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2.0.2.1. Transmédiation expérimentale

L’excellent programme de la 14ème édition des Entretiens du Nouveau Monde Industriel des 22 et 23 décembre 2020 –
https://enmi-conf.org/wp/enmi20, fil #ENMI20 sur Twitter, organisée par l’IRI (avec la chaire « Éthique, technologie et transhumanismes » de l’Université Catholique de Lille), avait comme thématique : « Prendre soin de l’informatique et des générations ». 1ère édition qui suit le décès du philosophe et fondateur BERNARD STIEGLER.

Vincent PUIG, directeur et co-fondateur de l’IRI, prend la parole et rappelle les thèmes chers à Stiegler : l’informatique théorique et les générations. Il pourrait être de notre responsabilité de lier les thèmes informatique et générations, notamment depuis 2008 avec un texte de STIEGLER, « Prendre soin de la jeunesse et des générations » (2016, dernier chapitre) et pour lui rendre hommage : « la meilleure manière est de travailler ».

C’est aussi la première fois, comme beaucoup de séminaires et réunions de 2020, que tout se passe « online » et dans cette expérience interactive #ENMI20, je peux m’interroger sur le caractère transmédiatique de celle-ci et l’émergence du rôle de « transmédiateur ». Une réponse me semble se dessiner dans l’univers (famille Storyworld) avec des archives de l’édition de 2014 – https://enmi-conf.org/wp/enmi14/session-3 – nommé « Traces, rétentions, raisons : organologie et pharmacologie des études digitales », de et avec Bernard STIEGLER, vient dans la méta discussion (serait-ce des « contenus générés par les utilisateurs », UGC – User Generated Content) où Vincent Puig nous rappelle le « bloc magique » dans la version de Freud – https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-1101171830 – « Machine d’écriture, une métaphore du fonctionnement de l’appareil psychique comme texte », cité par un intervenant, et j’en prends bonne note pour illustrer les différents supports analogiques qui peuvent entrer dans une création transmédia (la famille Multiplateformes).

Dans #ENMI20, je remarque la qualité de médiation des savoirs de la part de Vincent Puig et de son équipe; la qualité des interventions et des intervenants; la qualité des discours et de la rhétorique.

Je note que la forme prend plus d’importance encore en ligne que sur site (en local, dans la vie réelle) car les défauts de la prise de parole en public sont grossis quand on travaille « online », tout comme, du coup, les qualités vont être également grossies. Un bon moyen donc de se rattraper quand on débute avec les expériences « full online », typiques de la nouvelle ère #Covid19, c’est de focaliser sur quelques bonne pratiques de facilitation en ligne pour amenuiser les choses qui nous échappent. On se doit de faire des efforts quand on intervient en ligne. Et, c’est assez logique, les caractéristiques individuelles dans la vie réelle sont aussi grossies en ligne. Parler vite devient trop rapide, lire devient ennuyant, dire devient un art majeur…

Je retrouve des noms, des signes, des idées et même des lieux puisque online veut dire global. La référence à des lieux que j’aime m’intéresse spécialement, c’est la re-connexion au réel par le biais de la géo-localisation off-line. La vie analogique serait alors celle retranscrite sur des matériaux non numérique, et la vie réelle serait devenue hybride, entre le non numérique et un virtuel puisant dans nos souvenirs… Je n’ose imaginer la complexité de cette réflexion tellement il y a des travaux sur ces sujets. Si je dois me positionner dans ma thèse je devrait me recaller à chaque étape de celle-ci, me recadrer, pour ne pas rester hybride et afin de passer en mode réel ou analogique en trans-formant le déterminisme numérique en outil controllé plutôt que de le subir comme une contrainte.

Et je remplace « technologique » par « numérique » et je zappe « digital » de « digit », numéro.

J’avais repéré Mathieu TRICLOT il y a quelques années sur Twitter du fait de son travail sur la philosophie des jeux vidéo, il fait partie de mes favoris de ces journées avec des découvertes juteuses dont le formidable Yuk HUI : http://digitalmilieu.net/about-yh/, ainsi que Peter SWENDY, notamment au sujet de la performativité et avec « Vers une écologie des images », un vidéo-colloque ponctuant le démontage de l’exposition « Le Supermarché des images » dont il est commissaire (http://lemagazine.jeudepaume.org/2020/11/colloque-ecologie-images/)

Mathieu Triclot fait le lien avec la CYBERNETIQUE, pont épistémologique entre mes « familles » et BATESON est cité plusieurs fois, ces pistes me ravissent. Et la conclusion appuie le sujet du DESIGN avec une personne que je suis aussi depuis quelques années, Anthony MASURE qui intervient sur ce sujet et bien sur a bien préparé son intervention avec des slides ouvertes ici : http://www.anthonymasure.com/conferences/2020-12-automatisation-design-enmi.

Tout un fil de meta discussion s’est tissé à propos de la cybernétique, je note une micro phrase du chat : « Il y a énormément d’analogies à faire avec les écosystème », qui, dans cette simplicité souligne la complexité du sujet. Je parie que 2021 sera, en plus de la Nouvelle Renaissance à son plein, le support dialectique pour la phase 2 du concept transmédia et la cybernétique de l’ère tout numérique. Et j’en appelle à mon amie Geneviève BOUCHE, futurologue cybernéticienne (qui était venue à une expérience réalisée avec l’IRI dans le cadre de leur projet de recherche NEXTLEAP en 2017), elle vient de terminer son nouvel ouvrage qui n’est pas encore publié mais dont vous trouvez des informations via son fil Linkedin. Ces ramifications intellectuelles et individuelles me font penser aux ramifications qui se tissent dans l’expérience transmédia. Ce sont les affinités de chacun qui nourrissent l’univers narratif global (Storyworld). Finalement, le jeu des « 7 familles transmédia » est présent dans cette expérience, de façon endogène et exogène, j’en tire une leçon. Pour la famille Multiplateformes, que je voudrais renommer « Supports ou Channels » pour canaux en français, il y a en principal et en direct Live :

1> La plateforme ZOOM contrôlée par une personne en « régie » qui peut activer et désactiver nos micros, on peut actionner notre main virutelle pour et interagir dans le chat (qui s’écrit chat et non tchat !). C’est de notre choix de montrer sa propre image en vidéo ou non, et c’est bien de le rappeler, comme le fait Vincent. Est-il un transmédiateur ?

2> Le POLEMIC TWEET, un outil open source dessiné et produit par l’IRI (famille Design) est un site interactif en tant qu’outil d’annotation et d’enregistrement des interventions, une ressource idéale qui me semble ne pas être assez utilisée et que j’ai eu l’occasion de tester plusieurs fois. Le Polemic Tweet indexe et archive : surlignage avec bouton important
pour reformuler un propos de l’intervenant, bouton « Trouble » pour mettre en marge, bouton « vert » pour des commentaires libres, bref des outils de contributions, sans doute de « trans-individuation » pour Bernard Stiegler, dixit Vincent.

C’est l’équipe de Vincent Puig qui m’a donné l’occasion de réaliser une preuve de concept du jeu des 7 familles transmédia en 2014 : https://polemictweet.com/fens2014-transmediamix. C’est aussi là que j’ai écouté Louise MERZEAU utiliser le terme transmédia. Et, des années plus tard, je rejoins son laboratoire en tant que doctorante débutante avec humilité car je me sens de plus en plus petite face à l’immensité du savoir et des contraintes méthodologiques. Les synchronies accumulées depuis 2010 sont juste insoutenables pour mon équilibre créatif, il faut beaucoup de recul pour accepter de prendre du recul… La vue synthétique ne peut s’acquérir en cherchant, il faut espérer que les synthèses arrivent dans un ravissement créatif propre au créateurs (le flow comme diraient les vrais coachs…), et ceci est sans doute la même chose pour le chercheur.

C’est Alexandre MONNIN qui m’a fait connaître l’IRI et c’est Nicolas SAURET qui m’a accompagnée pendant l’expérience de 2014. En 2020, j’ai retrouvé ces noms dans mes tribulations en ligne, Nicolas à soutenu sa thèse au DICEN et j’ai observé un séminaire sur le design co-organisé par Alexandre que j’ai souvent rencontré avec plaisir.

Les travaux de Bernard STIEGLER m’avaient été introduits par des réalisateurs de films vers 2002, mais je n’avais pas saisi l’importance de ce mouvement. Je me disais bien qu’il manquait un renouveau en philosophie mais je n’étais pas, et ne suis toujours pas, calée en philosophie pour assumer mon avis dans une assemblée si qualifiée, voire prestigieuse. Il aura fallu donc une quinzaine d’années pour affiner cette pensée que j’affine encore… En 2011 je voulais discuter d’une Nouvelle Renaissance avec les copains des fils Twitter, mais c’est en 2019 que j’ai totalement assumé cette idée que nous étions déjà entrés dans la #NewRenaissance. Et c’est Sébastien MASSART qui, en tant qu’intervenant, prononce le mot : Renaissance. L’émergence d’une nouvelle génération de philosophes me rassure sur ce point. Non, il n’y aura pas, plus, de déterminisme numérique, çà suffit. Je ne dirai plus déterminisme technologique mais bien numérique, et non digital. Sans compter l’absurdité du tout « propriétaire » au regard de « l’open source », encore un sujet qui influence sur la façon dont les contenus sont distribués dans des contenants pour leur disséminiation, au regard de la chaîne de création transmédia par exemple.

Il me restera de ces 2 journées exceptionnelles une liste de termes et concepts que je souhaite utiliser. Par exemple l’idée de la « finalité ouverte » me revoit immédiatement au concept transmédia : la création transmédia n’est pas finie, par essence elle ne peut pas l’être, et je devrais le démontrer. Il me reste des pistes de réflexion ardues, des lectures à approfondir et des indications d’auteurs déjà cités dans mes échanges avec des praticiens transmédia, des chercheurs et des intellectuels, SIMONDON et DERRIDA en particulier. Sur le Cycle de l’image de Simondon : https://enmi-conf.org/wp/enmi14/session-2/.

Il me plait de savoir que la phénoménologie dont m’avait parlé mon ami et mentor décédé trop jeune BRIAN CLARK, est abordée par les citations qui renvoient à HUSSERL. Ce qui fait le lien avec Hannah ARENDT qui n’est pas assez présente dans cette discussion mais dont les termes  TRAVAIL et OEUVRE, représentatifs de la triade de ARENDT dans « Condition de l’homme moderne », 1958, sont bien des clés d’entrée dans mon univers de débutante (famille Storyworld) trans-formé à l’épreuve d’un travail d’apprentissage du métier de chercheur…

La triade : la vita activa désigne 3 activités humaines, Travail (Animal Laborans), Oeuvre (Homo Faber) et Action. « L’action, la seule activité qui mette directement en rapport les hommes« , Hannah Arendt.

Il me reste un profond sentiment de respect humaniste, un espoir de voir ce respect se propager et le soulagement de savoir que des chercheurs et philosophes, jeunes et moins jeunes, travaillent à l’éducation (et je voudrais dire à l’apprentissage) des générations présentes et futures. Il faut aider ces mouvements en contribuant, il faut les mettre en lien, « médier », et non pas médiatiser vulgairement comme on le fait d’habitude et de plus en plus, afin de re-médier, dans le sens du remède, et avec l’idée de la médiation bienveillante. Faut-il « trans-médier » ? …

Dans le chat #ENMI20 je remarque l’idée qu’il faudrait lancer un « médiation new deal » ou « relation new deal » pour contrer le « screen new deal »… une méditation pour 2021. Je retiens, également rappelé par Vincent PUIG, le surréalisme selon Joan BODON qui fait un lien avec mon approche de par une écriture automatique où « le sens émerge indépendamment de la syntaxe, et dans un processus de constitution de sens sur le moment. Dans cet exercice d’écriture automatique, incalculable précisément, il n’y a pas de sens a priori ».

Est-ce une « synchronie » que de voir décéder en 2020 plusieurs personnalités exemplaires sans que cela soit forcément lié à #Covid19 ? Je dis oui car mon objectif est de favoriser l’esprit critique et l’exigence de vigilance vis à vis des récits sur le thème d’un certain virus pour lequel les média du monde entier ont créé de la peur avec l’aide des gouvernements.

Disparition de STIEGLER : https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/08/07/le-philosophe-bernard-stiegler-est-mort-a-l-age-de-68-ans

Merci à Emmanuel BETHOUX et à tous les collaborateurs des 7 familles depuis 10 ans.

Merci au Professeur Yvon PESQUEUX qui m’a heureusement bassiné avec Hannah Arendt.

Merci aux Professeurs Sophie PENE et Manuel ZACKLAD qui prennent le risque de m’accueillir.

Multimodality Thinking (2020)

In a 2020 podcast on Multimodality, Professor Tara BRABAZON mentions McLuhan (  https://tarabrabazon.libsyn.com/smash-cut-multimodality). In his blog post, Professor Henry JENKINS mentions him too (https://bit.ly/3mhjA9B) In the same period of time I spoke briefly with Professor Manuel ZACKLAD https://www.zacklad.org/) about my research project (2020) and I also referred to McLuhan, but this time with a sense of humor because I know researchers and scholars like to have references that are up to date with the most recent advanced work in their field. I am a beginner in research though I am an experienced thinker in real life with an overview of the ‘trans-formations’ we endeavor as humans. Therefore I understand very well that one can not agree with the Message: « The Message is the Medium » (McLuhan) and even more nowadays in 2020. 

In 2010 I was conducting an experimentation in an artist residency in France about the idea of transmedia. It came to mind that we still do not know about what is the most important between the message and its medium(s)…

Today, I can confirm that the most important is not to find an answer but to continue to reflect on the idea of the complexity of multimodality and to envision this topic as part of the media literacy that should be taught in early in school.

Halpern Transmedia
Halpern Transmedia

The ability to consider the question of messages versus media is just enough of a problem to be studied forever and so McLuhan will never be obsolete as it triggers the strings of the gigantic puppet shows we live in. The idea of transmedia that I carry since 10 years is illustrated in my mantra I used to post on social networks:

« transmedia is to the media what contemporary art is to the arts »

It shows that it is very difficult to have easy explanatory access to this concept and that it is as subjective as the appreciation of art. To simplify the comprehension of the transmedia concept I often use the idea of the traditional postal card that one receives via the post office: if you have one chapter of a story on that card, and another chapter in your phone, and another chapter in… That is already a transmedia approach, just so we know…

GRATITUDE Post Scriptum:

Thank you Fernando CARRION for posting in the « Transmedia Education » group we launeched in 2011 and, as usual, I have so much gratitude for Prof. Tara BRABAZON for the extraordinary work that she provides for all Ph.D. candidates, students and supervisors. The generosity and the accuracy that emanates from Tara’s work is very profitable to our times. (October 2020)

2011-2020, Field Notes A Posteriori

Nous sommes en 2011. Henry Jenkins nous recadre avec son approche qu’il a développée depuis le  MIT jusqu’à Hollywood en rejoignant l’Université of Southern California. Il est a l’origine du mouvement appelé Transmedia Hollywood qui réunit des théoriciens et des praticiens de tous bords et pas seulement américains bien que uniquement anglophones (toutefois en 2022 j’y ai retrouvée une chercheuse que j’avais croisée en séminaire pendant le confinement). De plus en plus de professionnels, tant des créatifs indépendants que des entreprises de production et distribution de produits culturels, ou encore des fabricant de services technologiques et des journalistes, sont à l’écoute d’une passionnante discussion en ligne sur des réseaux sociaux, blogs, supports de presse, puis très vite lors d’évènements dédiés (séminaires, congrès, conférences, ateliers, festivals).

NB : Un corpus de ma recherche est composé des archives que j’ai rassemblées pendant ces longues et globales conversations en ligne et lors des évènements entre 2010 et 2015. 

Jenkins rappelle que la Producer’s Guild of America annonçait en 2011 le titre professionnel de « Producteur transmédia » ce qui établierait ce rôle comme métier à part entière. En effet, d’autres pays s’inspirent des déclarations de syndicats professionnels américains particulièrement dans les industries du divertissements 

Jenkins poursuit frontalement avec « la plupart ne savent pas de quoi ils parlent… » (But many using the term don’t really understand what they are saying » ). Grâce à une liste de 7 mythes au sujet du terme transmédia, il nous rappelle que le « transmedia storytelling » est une stratégie puisqu’il utilise ce terme dans son mythe n°1 et n°2 aussi, en précisant que cette stratégie est « promotionnelle » (mythe n°2) et qu’elle rassemble plus qu’une seule plateforme médiatique (« media platform »). 

Pour lui, dans une stratégie transmédia les éléments d’un récit sont dispersés sur un ensemble de plateformes qui chacune contribuent à un « tout ». On pourra se questionner de savoir si ces plateformes sont numériques. C’est ce que les praticiens vont appelé, dès 2009, une « expérience transmédia ». Jenkins s’explique en précisant que les premières expériences transmédia (on devrait d’ailleurs choisir le terme « expérimentations » pour la traduction exacte de « experiment » qu’il utilise) ont été financées par des campagnes marketing. 

On pourra affiner dans les détails les termes et les différences de compréhension en fonction des métiers exercés dans la production de telles expériences et dans l’élaboration de telles stratégies. Ce qui m’intéresse ici est exactement le choix de la stratégie même si Jenkins insiste sur le fait qu’elle est possible par une impulsion créative nécessaire. Est-ce que pour lui l’expérience transmédia n’existe qu’avec des conditions ? C’est une piste importante à explorer en comparant des études de cas par différents prismes et en expérimentant dans des conditions où l’inspiration créative n’est pas le socle de la production transmédia (comme par exemple avec les cas dit non natifs).

Avec l’arrivée de l’expression « transmedia activism » dans la conversation internationale, nous arrivons vite à un débat grandiose avec une série de monologues, dialogues et conversations au sujet de terme transmédia en tant que projet culturel, oeuvre, campagne, technique de production et distribution, bref, le terme est valorisé, puis dévalorisé, adoré et rejeté, pour finalement être repris par des chercheurs en Europe et en Amérique du Sud pour prendre ses marques dans le monde académique. 

Dans la période 2010 à 2015, plusieurs anecdotes font le tour du monde (mais aussi des ouvrages et des études de cas) et, au fur à mesure des travaux des praticiens, des enseignants, étudiants et chercheurs, le terme transmédia perd ses auxiliaires « storytelling » et « expérience ». Il perd aussi de son panache et l’intérêt des mêmes professionnels se reporte sur des sujets plus technologiques qui font surface : réalité virtuelle, réalité augmentée. Les festivals et les métiers de la culture choississent le terme « immersion ». 

C’est le livre de Frank Rose, en 2011, qui tranche avec son titre explicite, The Art of Immersion, qui sera repris par les enseignants et les praticiens (sans grâce à mon intervention pour en faire la promotion particulière en France). Mais c’est Nuno Bernardo  et Andréa Philipps qui sont les premiers à publiés des ouvrages proposant des méthodes de travail et des conseils pour la création transmédia (comme pour Robert Pratten et Gary Hayes, et la thèse de Chrity Dena en 2009). Brian CLARK, journaliste et activiste spécialisé en théorie des média,  leader dans cette conversation et aujourd’hui décédé, viendra s’amuser autour du terme transmédia en tant que débat et repère d’activistes des « média studies », pour le mettre à l’honneur avec un article sur Facebook qui sera commenté par plusieurs centaines de spécialistes. Des influenceurs (dont je suis) des industries du divertissement sont parties prenantes de cette conversation, ou du moins l’observent et la commentent, y compris Henry Jenkins. Très peu de chercheurs en font partie. 

Un corpus de mon projet de thèse est dédié à cette conversation, aux archives que j’ai accumulées pendant cette période et à mes expérimentations sur ce sujet. Citons-en une. Fin 2010 je conduis une conférence en ligne avec un activiste créatif canadien, réalisateur de télévision et concepteur transmédia, Pierre Côté, ce sur plusieurs fuseaux horaires pendant une résidence d’artiste de la ville de Paris (La Générale). C’est mon  évènement artistique sur l’obsolescence technologique que je transforme en futurologie. J’y invite un ensemble des contributeurs afin de déclencher une conversation en ligne sur le terme « transmédia » et je demande à des professionnels de métiers différents et complémentaires d’y participer. Donc une préparation ad-hoc, des invités préparés et des des inconnus en mode ouvert. Typique de l’innovation ouverte. Mais sans budget. Tout le monde répond favorablement, tout le monde se sent concerné et en 2010 il y a de très rares outils pour converser en ligne en mode « live » avec un fil Twitter associé. Je leur pose la question suivante :

Transmedia : Storytelling or Experience?

Le sous-entendu est presque évident : le deux ! Narration et expérience sont des conditions pour une création transmédia. 

Forte de cette expérience internationale, je créé le jeu des 7 familles transmédia (sous licence Creative Commons) qui se veut un outil pédagogique et de design thinking. Il est envoyé à 100 praticiens et chercheurs du monde entier avec un questionnaire en ligne et une simple description en anglais sur un document partagé en format Google.

Après le lancement du jeu des 7 familles transmédia à Madrid en 2011, où le terme de transmédiateur est choisi d’un commun accord avec les co-organisateurs des ateliers, nous sommes au début d’une série d’ateliers, de conférences et de masterclasses, qui vont contribuer à attiser le débat et ramener le sujet dans un champ plus culturel, voire socio-cultuel. C’est en 2014 que je donne le coup d’envoi du Transmedia MIX avec l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou, pour tenter une ultime expérience… 

Ce travail de praticienne indépendante étant documenté en grande partie, fait l’objet d’un corpus, d’un corpora, dans ma recherche commencée en 2020 (et préparée en 2019). Ce corpus sera comparé aux théories de la communication, confrontés aux idées des humanités numériques, et il sera traité de façon à en ressortir des données utilisables dans l’analyse du discours de la communauté « partie prenante », dans l’organisation de l’analyse des études de cas, et exploité sur un nouveau terrain à titre de comparaison.

2017, pourquoi ma stratégie des 7 familles transmédia à marché.

7 années, « cette année », de recul : 2017, l’avenir en perspectives, au pluriel. 
Lors du lancement du jeu des 7 familles transmédia en décembre 2010, ce fut le chaos de la créativité pro-active et le début d’une communauté de chercheurs et praticiens en design transmédia à travers le monde.
En effet, plusieurs zones géographiques ont été couvertes volontairement, et, grâce à l’aide du réalisateur transmédia canadien, pionnier, Pierre Côté, j’ai pu réaliser une expérimentation originale, amusante, utile, collaborative et généreuse. Merci à tous ceux qui ont bénévolement contribué, donné de leur temps et de leur savoir.
Quand on commence à surfer sur la vague de la co-création, sans cadre et de façon très ouverte, à la mode « Open Source » et dans un but d’innovation, soyons clairs : on en prend plein la gueule. Pourtant, les affres de l’expérimentation et de la création sont compensés par les bonheurs des relations fructueuses et des résultats intellectuels mis en valeur par les communautés qui communiquent entre elles.
Ce type de communication entre communautés durables ou éphémères, dispersées sur la toile, trans-culturelles, je les appelle les « Groupes Transients ». Ils sont la famille « Communautés » du jeu des 7 familles transmédia. Ce thème fera l’objet d’un article à part entière. Je souhaite faire référence au concept de « Return on Relationships » – @R_onR , qui, petit à petit, fait son chemin vers le ROI – Return On Investment.
Tous les concepts que j’ai appris à observer depuis la crise mondiale de 2008, dans la trans-disciplinarité, se conjuguent, pour atteindre un objectif commun sans le savoir au départ. Cet objectif, c’est ce que j’appelle la « Slow Revolution ».
Aujourd’hui, en 2017, on parle de transition numérique, de conduite du changement, de l’innovation ouverte, … C’est un tout, un éco-système, transient aussi, volubile, qui s’adapte à l’actualité, mais qui ne cesse de progresser vers cette nouvelle civilisation dont parlait Edgar Morin, servie par l’intelligence collective, dont parlait Pierre Levy, qui elle est disparate en fonction des rôles professionnels que chacun prend et va prendre :
  • industries et secteurs professionnels,
  • cultures et géolocalisation,
  • rôles socio-culturels et leur communication interpersonnelle.

Gif by Isabel Chiara for #NextLeap 2017
Gif by Isabel Chiara 2017

En 2010, en résidence d’artiste, je savais pertinemment ce que je faisais, et donc je savais que je ne connaitrais jamais tous les résultats, que je lançais un caillou dans l’eau en espérant me nourrir des ondes. Je faisais don au bien commun (les Commons) d’une partie de mes travaux pour contribuer à la révolution lente qui avait déjà commencée. Pour moi le peak était le rapport Stiglitz – @JosephEStiglitz, prix Nobel d’économie, rapport remis à Sarkozy, en 2009 présentant notamment les travaux sur l’indice de bonheur, donc la prise en compte de paramètres originaux et humanistes, en phase avec les pratiques qui allaient venir dans les organisations et chez chacun des humains cultivés et en recherche.
Sachant qu’Edgar Morin, inventeur de la pensée complexe et maître de la trans-disciplinarité, que j’ai eu le plaisir de rencontré, avait été convié à donné son avis au gouvernement, je me sentais à l’aise avec l’idée de ne plus être dans un positionnement politique typiquement français, droite ou gauche, mais de rester non seulement au centre, mais sans ou ne plus appartenir à un parti, tant que la conscience collective n’avait pas progressé sur le changement de civilisation (idée de Morin, reprise par Sarkozy).
L’heure est venue. N’est ce pas ?
De dizaines d’années en dizaines d’années, on finit quand même par se rendre compte des choses. Pendant ce temps là, on a mal éduqué les générations présentes et à venir. Alors le paquet doit être mis sur l’éducation et tous les apprentissages. On le sait depuis l’antiquité. Je suis heureuse, chaque semaine, de voir que des indépendants, des créatifs, des experts, changent le monde de l’éducation, y compris en France. De même, je suis heureuse de voir que les idées et pratiques innovantes sont maintenant dans les entreprises et les organisations (cf. l’entreprise dite libérée). Le changement s’est immiscé partout de façon subtile, grâce à l’acharnement de certains d’entre nous. Ne lâchons pas. Le temps arrive. Bien sûr, je le subis aussi chaque semaine, il manque le Savoir et la mise en pratique dans 80% des cas, mais les petits 20% dont nous faisons partie suffisent à nous recadrer quand on doit se remettre au travail. Ne lâchons rien.
Dans une pratique indépendante de recherche et de développement, on subit les trahisons et le manque de loyauté en tout genre, c’est un classique dans le monde des affaires, mais aussi dans les industries créatives. Encore plus en France qui est la nation de la protection du droit d’auteur ! Alors, quand on jongle avec des licences appelées Creative Commons ou même Copyleft, on devient à la fois une pionnière et un mouton à 5 pattes, donc l’artiste qu’il faut abattre pour les industriels. Je me suis battue contre des mastodontes, pas des moindres puisque Orange avait déposé le mot transmédia à l’INPI, entre autres termes usuels du vocabulaire français. Battue aussi pour maintenir le niveau intellectuel pour faire face à des mauvaises pratiques professionnelles, voire douteuses, tant par les privés (petites agences, freelances), que dans le secteur public (agences de l’état, organisations subventionnées). Je vois d’ailleurs l’argent des contribuables toujours aussi mal réinvesti, surtout dans le domaine des média et de l’innovation numérique. Ah, tiens, pendant que j’y suis, ayant fait partie des startups de la fameuse French Tech, je peux témoigner que c’est beaucoup de paroles et peu de concret, que ce sont les créatifs indépendants, autonomes et non subventionnés,qui servent bien les intérêts des politiques et pas l’inverse.
A quoi me sert la « French Tech » pour l’art du message, du récit, et de la co-création ? (à rien).
Aujourd’hui, l’aspect socio-culturel que j’ai toujours prôné est repris dans les industries créatives. Les industriels et marketers eux se rabattent, comme prévu, sur la réalité virtuelle : VR, nouvel eldorado. Tant mieux. D’une part les vrais transmédiateurs vont pouvoir exercer, et on a commencé, d’autre part, il faut bien se coller au nouveau paradigme de la réalité virtuelle.
Tout un nouveau pan de l’art du message, du récit, de la création, doit être revu pour tous les métiers de la communication, au sens large. Encore plus pour les outils et dispositifs qui émergents. On va pouvoir enfin bénéficier de notre lente révolution pour travailler avec les « groupes transients« , en « open source » (et donc avec une certaine mise en application de notre philosophie et de la « culture ouverte« ), dans un univers narratif étendu, où les « contenus générés par utilisateurs » ne sont pas que l’apanage des agences de publicités, qui de toute façon vont finir par disparaître… Dans 10 ans, les créatifs seront à l’intérieur des entreprises et organisations, les designers transmédia seront des transmédiateurs au bénéfice des équipes agiles, ce qui sera moins couteux et plus efficace. Y compris pour tout ce qui sera le « brand content », la culture de marque, la communication interne et externe, en BtoB et en BtoC. On a déjà commencé… L’intelligence collective prend le dessus. Le manque de savoir faire en bonnes et meilleures pratiques va se ressentir encore plus. Vient le temps des consultants experts, qui ont vraiment une expertise et pas seulement de l’audace et des doigts pour les claviers.
Qualité, polyvalence, éthique.
Grâce à la pertinence de certains de mes choix éthiques, les parasites sont partis d’eux mêmes, comme à chaque fois. Mais ce n’est pas sans douleur. J’ai constaté aussi que mes idées sur le concept transmédia avaient délibérément influencé des praticiens et chercheurs, en France et à l’étranger, jusqu’à Hollywood et Bolywood, auprès des doctorants, et que certaines idées avaient été appliquées. Bien sur il manque les mentions, références et citations pour la plupart du temps. Parfois même, le regard de ceux qui m’ont abusée tombe devant moi quand je les regarde en face. Mais j’ai gardé le bon relationnel avec les alter égo, ceux qui sont dans la même mouvance, transparence et loyauté. Comme par hasard, je constate que ceux-ci sont les plus doués aussi. Je retrouve ainsi toute la pertinence des choix et des crédo de 2011 quand je proposais des concepts bien au delà de la production de contenus ou des plateformes interactives pour ces contenus. Quand j’annonçais le retour de la « qualité », je parlais d’un label de qualité, qui reste à créer, et non des valeurs, qui sont deux choses différentes. L’avenir ira dans le sens du besoin de qualité. Quand je parlais du retour de la polyvalence, je parlais des talents dans le sens des ressources humaines, ce qui n’exclut en rien le besoin d’expertise, mais je mets ainsi en valeur les atouts des personnes d’expérience, douées, qui travaillent à se former. La polyvalence est d’ailleurs devenu un pré-requis, surtout quand vous lisez les profils de postes sur les sites de recherches d’emploi !
Qualité, polyvalence, éthique, seront les piliers qui vont permettre de codifier des pratiques professionnelles créatives du monde qui vient déjà, où l’on va différencier la collaboration de la coopération, de la co-création, tâche difficile que les 7 familles transmédia ont commencée en 2010.

Transmédia : Concept indéfinissable ?

 *Article de 2011 : web.archive.org

Le concept transmédia tend à être une discipline communicationnelle et socio-culturelle, une pratique narrative créative, prenant en compte l’interaction et la participation du public par lesquelles le récit multidimensionnel se propage, se transforme et se transpose sur tous supports médiatiques complémentaires, numériques ou pas.

A cette pratique innovante et collaborative, peuvent s’ajouter toutes pratiques artistiques, des mécaniques de jeu, du web social et des évènements en temps réel.

Une création transmédia  – ou une campagne de communication transmédia – compose un univers narratif : le « Storyworld » de notre jeu des 7 familles transmédia.  La famille Storyworld tire le meilleur de chaque médium utilisé, donc de tous les média, y compris analogiques.

Les Mediaforms, formes médiatiques, demeurent des supports de diffusion et dissémination. Le récit est trans-porté et trans-formé par son audience qui peut devenir pro-active.

Le concept transmédia se base sur la combinaison de liens tissés dans le récit associé à une communauté. La culture participative prend possession de l’histoire, du récit, de l’œuvre.

La narration transmédia existe lorsque certaines conditions sont remplies et ce puis l’antiquité. Ce qui rend le concept nouveau à nos yeux du 21ème siècle (2011) ce sont les outils numériques, les vitesses de dissémination et les modes communicationnels émergents.

En 2010, j’ai créé la page Wikipédia du terme transmédia en français à l’occasion d’une expérimentation transmédiatique en résidence d’artiste. J’ai alors proposé plusieurs définitions en anglais dans le but d’amorcer une discussion globale et ouverte :

  • Transmedia involves a creative community and happens when STORYTELLING and EXPERIENCE come together in a creation designed for multiple devices, formats and platforms.
  • It is a concept, an adjective, a complex notion that is understood viscerally by each individual within a community of associated professionals and practitioners.
  • A project can be defined as taking a transmedia approach when both STORYTELLING and  EXPERIENCE are interwoven. Transmedia properties are those which tell different parts of the story across multiple devices on multiple « mediaforms ». A true transmedia experience would enlist the participation of a community.

Au fur et à mesure de ma recherche pratique et indépendante, avec beaucoup de rencontres professionnelles dans plusieurs pays et notamment nos Meetup ouverts à tous (de 2010 à 2015), je proposais le sens du concept à partir de 3 notions principales qui s’entremêlent pour réaliser une expérience transmédia :

  1. les campagnes en réseaux sociaux, le fameux  “social media marketing”,
  2. le récit transmédiatique, le fameux “transmedia storytelling”,
  3. et la production et création multi-formats, appelées en 2011 multiplatforms, ce que j’appelle les Mediaforms.

Notre postulat : transformer, transcender, hacker

Malgré mon postulat et les efforts soutenus dans la culture et l’innovation numérique pendant plus de 5 ans, et ce sur le plan international, les internautes, et les francophones en particulier, confondent le sujet de la création et communication transmédia avec d’autres sujets connexes tels que :

  • la production multiplateforme,
  • le contenu augmenté, et donc aussi la réalité virtuelle,
  • la franchise dans le secteur du divertissement,
  • les jeux vidéo,
  • les parcours animés,
  • l’expérience utilisateur,
  • le web social et les communautés, notamment il y a confusion entre  curation, et création et management de communautés
  • le marketing et le « branded content »,
  • le web-documentaire, le documentaire interactif.

Une hésitation se fait toujours sentir à propos de l’usage du terme. Notamment en ce qui concerne la façon dont l’utilisateur passe de contenu en contenu (de données en données) sans faire attention au fond du message qui influe son action, ni à ses gestes avec un outil numérique ou sans. Et c’est sans compter le flou engendré par la partie historique et drôle qui met en scène les acteurs de l’innovation industrielle, de la recherche, et les opportunistes capteurs de budgets, mais çà c’est une autre histoire qui sera traduite dans ce blog plus tard.

Il est encore possible d’entendre et lire des blogueurs, des prestataires de service en herbe ou expérimentés, séparer avec assurance l’idée de crossmédia du terme transmédia, et de se positionner très fort sur un axe commercial autour du concept flou dont personne ne détient les réelles valeurs académiques, historiques ou professionnelles. Alors, comme habitude et mimétisme, ils citent Henry Jenkins, comme si ce sujet ne repose que sur une personne, un seul chemin de travail.

S’il vous est important de vérifier les travaux sur le concept transmédia, référez-vous à la thèse de CHRISTY DENA et reportez-vous à TRANSMEDIA RESOURCE KIT, du Canada, en plus des évidentes pages WIKIPEDIA dont nous avons pu garder vivante la version française grâce à nos actions en 2011. JULIE STRATTON est une des toutes premières à avoir travaillé sur ce sujet en créant Transmediaresources.com, et SCOTT WALKER le premier à recenser les évènements sur le sujet, la formation de groupes de réflexion, et avoir proposé un fil de ressources documentaires. Il est également un des pionniers sur le thème de la narration, qui donc définit le concept transmédia avec la notion de SHARED STORYWORLD. D’autres pionniers méritent d’être cités.

Grâce à notre confrère STEPHEN DINEHART nous avons pu obtenir une référence afin d’éviter qu’une seule définition, un seul nom, voire une date, ne soit utilisée dans les blogs francophones. Il s’agit du livre de MARSHA KINDER –  Playing with Power in Movies, Television, and Video Games, 1991 University of California Press. Cette communication a été partagée sur les réseaux et reprises par des agences et blogueurs mais sans mention de leur source. Petit à petit la définition qui s’est propagée en français est restée basée sur peu de chose et invite les internautes francophones à une vision réduite du concept (à ce jour). Ce pourquoi nous agissons en élargissant notre réflexion et en mettant à profit nos années d’expérience et notre réseau de praticiens.

Un nombre, qui allait en grandissant, d’entreprises a tenté l’aventure du concept transmédia en le positionnant en tant que genre ou action de marketing, ce qu’il n’est pas seulement. Je le positionne en tant que discipline en faisant référence à la TRANSDISCIPLINARITE, qui, comme son nom l’indique, à un besoin de compétences multiples associées et combinées pour la création et le communication transmédiatique.

Ce concept demande une telle ouverture d’esprit, qu’il faut y aller avec ses tripes.

transmedia families karine halpern
Le jeu des 7 familles transmédia, 2010  Karine Halpern

Nos archives nourrissent nos réflexions que nous partageons via des réseaux sociaux depuis 2010. Beaucoup ont été reprises, souvent sans mention ou citation des sources. Il m’a été donné de surveiller comment les praticiens et les entrepreneurs allaient prendre possession puis lâcher ce concept. J’ai donc créé ma méthode d’accompagnement au projet transmédia qui se fonde sur la maïeutique et introduit la notion de groupes  « transients ».

Nous, au sein de l’association Transmedia Ready*, restons fidèles aux pionniers loyaux et faisons le plaidoyer pour le concept transmédia en tant que discipline socio-culturelle et artistique, en tant que pratique communicationnelle, avec un point de vue anthropologique, voire philosophique, dans le respect des travaux de qualité. Nous avons une vision post révolution numérique et prônons une éthique des pratiques numériques.

Pour valider nos idées, j’ai rencontré personnellement les praticiens, experts et chercheurs, pour les interroger et vérifier nos réflexions. Mon travail se base aussi sur une carrière de plus de 25 ans ans dans la culture et la communication, la coopération internationale et la production de contenu artistique ou de commande.

Du point de vue de la terminologie, la langue choisie pour exprimer le concept étant très importante dans le résultat de sens, je mets parfois deux versions en parallèle quand c’est à propos (français et anglais).

En français, nous ne pouvons pas dire « LE Transmédia », encore moins l’écrire avec un T majuscule : il ne s’agit pas d’un nom propre mais d’un adjectif.

Merci à @EmmanuelBethoux (Twitter), professeur documentaliste, ingénieur pédagogique et transmédiateur, pour sa recherche et son intégrité. Le terme s’accorde donc avec un nom et si vous appliquez cette règle linguistique vous avez alors plus de facilité à comprendre et vous approprier le concept. Le terme ne peut donc pas prétendre à une discipline qui serait  ”Le Transmédia” nous dirions donc : la narration transmédia, la communication transmédia, la production, la pratique, l’œuvre, un dispositif ou une expérience transmédia, ou encore : transmédiatique.

Un concept peut donné lieu à une discipline qui elle donne lieu à des pratiques puis des méthodologies.

Pour identifier une bonne pratique il faut déjà repérer les mauvaises pratiques, spécialement autour d’une discipline nouvelle, souvent mal analysée. Dans la discipline que nous revendiquons, se confondent les genres et les prismes et c’est à partir de ces observations que nous avons identifié une série de catégories listées dès 2012 qui se vérifient au fur et à mesure des avancées technologiques et des usages.

Un univers narratif, donc un récit multidimensionnel, est suffisamment large pour être relié avec d’autres récits complémentaires (side-stories). Notre confrère ULRICH FISCHER parle justement de « récit combinatoire ». Cet univers narratif transmédia peut être abordé par plusieurs points d’entrée distincts et indépendants les uns des autres, donc les éléments narratifs qui constituent une œuvre ou une campagne de communication transmédia peuvent être explorés indépendamment les uns des autres par le public. L’interaction, le partage, est une condition, peu importe le niveau de cette interaction : passif, actif, ré-actif, pro-actif, rétro-actif.

Une plateforme fait référence à un site Internet de diffusion de contenu(s), cela ne donne pas le degré d’interaction possible pour le public. Un MEDIUM est un canal de communication dirigé vers un récepteur depuis son émetteur, donc aussi un support de diffusion. Il n’y a pas d’obligation pour ce canal d’être connecté à l’Internet. Le médium existe de façon analogique. Le travail de MARSHALL McLUHAN n’est pas du tout obsolète, au contraire ! Quand il invite à penser au médium en tant que message, c’est toute une leçon de bonne pratique qui reste encore à explorée.

Cette redéfinition est rendue complexe du fait de la nécessité de symbiose entre des disciplines artistiques et professionnelles qui se coordonnent dans la pratique transmédiatique.

Il convient de non seulement re-contextualiser, mais de prévoir des ponts entre les spécialités de chacun des praticiens, des co-créateurs, avec leurs compétences qui tiennent compte du vocabulaire, des usages et des outils, tout en identifiant les bonnes pratiques dans un contexte trans-culturel. Il n’y a pas de règles dans la création transmédia, chacun est libre de créer, coopérer, ou non.

Dans le cadre de notre démarche chacun est invité à réfléchir par lui-même à la définition en favorisant les possibilités intellectuelles et créatives.

Ci-dessous, un travail sur la problématique de la définition en 2012, effectué pendant mon cours pour le « Master Transmédia” de Sciences Po, IEP de Grenoble. Vous pouvez observer comment chacun définit et orthographie le terme, ce qui donne une indication concernant l’appropriation du concept.

Henry Jenkins, in Convergence Culture, 2006 :

“Transmedia storytelling represents a process where integral elements of a fiction get dispersed systematically across multiple delivery channels for the purpose of creating a unified and coordinated entertainment experience. Ideally, each medium makes its own unique contribution to the unfolding of the story.

“… transmedia storytelling as storytelling across multiple forms of media with each element making distinctive contributions to a fan’s understanding of the story world.”

Révisé :

« A transmedia story unfolds across multiple media platforms with each new text making a distinctive and valuable contribution to the whole. In the ideal form of transmedia storytelling, each medium does what it does best »

Traduction de Karine Halpern, origine  Owni.fr 2010 :

Un récit transmédia se déploie avec chaque élément narratif contribuant distinctement à l’ensemble du récit à travers de multiples supports médiatiques. Dans sa forme idéale, la narration transmédia permet à chaque support de faire ce qu’il sait faire de mieux.

Jeff Gomez, Starlight Runner Entertainment, USA :

“The art of conveying messages, themes or storylines to mass audiences through the artful and well planned use of multiple media-platforms.”

Traduction et note Karine Halpern :

L’art de communiquer des messages, thèmes et récits narratifs à un public de masse, grâce à une stratégie artistique qui utilise la multiplicité des supports de diffusion.

Jeff Gomez nous invite à la notion de récit narratif multidimensionnel – “Multi-Dimensional Storytelling” – et de changement de Paradigme. En 2010 l’agence J. Walter Thompson publia une définition sans mentionner sa source dans “100 Things to Watch in 2011″,  Voyez par vous-mêmes :

“The art of communicating messages, themes and story lines to mass audiences through strategically planned use of multiple Transmedia platforms”.

Avec Gomez nous sommes dans la catégorie “franchise”, ce qu’il a utilisé comme concept pour influer sur la Producers Guild of America pour faire admettre le terme « transmedia » avec le métier de “Transmedia Producer”. Cette action déclenché une polémique sur la définition (Filmmaker Magazine, USA, 2010). Depuis, les choses ont changé, cela peut faire l’objet d’un article dédié.

Alison Norrington, auteure et consultante, Storycentral, UK :

Transmedia storytelling is the successful organic flow of narrative over a host of platforms, each one excelling at what it does best… the complex approach to telling a story over multiple platforms (both on and offline)… There are a host of elements to consider that reach far beyond traditional, linear storytelling.

Tweet de @SimonPulman, avocat, USA :

It is a generally accepted principle that collaboration and cooperation are critical elements when taking a transmedia approach to content creation and IP development.”

Morgan Bouchet, Orange, France :

A la différence du Cross-media qui décline un contenu principal sur des médias complémentaires, le transmedia articule un univers narratif original sur différents médias. Cet univers est porté par différents supports qui apportent, grâce à leur spécificité d’usage et leur capacité technologique, un regard nouveau et complémentaire sur l’univers et l’histoire.”

Claire et Manon, étudiantes, France :

Le Transmédia est une forme de narration qui inclut l’utilisation de plusieurs supports médiatiques de manière complémentaire, afin de développer un univers narratif. Il est basé sur la participation de l’utilisateur, et la naissance d’une communauté autour de l’univers. Qu’en pensez vous ?”

Scott Walker, Shared Storyworlds, auteur, curateur, USA :

In general, I view transmedia as the telling of a story (or a set of stories in a shared world) across multiple platforms and mediums. However, we are still far from agreement over both the term and its definition.

The practice of transmedia predates the term by decades or even centuries. In many ways, we’re still experimenting with it, working our way towards both a vocabulary and a refined set of practices. And it’s important to understand that transmedia isn’t limited to science fiction/fantasy or even entertainment. Transmedia can be applied to documentary filmmaking, education, politics, non-profit, etc. We truly are just beginning to understand its full possibilities and promises ».

_*Transmedia Ready became incorporated in 2017 as a small corporation and Transmedia Alliance is a non for profit registered in France. You can find the Alliance on LinkedIn.

_*Article publié en 2011, révisé en 2012 et 2017.

2015, American Digital Lab // Connecting Cultures.

Our incubation in the 1st digital and creative lab of the French government in New York in 2015: American Digital Lab // Connecting Cultures.

Press Release

 Transmedia Ready was in NYC for the first session of the FRENCH AMERICAN DIGITAL LAB. The programme has many partners including Business France and the New Media Center in New York, and is conducted by the Cultural Services of the French embassy.

The theme is #Storytelling, meaning for us « immersive storytelling » to refer to the work developed these latest years by practitioners in the fiels of media, culture and the arts, with the digital tools of the 21st century.

What we are trying to do since 2010:

  • inspire creative ways of making sense
  • communicate with quality design and the arts 
  • foster the participatory and digital culture
  • work in a cross cultural ecosystem

This takes place in many ways (events, workshops, trainings, masterclasses, coaching and social media campaigns) but our core asset is the methodology we have developped over the years embodied in the artefact of the 7 Transmedia Families, a card deck and real life game, together with our directory of experts and talent around the world. This is a design thinking tool for innovation in communication and transmedia design. 

In the era of a never-ending internet expansion, there are almost no boundaries to access culture and the cultural heritage. Yet, museums are one of the very few places where the time often seems not to have accelerated. Websites, audioguide, visioguides, mobile games do already exist in an increasing number of organisations, but some of the most remarkable characteristics of the internet age rarely prevail, among which its worldwide real-time and social interconnectivity.

Based on a unique experience in the field of transmedia and serious gaming, Transmedia Ready proposes a revolutionary approach to cultural mediation through a worldwide scalable concept of transmedia strategies that links artworks, curators and visitors from different museums in a common modular gaming platform. This is possible by working with our Directory of talent and experts. Based on this holistic approach, we foster and facilitate a cultural bridges. Transmedia Ready has developped a workshop format to optimize the assets of a creative project, or a communication campaign, based on an innovative methodology. Storytelling is at the very heart of our concept and is one of the key element that enable to link the different versions of a transmedia  experience. But not only…

Webisode #2015. Back & Side Stories

Back and side stories.

For a new beginning this is also a new post for the blogs, as well as a new way to blog and keep the #transmedia #Fairies and #Alchimists aware of my back story. Let’s list some news in a #FastThinking way for the #SlowRev I care for since a decade. Today is the Harvest moon and a Supermoon with effects on « endings » and « beginnings » of our personal stories.

Some professionals from the web industry will tell you that you need to separate the topics, write short articles, use numbers and lists, a strong image, among other common advices that are supposed to influence SEO. I was myself advising to separate the « personal » (#perso) from the professional (#pro) on social networks and blogs. No. Change happens here too.

In my case I have been stuck in writing for sometimes (maybe 2 years) because I could not be sure of blogging publicly about my « transmedia diaries« , some personal side stories in the transmedia hoods, backstage stories of my R&D with #Transmedia Ready (a non profit, at this point, based in France, a Think & Do Tank since 2010). So called « experts » would say that the personal stories should be kept aside. That is very paradoxal with the blogging discipline of writing. Blogging is based of self expression. So let’s go back to the fundamentals and blog on personal stuff. And to be even more transmedia ready, trans-disciplinary, and disruptive, let’s mix the personal and the professional. That would be the right editorial line up for me and a way to explore its limits. Really, when I created the game of the « 7 Transmedia Families » (link), I was totally in that « mix ». Later, I created the « Transmedia Mix » (link), but that one is another side story…

I’m not a real geek. 

When my new web site was being built on the Go Daddy server it was handle by a French geek whom was supposed to be a WordPress expert. The idea was to use an open source tool and create a sustainable blogging parteform for Transmedia Ready, where we could use both French and English without switching the whole site from either one language. Hououou! Too complicated! Not in the rules of the geek man and not in the rules of the web agency either. After spending 800 Euros, I had to kick the man out of my storyworld because he was making things worse, without guilt. After that I had a series of commercial issues with Go Daddy, related to their marketing strategy that have direct bad effects. A mess, a nightmare, had closed by a « giving it all up » final option. Lately, in the location I was exploring for my new digital and real life, #SophiaAntipolis, in the South of France, I met the right #WordPress experts and slowly rebuild some confidence in the technology, the CMS, the servers, and the geeks.

It does influence our #Creativity to actually manage the #Digital parts. Now, about the words, the terms… How much freedom do we really have in the connected universe, the « WEB 5.0 »?

Around year 2007 I was told that I had too many values. What? How can someone have to many values? That is when I started to leave the political movement I was involved with, and join what I call the « friendly hacking » movement. I also gained in confidence as I found myself to be the oldest in every groups I was visiting or being part of. I had to take responsibility for my age, my « too many » values, my lack of knowledge in coding and my vision: my personal storyworld.

Now my tags are:

#FastThinking . My brain and I live together in good terms most of the time but in this relationship there is no place for many individuals, therefore I train myself to rethink, not-think, re-phrase, slow down, etc. Since one of the element I use in my methodology for coaching creative projects and people is #Maieutics, I apply it to my self too. If I am too fast in my thinking, I ask myself about the present moment and recall the reasons why I am here. I do not speak if I am surrounded with people whom do not know my storyworld, I prefer to shut up and progress in a subtil way. Fast thinkers come my way in synchronicity, in real life and on the social networks, we find each other, we merge, we converge, we co-create, that is what I had planned on Twitter with the hashtag #HumanConvergence (that was in 2011). That is part of the New Renaissance, a global movement that takes us to the present and the future in a Slow Revolution that is not only necessary but that makes it possible to actually rebuild the societies. Part of this movement is the new alternative social and political mouvements and organisations. This creates what I called « Transient groups ». 

We already know that #art if the core expression of #politics. 

– « But you cannot use the term transient, it does not exist!« .

Smile. Everything I cannot do because it is not part of the common vocabulary, common online behaviour, common work habits, common relationships maintenance, I decided I will do it even more.

#SlowRev is about the slow revolution related to the « New Renaissance » mouvement that is happening in the world since 2007, maybe from before. I take 2007 for the side story when President Sarkozy asked Nobel Price in Economics, Joseph Stiglitz, to spread is work and ideas on a new way to measure the progress of the societies. I worked on a digital programme just about that topic and that transformed my life, both « perso and pro » life. The New Renaissance mouvement is fundamentally socio-cultural, it incarnates with the digital art, but more interestingly with the « Participatory Culture », which may be the same thing then what is called « Open Culture »? I believe that the new form of art now is the « Participatory Art ». That is why I want to create in the #Web5.0 and manage my own #Glossary.

The « Present Shock » reality is here. I refer to the book by Douglas Rushkoff, whom handed his book to me in the bloggers’ room in Austin, Texas, when I was attended the South by South West Festival in 2013. We met in synchronicity and I only thank him now, because, time does not count in the New Renaissance, only counts sustainability and progress.

  • #WEB5.0
  • #transmedia
  • #Fairies & #Alchimists
  • #FreeWords
  • #ParticipatoryArt
  • #NewRenaissance
  • #OpenCulture