fait pour çà et c’est un sujet d’article en soi). 

Jouer du Web sémantique et de la sémantique tout court. 

Je me marre avec le mot sémantique et les mots que des « experts du Web » puisent dans la langue pour leur donner une nouvelle définition qui l’éloigne de l’originale, tout simplement parce que nous n’avons plus assez de mots, mais aussi parce que ces soi-disant « experts » forment un petit cercle qui parle avec lui-même sans vraiment extrapoler et complémenter sa recherche. Pas assez de pluridisciplinarité dans le monde pluridisciplinaire. Typique, et typiquement français aussi. Paradoxal. Il faut inventer les nouveaux mots. Comme les nouvelles professions. Et si on revenait au Latin ? Evidemment ceci peut faire l’objet de nombreux articles. 

Restituer ma pratique des média sociaux. 

Faut-il expliquer ? C’est le comble, dirait le blogueur français qui revendique ses années de pratique pour justifier son travail et sa notoriété, car dans le Web ce n’est pas le talent qui compte, ni même la carrière, mais la notoriété (voire et voir le « Klout »…), et on s’amuse à les entendre se congratuler en faisant référence aux années, donc au temps, et non à la qualité, donc au talent et à l’expertise. Il ne s’agit pas de n’importe quelle notoriété, ici il s’agit de celle qui déforme les agents du marketing qui cherchent à calculer le retour sur investissement de façon tangible, alors qu’il s’agit non seulement du temps virtuel que l’on passe sur les réseaux mais surtout de la qualité de notre esprit (à développer, l’article, et l’esprit). 

Restituer ma pratique de la Communication Humaine («Human Communications») 

Commentaires ? Oui l’étude de la psychologie et de la philosophie, de l’histoire, de la socio et l’anthropo va nous aider. Mais si nous n’avons qu’une seule vie dans cette vie alors je prône le retour de la polyvalence, les actions autodidactes poussées (et non survolées) et la forme démocratique de philosophie qui entend que j’entre dans l’Agora et prenne la parole. On en revient à McLuhan qui mis en avant les média au moment même où les travaux sur la psychologique cognitive sortaient du lot aussi et où de nouvelles pratiques de développement de l’esprit humain faisaient le tour du monde. C’était donc bien le début du monde médiatique global, et les Beatles sont partis en Inde… « Let it Be ! » (je reviendrai sur ce point). 

Revendiquer le retour de la Polyvalence.  

Ce n’est pas trop tôt. J’ai cru qu’ayant commencé ma carrière à la fin des années 80 (il est temps de l’annoncer clairement ! Cf. le cercle des experts, morte de rire, comme on dirait chez les hackers), et étant donné la façon dont on recrute les salariés où mandate les prestataires en France, que je ne pourrai jamais faire valoir ma polyvalence. Trompée, je peux ! Je DOIS. C’est exactement en phase avec mon sujet transmédia. Pluri = Poly ? 

La polyvalence est non seulement une nécessité dans la création, mais dans la nouvelle économie qui point, et c’est un juste retour à la valeur des choses de la vie. La polyvalence valorisée, est une réponse au chômage, aux peurs, aux relations difficiles, au désir de succès et à la qualité des œuvres, sous réserve que la polyvalence n’empiète pas sur l’expertise. 

Revendiquer le retour de la qualité. 

Les années 2000 ont vu éclorent les labels de qualité de ceci et de cela. Dans les industries créatives (puisque c’est le « mot » en français, industrie pour secteur, et créative pour culturelle et artistique), on ne peut étayer un label de qualité, il me semble, bien que certains se donnent la peine abusive de le faire. Par exemple en apposant des logos de ceci et de cela. Je comprends la nécessité de la justification, je la pratique aussi, avec amusement. Et je passe l’éternelle discussion sur le sens critique, le goût, les critères… Ne voit-on pas non plus des évènements culturels établir des programmations qui ne tiennent qu’au goût d’une seule personne ? J’ai pratiqué, je vais en parler (écrire). 

La Qualité est le passage obligé pour faire sortir une œuvre du lot dans les méandres du Web, elle ne tient pas qu’à l’objet mais aussi aux regards et aux attentions que l’on porte à l’objet. 

Parler des choses qui fâchent. 

Argent, politique et relations humaines. Ceci étant totalement lié à la création transmédia, si ce terme doit tenir dans notre vocabulaire socioculturel, médiatique, créatif, voire politique (et oui !), il n’est pas question de laisser croire aux internautes que le terme transmédia est issu du Web et réservé aux changements radicaux de pratiques médiatiques et de diffusion des œuvres, réservé aux soi-disant experts qui sortent de partout comme des champignons. Mais où sont les ressources documentaires ? Lol. 

Faut-il donc se justifier ? 

Ceci entre dans la case « j’écris-en-français ». Et quand bien même je mettrais en application mon tag #Leavemycountry (« quitter mon pays »), si je veux parler à des francophones ou continuer de pratiquer les industries culturelles françaises, je dois faire cet effort désagréable de me justifier pour remettre les choses à leur place et pour expliquer pourquoi je me permets de poser quelques postulats ou demander à revenir sur un sujet qui doit être analysé avant d’être mal exploité. Et si on relevait un peu le nez de notre nombril ou smartphone ? 

Cela va t-il devenir un livre blanc ? 

Je ne sais pas. Mais par contre j’ai observé depuis une bonne année maintenant, que plusieurs personnes de l’entourage médiatique (au sens large) proposent des choses mais que personne ne s’y met vraiment, alors que tous les outils sont là. Quand on ouvre une place de discussion sur la toile, les écarts de compréhension sont tels que même les outils ne permettent plus la suite de la discussion. D’ailleurs quand une discussion fort bonne se déploie sur le Web (j’en parlerai), elle est finalement laissée à elle-même, comme une archive, car l’un des participants l’emmène vivre ailleurs en la transformant. Trans-former. C’est souvent un échec d’ailleurs, le déplacement du lieu de discussion (à voir dans l’aspect « Social TV »). C’est l’étude de ce que j’appelle les « groupes transients » et c’est exactement une extension de la forme démocratique. Les usagers resteront transients, c’est la valeur humaine, par contre il faut des lieux de discussion. Nous les créons. A ce sujet j’aimerais parler des travaux de la Fabrique de Démocratie, groupe de travail modulaire et libre que j’ai suivi un temps. 

Pratiquer une forme éditoriale. 

D’une part je vais déployer une série introspective, et d’autre part je mets en place la suite de ma recherche dans des groupes plus ou moins larges aux expertises complémentaires, où les idées évoluent de façon professionnelle et créative, ce qui veut dire qu’elles doivent générer un nouveau modèle économique. L’un de mes objectifs étant de générer des revenus qui vont permettre un investissement dans le développement de projets transmédia. Je me suis énormément essoufflée à développer des projets créatifs, et, au bout d’une petite vingtaine d’années, j’ai compris que j’avais raison de ne pas entrer dans les cases, et qu’une des solutions est de fabriquer ses propres cases, d’en faire le contour souple, mouvant, voire fluide, de façon à ce que le contenu (œuvre) et les média (supports) puissent s’autogérer, se tisser, en réinventant des modèles économiques pour chaque expérience. Il peut y avoir des contenus peu onéreux et des productions à gros budget. Comme d’habitude… Et bien sur toujours ce petit ton sarcastique qui montre que je suis dans l’humour, certes, mais dans l’exigence avant tout, et les valeurs humaines. Je quitte ceux qui n’ont pas la même exigence et je remercie Seth Godin. Lorsque je parlais de contenus et contenants, on me regardait avec un gros point d’interrogation. 

Aujourd‘hui on comprend mieux pourquoi des deux secteurs, ou phases même, sont des encrages nécessaires à la compréhension de la production d’œuvres.

Ecrire en français. 

Ayant testé l’anglais sur les écrans des alter ego dans la même recherche  (transmédia, et donc ?), j’ai bien vu que la révision par des natifs n’est pas la solution du conteur. Comme quoi l’on revient toujours au fameux mot clé : « storytelling ». Et bien sur le problème typiquement français, que nous explorons, je ne dis pas francophone ici, le français dans sa culture souvent mal exploitée. A propos de français, je prends la permission des choix qui peuvent déplaire aux gens des Lettres.   

Nota Bene (ah, le Latin…) : Lorsque j’ai commencé à écrire sur le net, mon amie Nicole était encore avec nous. Elle était une femme de Lettres et de Culture. Elle enseignait le métier de libraire et avait un goût pour la politique et les sciences sociales et philosophiques. Nicole aurait bien aimé être ma correctrice. Elle nous a quitté en Mai dernier alors que je lançais le prototype d’un outil pédagogique que j’ai créé pour affiner ma recherche, mes propos et mon partage. Merci Nicole d’avoir donné un signe si intense bien que douloureux. De même que d’autres ont quitté la terre alors qu’ils étaient en pleine expansion créatrice, et dans le partage, je rends hommage aux nombreux défunts de mon entourage, c’est eux ma force.